mardi 19 novembre 2024

Séance de flow du 20 novembre 2024 - La conscience et l' énergie sont indissociables

Qui n’a pas dit un jour : je suis vidé, je suis à plat, je manque d’énergie ?  Et pourquoi en est-il ainsi ? Peut-il en être autrement ?  
Comment faire pour maîtriser mon énergie vitale ou faire le plein de celle-ci ? 


Dans la philosophie indienne on considère que l'énergie et la conscience sont indissociables: plus le niveau de conscience augmente et plus l'énergie disponible s'accroit également . Le yoga nous invite aussi à expérimenter le principe que là où se focalise  la conscience (ou l’attention) se déplace également l’énergie. Il en résulte que la pierre angulaire  pour apprendre à maîtriser son énergie vitale : c’est le développement de la pleine conscience  du corps, de  des émotions et des pensées . 


Au niveau du corps la conscience se porte sur les sensations notamment des résistances et de l'inconfort , la manière dont on respire ainsi que sur l'exécution des mouvements afin d'avoir des alignements corrects. On tend ainsi à s'éveiller à l'intégralité de notre corps : prendre conscience de ses sensations de tensions et de détentes que ce soit au niveau de la tête et du front, des épaules et de la nuque, du thorax et du dos, de l'abdomen et du bassin ainsi que de la disposition de sa colonne vertébrale. Il s'agit d'une prise de conscience totale et profonde de notre corporéité. 
Pour approfondir cette expérience du corps on pratique ce que l'on nomme 'le body scan' ou balayage corporel. Ce 'body scan' se pratique dans toutes les positions que ce soit allongé, assis ou même debout. Il est souvent utile aux débutants de pratiquer des micro-mouvements pour arriver à percevoir les différentes zones du corps. Nous apprenons ainsi à repérer les signes que le corps nous donne car toute notre histoire personnelle y est inscrite. C'est une cristallisation des situations vécues qu'il faut accueillir  avec bienveillance surtout si elles sont traumatiques. 

Au niveau des émotions, notre attention doit se porter sur les émotions en jeu . Il faut prendre conscience si les émotions du moment présent contribuent à la diminution de notre énergie (honte, culpabilité, chagrin, colère ...) ou bien à sa consolidation (courage, acceptation, amour, paix ...) .  En effet, les émotions assurent le transport de l'énergie (emovere en latin signifie mettre en mouvement) et si les charges émotionnelles ne sont pas  libérées elles constituent des trous noirs énergétiques.  Donc, suivant nos états émotionnels (et la situation de nos blocages) , le flux d'énergie circulera plus ou moins bien dans le corps. Il faut chercher d'où vient la nourriture que nous apportons à nos émotions négatives : très souvent c'est notre enfant intérieur qui appelle à l'aide car sa souffrance n'a pas été ni prise en compte ni intégrée. 

Au niveau des pensées, il faut savoir que celles-ci proviennent en grande partie de nos émotions car une émotion ce sont des milliers de pensées générées. Elles proviennent également de nos croyances limitantes qui nous freinent dans la pratique  d'une manière ou d'une autre se reflétant ainsi directement sur la manière dont on exécute une posture : si on pense qu'on est capable de réussir une posture on y arrivera plus facilement que si on est rempli de doutes.  ! Elle permettra une mobilisation optimale de l'énergie pour l'exécution : si on croit que le yoga nous apportera le bien-être et la paix intérieure ce sera plus évident que si l'on n'en est pas sûr. C’est l'intention permettra la connexion à notre être intérieur auquel on demande de nous libérer de nos limitations. Cette demande doit être clairement formulée et c'est la clé de la réussite. 


En conclusion, retenons qui si tous rêvent d'avoir une énergie sans limite, ce n'est pas en réfléchissant aux  concepts de conscience, d'émotions , d'énergie  . Il faut expérimenter , remettre en question ses croyances limitantes et pratiquer encore et encore ... l'énergie ne  sera offerte qu'à ce prix là ! 




Au cours de la séance je reviendrai sur la posture du bâton à quatre pieds ou membres ( demi-planche avancée) ou chaturanga dandasana qui est une variation de la planche avec les coudes pliés. C'est une posture qu'on utilise souvent comme transition entre la planche et le chien tête haute. C'est une posture sollicitant l'ensemble du corps mais surtout les bras, les épaules et le tronc. Il n'y a que les orteils et les mains qui touchent le sol. Elle renforce particulièrement les muscles du dos. On considère qu'elle augmente considérablement la flexibilité des poignets et prévient l'ostéoporose . Il est essentiels de bien positionner les mains au sol pour un ancrage maximal ainsi que de serrer les coudes contre le tronc afin de renforcer les épaules tout en les préservant. Cette posture est associée au plexus solaire siège de notre pouvoir personnel et de notre volonté : elle favorise donc l'expression de notre identité . 

On conseille d'être prudent en cas de blessures aux poignets, épaules et coude . 


samedi 16 novembre 2024

Séance de Hatha du 18 novembre 2024 - ' Le silence est d'or et la parole est d'argent'

Nous avons tous un jour ou l'autre eu  la voix qui tremblait, ou bien semblions à  bout de souffle incapable d'articuler , ou bien encore prononçant nos mots de manière hachée avec des pics vocaux ou un timbre agressif... 

Ces dysfonctionnements relèvent tous de notre cinquième chakra : celui de la gorge qui canalise l'énergie de la communication et de l'expression. Ce cinquième centre peut-être considéré comme l'onde porteuse des autres centres.


Le rôle de ce centre énergétique est de permettre au yogi de s’exprimer sur son ressenti, ses besoins, ses émotions et ses pensées de manière honnête et sincère afin d’établir des relations pures avec les autres. Dans ce cas la communication ne se fait pas dans le but de manipuler l’autre ou d’augmenter son emprise ou son pouvoir sur ce dernier : on écoute et on parle avec son coeur .


La voix et ses modulations est primordiale dans l'expression de notre ressenti et de nos émotions. La voix raconte beaucoup de choses sur nous, elle dit souvent ce que les mots s'efforcent de taire : elle révèle nos émotions en traduisant l'état de détente ou de tension de notre corps. Un corps tendu produira une voix tendue , un corps plein d'énergie une voix dynamique, et un corps apaisé une voix calme. 

Si la voix est neutre , elle est influencée par le premier centre relié à la terre, si elle est sensuelle elle est connectée au deuxième centre associé à l'eau, si elle est passionnée elle résonne avec le plexus solaire et enfin si elle est aimable elle vient du coeur. La voix est l'outil de dialogue avec l'autre , elle permet de nous faire comprendre, elle permet d'exprimer notre puissance ou notre faiblesse. La voix donne un véritable pouvoir lorsqu'on a la maîtrise de ce centre d'énergie : s'approprier sa voix c'est une manière d'aller vers le bien-être et de s'approprier sa vie. 


Très souvent ce sont les émotions et notamment la peur  qui empêchent un fonctionnement correct de ce centre d'expression en ce sens que l’on ne veut pas froisser l’autre en exprimant son ressenti, ses émotions ou bien même ses pensées. 

Il arrive aussi qu’on n’ose pas montrer ses faiblesses par manque de confiance en soi. 

A l’autre extrême on peut aussi chercher à attirer l’attention des autres par une communication malhonnête fondée sur des mensonges et des flots de paroles parfois chargées d’arrogance ou de dogmatisme.

Dans ces deux cas la capacité d’écoute véritable est très limitée, et on a souvent recours à la mauvaise foi pour tenter d’avoir raison.


Généralement si on est dominé par l'anxiété et la peur (1er chakra) on va transmettre des paroles anxiogènes, si on ressent de la culpabilité ( 2ème chakra) on va tout faire pour que les autres partagent notre culpabilité, par contre si on agit avec courage ( 3ème chakra) on transmettra cette émotion aux autres , et si on est dans l'acceptation et la compassion ( 4ème chakra)  on stimulera par notre communication des attitudes d'acceptation et d'amour auprès de ceux qui nous entourent. 


Pour le yogi la communication n’est d’ailleurs pas que verbale. Toutes les pensées négatives que l’on entretient se répandent sur nos proches et dans le monde : on pourrait parler d'une pollution environnementale. De plus , elles finissent par  revenir comme un boomerang empêchant de trouver le calme intérieur. C'est ainsi que certains détruisent leurs relations et finissent par ruiner leur vie. 

C'est pourquoi il est si important de s'occuper des émotions bloquant nos énergies car ce sont elles qui entretiennent la plupart de nos pensées. C'est une des missions primordiale du yogi dans ce monde que de tirer la conscience vers le haut et ceci en lâchant-prise pour activer le processus de purification des émotions négatives : honte, désir, colère, fierté, chagrin , peur ...pour faire éclore l'amour , la joie, la paix. C'est en cela que réside le processus de l'éveil et de l'ascension : gravir l'échelle des émotions afin de faire circuler librement l'énergie universelle en nous. 


Concrètement, les conséquences d’un dysfonctionnement de ce centre énergétique se traduit par de la nervosité, de la confusion, des troubles respiratoires, des maux de gorge et de cou ( en fait tout ce qui se trame dans les environs de la gorge) ainsi que par des problèmes au niveau de la glande thyroïde. 

Un bon fonctionnement se reflète dans l’expression de la confiance en soi et dans les autres. 


Dans la philosophie du yoga on considère en plus que si un certain degré de conscience ou de maturité spirituelle n'est pas atteint il vaut mieux se taire que de communiquer . Le silence est plus que jamais nécessaire dans notre monde en mouvement continu et où la communication à tout prix semble être la ligne de référence car  toute cette agitation ne fait que tirer la conscience vers le bas . Selon les écritures en Inde le silence permet la maitrise de l'énergie,  le contrôle de la parole et apporte la tranquillité de l'esprit.



Pendant la pratique de nombreuses postures d’ouverture de la zone de la gorge sont à même de stimuler  ce centre énergétique afin de nous permettre de nous exprimer sans difficulté et avec vérité : sauterelle, cobra, poisson, chandelle, arc, cygne …


En conclusion, ce cinquième centre énergétique régule notre capacité à nous exprimer. Une communication honnête de notre ressenti et de nos émotions est le meilleur garant de notre bien-être car elle ne nous met pas en conflit avec nous-même et sauvegarde notre liberté. Le mensonge et  la manipulation consomment beaucoup d’énergie qui finissent par engendrer un état de malaise et de la culpabilité. De plus chacun est invité à expérimenter la voie du silence qui est le plus précieux des trésors spirituels comme le disait Bouddha.





Au cours de la séance je présenterai la posture du cobra qui est une posture phare de flexion arrière permettant l’ouverture de la poitrine,  l’étirement des hanches et d’ouverture des épaules. Elle augmente la capacité respiratoire en mobilisant les muscles intercostaux. Elle améliore aussi le fonctionnement des organes suivants : reins, intestins et poumons.


Quelques conseils : ne décoller pas le pubis du sol , en cas de compression du bas du dos redescendre un peu, détendre les épaules en évitant de les monter vers la tête et ne pas bloquer la respiration . 

mercredi 13 novembre 2024

Séance de Yin du 14 novembre 2024 - La respiration du feu, abdominale ou diaphragmatique

Pendant cette séance , je vous inviterai à prendre conscience de votre respiration, de la manière dont vous inspirer et expirer. En effet, la plupart du temps notre respiration se fait de manière automatique et c'est un de nos problèmes car très souvent elle n'est pas optimale pour notre bien-être. Il est donc important de se remémorer les fondamentaux du souffle pour corriger , adapter et retrouver ses 4 caractéristiques pour le rendre optimal . La respiration doit viser à être complète, ample, fluide et détendue. 

Dans la pratique posturale , la respiration se fait principalement par le nez avec l'attention sur le ressenti de l'air frais qui entre par les narines et l'air plus chaud qui en ressort à l'expiration. Les cycles de respiration courts aussi bien à l'inspiration qu'à l'expiration ont le pouvoir de booster l'énergie et de la mettre rapidement en circulation. Les cycles de respiration longs avec une concentration sur la douceur de l'air qui entre et qui sort des narines permettent de réguler le flux énergétique afin d'apaiser le mental et les émotions. Lorsqu'on inspire plutôt rapidement et que l'on expire avec lenteur on apprend à maitriser l'expression du potentiel énergétique en  développant  le pouvoir de la concentration. Enfin, lorsque l'inspiration est plutôt longue et ample et que l'expiration se fait rapidement cela contribuera à un relâchement des tensions et une libération des émotions et des blocages énergétiques . Dans ce cas de figure  on est peut laisser l'air sortir par la bouche . 


Je vous invite ainsi à expérimenter chacun de ces cycles et d'en vérifier les effets sur vous en fonction de votre état physique , émotionnel ou mental. Pour un travail de prise de conscience en profondeur l'idéal est de s'entraîner seul dans un moment où vous en ressentez le besoin. Il pourrait s'agir d'activer votre énergie , de vous calmer, de vous concentrer ou de relâcher une tension. 


Au cours des séances et suivant les postures il est aussi utile de prendre conscience du type de respiration qui est actif  : la respiration abdominale, la respiration thoracique ou bien pectorale. Chacun de ces types répond à des besoins particuliers malheureusement ils ne sont pas toujours bien adapté à l'expérience du corps pendant l'exercice. 


Intéressons nous cette fois plus particulièrement à la respiration abdominale ou diaphragmatique car dans l'ordre des priorité elle est la plus importante. En effet elle est l'outil de relaxation primordial pendant la pratique mais aussi dans la vie courante lorsque le stress vous envahit car celui-ci a comme effet de limiter l'engagement des muscles abdominaux et du diaphragme. 

Au-delà de la relaxation elle permet également un meilleur engagement dans la prise des postures en permettant la mobilisation et le déploiement de l'énergie à partir du Dantian ou de la zone du Hara. 


Malheureusement très souvent cette forme  de respiration est déficiente car des facteurs inconscients et émotionnels sont à l'oeuvre . J'ai ainsi connu une élève dans la trentaine qui avait vécu une enfance très difficile comme orpheline et qui avait une respiration abominable sensiblement nulle : tout le ventre était bloqué. Il y a aussi parfois des croyances limitantes qui influent sur le comportement (respiratoire)  comme le manque d'esthétique d'un ventre rond empêchant celui-ci de se gonfler naturellement. 


La conséquence en est que lorsque la respiration thoracique et pectorale prennent  le relai , elles entraînent  à la longue des maux de tête et un niveau de fatigue plus élevé notamment car la capacité respiratoire  est restreinte. L'expression de la vitalité devient terne ce qui ne permet pas de mener à bien son intention.  

Il arrive même que la respiration soit inversée avec le ventre qui se gonfle à l'expiration et qui se dégonfle à l'expiration et je vous laisse imaginer l'effet néfaste d'un tel type de respiration : notre vie perd totalement son harmonie. 


Pour identifier la fluidité de votre respiration abdominale , il est conseillé de tâter la zone le long des côtes et de chercher à ressentir si des tensions s'y manifestent. Généralement le niveau de tension se manifeste par de la rigidité , de la dureté des muscles dans le haut du ventre . 


Une des techniques de respiration yogiques efficace pour détendre et muscler le diaphragme est le Kapalabhati ou respiration du feu. Dans la tradition indienne, la maitrise de cette technique est un passage obligé avant de s'engager dans la voie du yoga.  Elle est aussi  préconisée avant d'entamer une séance de méditation ou de pratique posturale. 


Elle consiste à expirer de façon sonore et saccadée tout en rapprochant le nombril de la colonne au moment des expirations. L'expiration est très active et l'inspiration plutôt passive.

Idéalement on débute par des cycles plutôt court que l'on augmente avec l'expérience . 

Cela permet de dénouer et de renforcer  progressivement le diaphragme en le tirant à chaque expiration vers le haut. On l'appelle respiration du feu pour son caractère énergisant et vitalisant. 



NB. Dans le cadre de la pratique posturale et notamment des poussées fondamentales (lombes, nuques , épaules ...)  nous utilisons parfois l'expiration active  pour accompagner l'engagement tout en laissant l'inspiration se faire de manière naturelle : c'est ainsi que l'ouverture et l'amplitude se développera . Le souffle deviendra au cours de la respiration naturelle qui suivra de  plus en plus fluide et détendu et cela au fur et à mesure où l'expiration aura été bien travaillée en profondeur.  





Au cours de la séanceje reviendrai sur la posture de relaxation du tigre bien adaptée au yin yoga. Elle mobilise le bassin, et développe l'énergie vitale tout en libérant les tensions dans cette zone. Elle augmente en douceur la flexibilité des hanches et du bassin. Elle approfondit la respiration dans le dos. 

dimanche 10 novembre 2024

Séance de Méditation du 13 novembre 2024 à 20H . Le coeur et ses remparts

Pour cette séance de méditation , je vous inviterai à vous concentrer  sur le plus puissant de nos centres énergétiques : celui  du coeur .  J'ai,  en effet ,  remarqué que très peu de professeurs de yoga en parlent  et c'est souvent à mots couverts . J'ai l'impression que ce centre énergétique dérange spécialement dans notre modèle de société où ce qui compte ce sont les objectifs à atteindre, la productivité, l'efficacité et que s'occuper du coeur c'est une faiblesse.

Ce qui est évident, c'est que travailler sur ce centre énergétique demande du courage tout simplement par ce que cela va à l'encontre de la plupart de nos conditionnements. Au cours de notre enfance, à l'école et dans le milieu professionnel on apprend surtout à se défendre, à ne pas se laisser marcher sur les pieds, à s'imposer  et pour la plupart exprimer ce que l'on a sur le coeur est un risque . Et même lorsqu'on parle d'amour c'est très souvent d'un 'amour attachement' , c'est à dire que l'on est disposé à offrir son amour si on obtient un retour. Mais cela n'a rien avoir avec l'amour inconditionnel. 

Il en est de même de la compassion qui ne peut-être soumise à des conditions ou à des jugements. Ainsi certains se prétendent prêts à aider ou  à assister des personnes en difficulté à condition qu'elles changent leur comportement. L'approche du coeur est de s'accepter et d'accepter l'attitude de l'autre en tout premier lieu et ensuite partir de là pour évoluer vers une transformation et pas l'inverse. 

Cette approche ne se décrète pas de manière unilatérale car elle demande au préalable un certain travail de prise de conscience des manques d'équilibre de nos 3 premiers centres pour libérer si je peux dire l'énergie du coeur . Car nous avons tous construit  au cours de nos jeunes années une forteresse autour de notre coeur en bloquant des émotions dérangeantes car elles nous faisaient souffrir. Il faut donc faire tomber les remparts de cette forteresses un à un  : en acceptant nos ressentis pénibles, en pardonnant , en lâchant-prise, en s'acceptant tel qu'on est. 

Où sont donc ces remparts et comment les faire tomber  ? 

La première muraille se situe au niveau de notre premier centre énergétique. Ce centre est celui qui gère  notre sécurité matérielle et assure notre survie. Si ce centre a été fortement menacé pendant notre petite enfance  et au-delà en grandissant , il a construit une muraille puissante pour se protéger. Exemple : difficultés matérielles, perte d'un parent, maladie grave,  ...Le ciment de cette muraille est la peur. 

La deuxième muraille se situe au niveau de notre deuxième centre énergétique. Si certains ont manqué de respect envers nous et que nous avons pas pu nous défendre, que l'on s'est senti empêché de jouir de la vie, que l'on a brisé ou brimé  nos besoins de liberté liée aux sens , on s'est  construit une deuxième muraille dont le ciment est la honte et la culpabilité. 

La troisième muraille se situe au niveau du plexus solaire. Si trop souvent on n'a pas pu exprimer ses désirs de créativité, ses déceptions, ses centres d'intérêts aux yeux de nos proches,  que l'on a pas trouvé le chemin de sa valorisation personnelle on a construit un rempart dont le ciment est le manque de confiance en soi et parfois la fierté pour le cacher. 

Détruire ces remparts que l'on a construit n'est pas chose facile et j'en conviens. Plus les pierres sont épaisses et le ciment de bonne qualité plus ce sera difficile.

La première étape est d'admettre que nous sommes responsables de la construction de ces remparts, ils sont dans notre propriété et cela  même si d'autres nous ont aider à les construire. 

La deuxième étape c'est d'avoir le courage d'entamer leur destruction en se pardonnant de les avoir construit et en pardonnant aussi tous  ceux qui nous ont assisté dans leur construction. 

La troisième étape c'est de persévérer : il a fallu longtemps parfois pour les construire , aussi les démolir et se débarrasser des pierres et du ciment demande de l'énergie. 

Ce qui est encourageant c'est qu'au fur et à mesure du travail de démolition, notre pouvoir personnel se trouve augmenté à chaque étape créant un cercle vertueux de progrès par l'énergie libérée au niveau du coeur . 

L'objectif de cette méditation est donc de nous assister dans cette prise de conscience pour définir une intention qui nous accompagnera dans notre vie quotidienne. L'idéal sera ensuite  de se référer à son intention le plus souvent possible surtout dans toutes les petites décisions que l'on prend au cours de la journée . La question qu'il faut se poser à chaque fois que l'on pose un acte est le suivant : qu'est-ce qui en moi dirige cette action : mes centres inférieurs ou mon coeur ? 





samedi 9 novembre 2024

Séance de flow du 11 novembre 2024 - Etre déterminé mais avec flexibilité

Pour beaucoup  d'entre nous la pratique du yoga est synonyme de lâcher-prise alors que pour d'autres elle est synonyme de discipline et de détermination . Où est la vérité ? 


La vérité est que ces deux états d'esprit sont nécessaires au yoga , tout comme la dualité est à la base de la vie sur terre et que toute l'évolution se résume à une alternance de tension, de transformation  et de détente .


Voyons cela ensemble.


1. Le yoga sous sa forme 'discipline'  existe sous la forme de règles qui guident le yogi sur son chemin, d'observances morales, de pratique de postures, de technique de respiration, de concentration ...


Cela aide le yogi  à fixer sa  détermination et à définir son intention.  Ainsi le yogi va  pouvoir canaliser son énergie dans une direction afin que cette intention prenne forme. Chaque fois qu'il invoquera son intention il provoquera un changement dans sa vie. Ce changement l' aidera à accomplir des réalisations nouvelles même minimes au quotidien: les pensées se transformeront, les gestes se modifieront, le comportement évoluera.


Pour le yogi définir une intention et s'y tenir c'est grandir, évoluer vers quelque chose qui va le transformer globalement et lui accorder à terme davantage de liberté.  C’est avec l’intention qu'il plantera les graines de la transformation intime qui se manifestera par la suite dans les réalisations que ce soit au niveau personnel, familial, professionnel et relationnel. 


Cette manière de faire va progressivement libérer le yogi des ses attachements à des choses futiles pour le réorienter vers ses passions et sa mission de vie . 


Concrètement  le yogi sera ainsi invité à choisir le centre énergétique qui servira de support à la manifestation de son intention : s'il s'agit de renforcer son sentiment de sécurité et d'intégrité il prendra le premier chakra , s'il veut développer  la confiance en soi ce sera le troisième , s'il veut s'atteler  à l'amour ou la compassion ce sera le 4éme et ainsi de suite . Il placera sa conscience dans ce centre en y déposant son intention et laissera s'ouvrir à lui le champs de tous les possibles par le 'laisser-advenir' de la transformation. 



2. S'il faut apprendre à  être déterminé il faut aussi apprendre  à tolérer l'inattendu et s’abandonner à ce qui est. Car trop de volonté dans l'action amène de la rigidité dans notre état d'esprit et c'est pourquoi une fois son intention définie il faut laisser le travail intérieur s'accomplir. C'est comme si vous plantiez une graine sous terre et que régulièrement vous allez  la déterrer pour voir si la germination se fait convenablement. 


Il s’agit d’être dans un état de confiance dans ses ressources intérieures et d’être détaché par rapport au résultat.  C’est un sentiment de confiance que l’on ressent lorsqu’on est persuadé que « quoiqu’il arrive tout ira bien «. Car à force de vouloir rester dans une attitude de maîtrise  par le mental on finit par gaspiller énormément d'énergie et on y perd sa sérénité.


Ce qu'il faut  bien comprendre pour aborder cet état d'esprit est  que la Vie Universelle est soumise à des cycles quoique que nous fassions. Cela signifie que si on refuse de suivre le courant de la Vie ou si on lui résiste : on en souffrira !



En conclusion , il faut intégrer que l'essence du yoga ne réside pas dans l'exécution parfaite des postures ni dans une discipline stricte mais dans la conscience de l'alternance des périodes de tension, de transformation et de relâchement. Il faut assimiler  ce rythme tout en considérant le corps comme notre outil d'exploration : le progrès est typiquement cyclique . Le yoga réclame un équilibre entre 'contrôle' et 'lâcher-prise'. 





Au cours de la séance je reviendrai sur une variante de la posture d’équilibre du guerrier 3  qui tend à renforcer les abdominaux, les hanches, le dos et les jambes. Elle augmente la flexibilité de la colonne vertébrale et nous apprend à corriger les alignements incorrects. Elle améliore aussi le fonctionnement des reins. Elle élimine les tensions dans le bas du dos et tonifie la zone sacro-iliaque . 

C'est une posture de niveau 2 car elle demande de bien connaitre son corps et de pouvoir bien ressentir la tension des muscles. Elle ne doit pas se prendre en force à tout prix mais doit permettre de bien se concentrer sur l'équilibre et l'étirement de toute la partie avant du corps. 



mardi 5 novembre 2024

Séance de Hatha du 7 novembre 2024 - Les messages de nos résistances


Les résistances sont des forces quasi invisibles qui nous empêchent de faire les choses que nous souhaitons. Dans la vie courante elles se manifestent lorsque par exemple on s'apprête à débuter une activité et qu'on la remet au lendemain . Il arrive ainsi très souvent que l'on donne priorité à une distraction : je vais regarder mes mails, je vais regarder la TV, ou bien on argumente avec soi-même afin de saboter quelque projet que l'on voulait réaliser. 

La résistance se situe ainsi entre le moment présent et là où l'on voudrait être : dormir au lieu de se lever pour faire du yoga, jouer à l'ordinateur au lieu de méditer , boire une bière au lieu de respirer . On souhaite donc une gratification immédiate plutôt qu'un mieux être dans l'avenir ... et c'est le piège dans lequel nous tombons très souvent avec le yoga . En effet, il faut patienter parfois longtemps pour que la pratique  puisse nous procurer des effets durables. 

Les résistances sont donc le premier frein à la mise en oeuvre de notre intention et c'est pourquoi il est si important de s'y intéresser et aussi de chercher à comprendre les messages qu'elles nous transmettent . Pendant la pratique elles se manifestent sur 3 plans : physique, émotionnel et mental :


Le niveau physique est le premier niveau de résistance qui se manifeste par une sensation dans le corps. On sent cette limite lorsque les muscles tendent à se contracter pour ne pas aller plus loin. Généralement on bloque sa respiration lorsqu’on sent une tension et une résistance des tendons, des muscles ou bien même des articulations. On commence à trembler et on peut ressentir comme une brûlure en retenant son souffle. On se dit : c'est trop dur pour moi, je n'ai plus envie de continuer. 


Le niveau émotionnel de résistance se manifeste par un ressenti désagréable.  On ressent une envie de sortir de la posture que ce soit du fait d’une peur (on a peur de se faire mal) , un ressenti d'irritation, d'impatience, d’une déception ou d’une tristesse, d’une anxiété diffuse, d'un sentiment d’abandon … sans raison apparente. Parfois on se dit que tout va bien, qu'on  est à l'aise et on ne ressent pas l'envie de poursuivre. En fait c'est comme si on s'engourdissait. 

On s'oppose à la manifestation d'une émotion car on considère que ce serait un aveu de faiblesse : un "masque"  risque de tomber et on veut éviter que cela n'arrive. 

Il est conseillé de saisir cet inconfort au vol :  quel est cet état émotionnel qui émerge  et d'où vient-il, quelle est l'émotion à l'origine de ce ressenti.


Au niveau mental la résistance se manifeste par un jugement. On a des pensées qu’il faudrait arrêter, qu’on ne pourra pas tenir, qu’on va trop loin, que tout cela ne sert à rien…qu’on a l’air stupide et qu'il ne se passe rien de spécial. Eventuellement on se sent frustré en se disant qu’on arrivera jamais à réussir cette posture. On se dit que c'est trop dur , qu'on n'est pas fait pour cette pratique . C'est d'ailleurs bien souvent une croyance qui est en cause que l'on pourrait qualifier de limitante. Une autre forme de résistance plus subtile est la distraction ...la tendance à se mettre en pilote automatique. On effectue la posture, mais en fait le mental est ailleurs sur le lieu de travail ou de nos prochaines vacances, on oublie de se concentrer sur la respiration, sur le ressenti ... En fait on fuit le moment présent pour ne pas ressentir et on  fait du yoga comme une simple activité physique distrayante. 

On peut éventuellement se mettre  ' à réfléchir ' à notre état émotionnel mais cela ne consiste pas à la perception des ressentis. 


Pour appréhender ces limites il est nécessaire de concentrer son attention au moment où une tension se manifeste nous empêchant d’exécuter pleinement la posture. Il est recommandé d’adopter l’attitude d’un témoin (amusé et curieux ) qui explore ces sensations, son ressenti  ou ses jugements avec compassion. En plus idéalement il faut lâcher-prise sur ses croyances.


Pour explorer la limite physique, le yogi utilise la respiration qu'il étire progressivement (longue et profonde inspiration et relâchement à l'expiration) tout en maintenant son attention sur l’endroit tendu. Il essaye de saisir comment les sensations fluctuent avec son souffle et ses mouvements (ou micro-mouvements ) . 


En ce qui concerne la limite émotionnelle, il est recommandé de s’arrêter quelques instants et d’activer le témoin en nous et de demeurer aussi présent que possible. On reprend calmement son souffle et on revient tout en douceur dans la posture pour observer la manifestation de l’émotion avec la conscience du moment présent. Il faut chercher la résonance avec la substance de l'état émotionnel au moment où l'inconfort se manifeste. 

Cette manière de faire permet de libérer ainsi la résistance d'origine émotionnelle . 

Il est conseillé de se concentrer sur l'origine de son ressenti émotionnel : sentiment de rejet, d'humiliation, d'injustice, de trahison ...sans manipuler notre expérience. De cette manière nous allons intégrer nos charges émotionnelles . Et personne ne peut accomplir cela à notre place !


Pour ce qui a trait à la résistance  mentale, il est conseillé de prendre conscience des  jugements qui émergent , d’adopter une attitude conciliante de lâcher-prise, de reconnaissance des pensées qui surgissent, de remerciement pour le message transmis par le mental. Il faut simplement reconnaître que la résistance trouve son origine dans une de nos croyances ou d'une émotion (que le mental relaye)  et qu'il est naturel d'essayer de s'opposer au changement. Le mental tentera toujours de nous éloigner de ce qui se passe au niveau physique et émotionnel, il essayera de nous faire quitter la conscience du moment présent et de  ce qui est en train de se passer car le mental s'inscrit uniquement dans le temps : passé ou futur. C'est pourquoi il est si important de se concentrer sur sa pratique au moment présent , sur le ressenti et la respiration dans l'instant  afin de tirer la leçon de l'expérience et de la tentative de distraction . Dans ces cas,  une dose du pouvoir de la volonté (sans acharnement) pour trouver la tension juste est aussi souvent nécessaire pour lâcher-prise en réactivant son intention. Tout est une question d'équilibre : ni trop de tension pour lutter contre une résistance mentale , ni trop de détente qui nous entraine vers de la torpeur. 


En conclusion, le travail d’exploration des résistances physiques, émotionnelles et mentales est au coeur de la pratique du yoga. En apprenant à les connaitre on se prépare à les transcender afin d’approfondir sa pratique. 


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Pendant la séance je reviendrai sur la posture de la charrue (Halasana en sanskrit) que l’on est invité à pratiquer souvent tellement ses effets bénéfiques sont grands  notamment sur les glandes endocrines et le pancréas. Elle régularise notre 5eme centre d'énergie, celui de la gorge. En plus elle améliore la souplesse de la colonne vertébrale, tonifie le système nerveux, fortifie les muscles dorsaux tout en stimulant la rate, le foie et la digestion. Elle détend la nuque, le cou et les épaules ainsi que les ischions-jambiers . Cette postures soulage tout particulièrement les tensions dans la colonne vertébrale.