vendredi 30 janvier 2026

Lecture méditative du WE du 31 jan et 1 février 2026 - Entre l'intime et le service



Le chemin du yoga commence toujours par un retour vers soi.

Non pas par repli,

mais par honnêteté.

Il nous invite à écouter le corps tel qu’il est aujourd’hui,

à reconnaître les émotions qui le traversent,

à observer le mental avec ses conditionnements, ses habitudes,

ses élans comme ses résistances.

Peu à peu, le yogi apprend à ne plus se battre contre ce qu’il est.

Il apprend à accueillir son corps, même dans ses limites,

à regarder ses soi-disant défauts comme des formes particulières de son incarnation,

à accepter son histoire intérieure sans la nier ni la glorifier.


Le travail intérieur : une traversée intime

Ce travail est intime.

Personne ne peut le faire à notre place.

C’est un polissage lent, patient, parfois inconfortable —

comme celui d’un diamant que l’on nettoie facette après facette,

non pour le rendre parfait,

mais pour le rendre transparent à sa propre lumière.

Prendre soin de soi, dans le yoga,

n’est ni un luxe ni un repli égoïste.

C’est reconnaître que sans racine stable,

aucun arbre ne peut porter de fruits.


Le miroir de l’autre et le sens du service

Mais le yoga ne s’arrête pas là.

« Car un diamant qui ne capte la lumière que pour lui-même
finit par perdre son éclat. »

Vient alors l’autre versant du chemin :

le lien, la relation, le service.

Dans la famille, dans le travail,

dans les engagements que nous choisissons,

dans les communautés auxquelles nous appartenons —

et ici, dans cette communauté de yogis

qui partage une même sensibilité,

un même goût pour l’exploration intérieure

et le respect du vivant.

Les autres ne sont pas seulement ceux à qui l’on donne.

Ils sont aussi des miroirs.

Ils révèlent parfois, avec douceur ou friction,

ce qui en nous n’est pas encore pacifié,

ce qui demande encore écoute et maturation.

Ainsi, le travail sur soi et le service aux autres

ne s’opposent pas :

ils se complètent, se nourrissent, se répondent.


Le tao l’exprime avec une grande simplicité :


« Celui qui se connaît lui-même est éclairé.
Celui qui connaît les autres est instruit. »
— Lao Tseu


Se connaître pour s’ajuster.

Rencontrer l’autre pour affiner ce regard.

Non dans une logique d’effort ou de perfection,

mais dans un mouvement vivant,

où l’intime et le relationnel se tissent mutuellement.


L’équilibre vivant

Servir ne signifie pas se sacrifier.

Servir, dans le sens du yoga,

c’est laisser ce que nous avons compris, intégré, pacifié,

circuler au-delà de nous.

Mais l’équilibre est subtil.

Lorsque toute l’énergie est tournée vers soi,

le regard peut devenir circulaire,

et le chemin se refermer sur lui-même.

Lorsque toute l’énergie est donnée aux autres,

aux projets, aux causes,

le corps se vide, le souffle se raccourcit,

et l’on se coupe peu à peu de sa propre source.

Peut-être que la réponse n’est pas un équilibre figé,

mais un ajustement permanent.


Une respiration entre deux pôles

Écouter quand le chemin demande de revenir à soi.

S’ouvrir quand il appelle à se relier.

Comme une respiration :

inspirer pour se nourrir,

expirer pour offrir.


Je te propose, dans le silence qui suit,

de laisser cette question résonner en toi,

sans chercher à y répondre mentalement.

Simplement ressentir :


où en suis-je aujourd’hui

entre le soin de moi

et le don de moi ?


Et laisser l’expérience —

le corps, le souffle, la vie —

enseigner à son rythme.

mardi 27 janvier 2026

Séance de Hatha du 29 jan 2026 . Le deuxième chakra et le poisson


Après avoir exploré le premier chakra et son lien avec la terre, l’ancrage et les animaux associés à la survie, je te propose de poursuivre ce voyage intérieur avec le deuxième chakra, Svādhiṣṭhāna.

Si le premier chakra nous apprend à tenir debout et à prendre appui, le second nous invite à nous laisser traverser, à ressentir, à entrer en relation avec le mouvement de la vie.

Svādhiṣṭhāna est traditionnellement associé à l’élément eau. Il gouverne le monde des émotions, du plaisir, de la créativité et du lien à l’autre. Ici, il ne s’agit plus seulement de sécurité, mais de sensibilité, de capacité à ressentir ce qui nous traverse sans nous y perdre.

Situé dans le bas-ventre, ce chakra est en lien avec la circulation émotionnelle, la sensualité, la créativité, mais aussi avec notre manière de vivre le désir, l’attachement, la séparation ou le manque.

Lorsque l’énergie de Svādhiṣṭhāna circule librement, nous nous sentons vivants, inspirés, ouverts au plaisir et à la relation. À l’inverse, lorsqu’elle se déséquilibre, les émotions peuvent se figer ou déborder : inhibition, culpabilité, dépendance affective, peur de ressentir… ou au contraire émotions envahissantes et incontrôlées.

Dans ce paysage intérieur façonné par l’eau, le poisson apparaît comme un animal particulièrement symbolique du deuxième chakra.

Le poisson vit entièrement immergé dans son élément. Il ne lutte pas contre l’eau, il s’y déplace avec souplesse, suivant les courants tout en sachant ajuster sa direction. Il incarne une manière d’être au monde faite de fluidité, d’adaptation et de sensibilité.

Observer le poisson, c’est déjà interroger notre propre relation aux émotions : est-ce que je nage avec ce que je ressens, ou est-ce que je résiste au courant ? Est-ce que je me laisse traverser, ou est-ce que je me crispe par peur de perdre le contrôle ?

Le poisson ne juge pas l’émotion, il ne l’analyse pas. Il la ressent et la traverse. Il nous enseigne que la fluidité n’est pas synonyme de passivité, mais de présence ajustée.


Le deuxième chakra est également associé à plusieurs archétypes intérieurs. On y retrouve l’enfant sensible et spontané, l’amant ou l’amante capables de goûter le plaisir et la connexion, le créateur qui transforme l’émotion en expression. Mais on y rencontre aussi l’archétype du craintif, qui se ferme pour ne pas souffrir.

Le poisson nous invite à un archétype plus subtil : celui de la sensibilité fluide, capable de ressentir sans se noyer, de rester en lien sans se dissoudre.


Travailler avec l’animal n’est pas une croyance, mais un outil de conscience. Il agit comme un miroir symbolique. En lien avec le poisson, il devient possible de s’observer autrement : ai-je tendance à retenir mes émotions, à les contrôler, à les rationaliser ? Ou bien est-ce que je me laisse emporter sans repères ? Le poisson nous rappelle qu’il existe un juste milieu entre la rigidité et la perte de soi.


Dans la pratique du yoga, la posture du Poisson, Matsyāsana, devient une porte d’entrée précieuse vers l’exploration de Svādhiṣṭhāna. Cette posture ouvre la poitrine et la gorge, stimule la respiration et crée une sensation de flottement, comme un abandon conscient. En Yin yoga ou en Hatha doux, elle invite à relâcher les tensions profondes et à écouter ce qui se manifeste à un niveau plus émotionnel que postural.

Dans la posture, une question simple peut accompagner la pratique :

Que se passe-t-il en moi lorsque je cesse de me tenir, lorsque je lâche l’effort ?

Au-delà du tapis, travailler le deuxième chakra implique aussi une attention dans le quotidien. Apprendre à nommer ses émotions sans les juger, remettre du mouvement là où tout se rigidifie, créer, écrire, danser, respirer, s’autoriser le plaisir sans culpabilité. Comme le poisson, il s’agit moins de maîtriser l’eau que d’apprendre à y évoluer.


Svādhiṣṭhāna nous transmet une leçon essentielle : la sensibilité n’est pas une faiblesse, mais une intelligence du vivant. Le poisson ne cherche pas à sortir de l’eau. Peut-être est-ce là l’invitation du deuxième chakra : ne plus fuir nos émotions, ne plus nous y perdre, mais apprendre à nager en conscience dans notre propre monde intérieur.

La posture cible : le Poisson (Matsyāsana)





La posture du Poisson, Matsyāsana, est intimement liée à l’élément eau et au deuxième chakra. Elle invite à une ouverture douce du corps, mais surtout à un lâcher-prise intérieur, à l’image du poisson qui flotte et se laisse porter par son environnement.


Sur le plan physique, Matsyāsana étire l’avant du corps, ouvre la poitrine et libère la respiration. Elle favorise l’expansion du thorax, stimule la mobilité de la colonne vertébrale et invite à une respiration plus ample et plus fluide. Cette ouverture peut également soulager certaines tensions accumulées dans le haut du dos et les épaules, zones souvent liées à la rétention émotionnelle.


Sur un plan plus subtil, la posture agit comme un espace d’écoute émotionnelle. En relâchant l’effort et le contrôle, elle permet d’observer ce qui émerge lorsque l’on cesse de se tenir, lorsque l’on accepte d’être soutenu par le sol. Elle peut ainsi réveiller des sensations de vulnérabilité, mais aussi de confiance et d’abandon, en résonance directe avec le travail du deuxième chakra.


Matsyāsana invite à ressentir sans chercher à analyser. Comme le poisson dans l’eau, il s’agit moins de faire que de se laisser traverser par la respiration et les sensations.


Conseils et précautions dans la posture

La posture du Poisson demande avant tout de la douceur. Il ne s’agit pas de créer une grande cambrure, mais une ouverture juste, adaptée à chaque corps.

Il est conseillé de :

  • soutenir la tête et le haut du dos à l’aide d’un bolster, d’un coussin ou de briques, notamment en Yin yoga

  • garder la nuque longue et éviter toute compression excessive des cervicales

  • laisser le poids du corps se déposer progressivement, sans forcer

  • privilégier une respiration lente et fluide, en particulier dans le bas-ventre

Les personnes souffrant de douleurs cervicales, de lombalgies importantes ou de problèmes au niveau des vertèbres devront adapter la posture, voire la pratiquer de manière très soutenue ou la remplacer par une ouverture plus douce. En cas de doute, il est préférable de rester dans une version simple et confortable.

L’intention dans Matsyāsana n’est pas la performance, mais la qualité de présence.

Rester attentif à ses sensations permet de transformer la posture en un véritable moment de régulation émotionnelle.

Une question intérieure peut accompagner la posture :

Que se passe-t-il lorsque je me permets de relâcher le contrôle ?

dimanche 25 janvier 2026

Séance de Yin du 26 jan 2026 - L' animal-terre


Ressentir l’ancrage plutôt que le comprendre

Les chakras sont souvent présentés comme des centres énergétiques internes, liés à nos émotions, à notre histoire personnelle et à notre fonctionnement psychocorporel.

Cette lecture est juste, mais elle reste incomplète si l’on oublie une dimension essentielle : les chakras sont aussi des interfaces.

Ils ne sont pas seulement des lieux “en nous”.

Ils sont des zones de passage, de dialogue permanent entre notre monde intérieur et le vivant qui nous entoure.

Les éléments — terre, eau, feu, air, éther — ne sont pas des symboles abstraits. Ils structurent la nature, les cycles, les formes de vie… et ils nous traversent en permanence.

Les animaux, eux, incarnent ces éléments de manière directe, instinctive, non mentale.

C’est à partir de cette évidence simple que naît cette nouvelle série d’articles :

explorer les chakras à travers le lien avec les animaux, non pas comme une symbolique de plus, mais comme un accès privilégié au ressenti, à l’inconscient et aux archétypes profonds.


Une écologie intérieure en résonance avec le vivant

Les animaux n’analysent pas leur place dans le monde.

Ils ne cherchent pas à comprendre leur environnement.

Ils l’habitent pleinement.

Ils deviennent ainsi de puissants supports de résonance :

  • ils parlent directement au corps

  • ils contournent le mental

  • ils réveillent des mémoires anciennes, pré-verbales

Explorer les chakras à travers les animaux, c’est renouer avec une écologie intérieure, où l’alignement personnel ne se construit pas uniquement par introspection, mais aussi par une relation consciente au vivant.


🟥 Le premier chakra – Muladhara

Terre, ancrage et instinct de vie

Le premier chakra est lié à la terre, au corps, à la sécurité, à la survie et à l’instinct de vie.

Il fonde notre capacité à être présent, incarné, stable dans le monde.

Avant toute quête de transformation ou d’élévation, il y a une question fondamentale, souvent inconsciente :Est-ce que je me sens en sécurité dans mon corps et dans ce monde ?

Lorsque ce centre est fragilisé, le mental s’agite, le corps se crispe, la peur diffuse s’installe.

Lorsque ce centre est soutenu, quelque chose se pose naturellement.

Sans effort.


L’animal-terre comme archétype de l’ancrage

Les animaux liés à la terre entretiennent une relation directe avec le sol, le territoire et les rythmes naturels.

Ils ne cherchent pas l’ancrage.

Ils sont l’ancrage.

Plusieurs archétypes résonnent particulièrement avec le premier chakra :

  • L’ours : la force tranquille, le poids, la lenteur assumée, la capacité à se retirer et à se régénérer sans culpabilité

  • Le taureau ou le sanglier : la puissance enracinée, la détermination, la stabilité face aux obstacles

  • Le serpent : le contact permanent avec le sol, l’énergie vitale, la mue et le renouvellement

  • Les fourmis : la persévérance, la construction patiente, l’intelligence du collectif

Dans cette première exploration, l’ours apparaît comme un archétype particulièrement juste :

massif, lent, enraciné, capable de rester immobile sans se sentir inutile.

Il nous enseigne une chose essentielle pour Muladhara :

l’ancrage n’a rien à prouver.


Ressentir plutôt qu’activer

Le premier chakra ne se “travaille” pas comme un objectif à atteindre.

Il ne répond ni à la volonté ni à l’effort.

Il se renforce lorsque le corps reçoit un message clair :

je peux me déposer ici.

C’est pourquoi les pratiques lentes, immobiles et profondes — comme le Yin yoga — sont particulièrement adaptées à ce centre.

Elles offrent au système nerveux une expérience directe de sécurité, bien plus efficace que toute injonction mentale.


Le rôle du corps et de l’environnement

Le centre racine  est intimement lié à notre relation au sol et à l’environnement :

À l’inverse, un environnement trop abstrait, trop rapide ou trop déconnecté du corps fragilise progressivement l’ancrage.

Le premier chakra nous rappelle une vérité simple :le spirituel commence par l’incarnation.


🧘‍♂️ Posture cible – La Grenouille en Yin (Mandukasana passive)



La posture de la Grenouille en Yin s’impose naturellement dans une exploration du premier chakra.

Elle agit directement sur les zones corporelles liées à l’ancrage : le bassin, les hanches, les adducteurs, le plancher pelvien.


Mais son intérêt ne réside pas uniquement dans l’étirement.


La Grenouille est une posture non esthétique, non performante, parfois inconfortable pour l’ego.

Elle invite à abandonner toute recherche de forme ou de maîtrise, pour entrer dans une relation plus brute, plus honnête avec le corps et avec la Terre.


🌍 Lien avec Muladhara

Dans cette posture :

  • le bassin se rapproche du sol

  • le centre de gravité s’abaisse

  • le corps devient lourd

  • la Terre devient support

Tout ce que cherche inconsciemment le premier chakra — stabilité, sécurité, soutien — est ici ressenti directement, sans passer par le mental.

Associée à l’archétype de l’animal-terre, et notamment à celui de l’ours, la posture agit comme un contenant profond :

elle permet au corps de se déposer et au système nerveux de ralentir.


✨ Bienfaits de la Grenouille en Yin

Sur le plan physique :

  • étirement profond des adducteurs et des fascias du bassin

  • relâchement du plancher pelvien

  • amélioration de la mobilité des hanches

  • sensation de lourdeur et de stabilité dans le bas du corps

Sur le plan énergétique et psycho-émotionnel :

  • soutien du premier chakra

  • apaisement des peurs diffuses liées à l’insécurité

  • renforcement du sentiment d’ancrage

  • invitation au lâcher-prise et à la confiance

En Yin yoga, ces effets émergent souvent progressivement, parfois même après la séance.


⚠️ Précautions essentielles

La Grenouille est une posture puissante qui demande beaucoup d’écoute.

Quelques repères fondamentaux :

  • utiliser des supports  sous le bassin si nécessaire

  • ne jamais forcer l’ouverture des hanches

  • sortir immédiatement de la posture en cas de douleur vive dans les genoux ou les hanches

  • entrer et sortir très lentement

  • rester dans une intensité douce, jamais agressive

Chez certaines personnes, cette posture peut aussi faire émerger des émotions liées à la sécurité ou à la vulnérabilité.

Cela fait partie du processus, à condition que le cadre reste lent, contenu et sécurisant.


🌱 Une posture d’abandon conscient

Dans l’esprit du Yin yoga, la Grenouille n’est pas une posture de performance.

C’est une posture d’abandon conscient.

On ne cherche pas à “ouvrir”.

On laisse la Terre faire le travail.

C’est précisément ce que demande le premier chakra :

cesser de lutter pour être soutenu… et accepter de l’être.


Une série à venir

Cet article est le premier d’une série consacrée au lien entre les chakras,  et les animaux.

S’aligner intérieurement, ce n’est pas seulement travailler sur soi.

C’est aussi choisir consciemment ce que l’on laisse nous traverser.

Une véritable écologie intérieure commence là.

Chakras, éléments et animaux


Une écologie intérieure en résonance avec le vivant


Les chakras sont souvent abordés comme des centres énergétiques internes, liés à nos émotions, à notre histoire personnelle et à notre fonctionnement psychocorporel.

Mais cette lecture reste incomplète si l’on oublie une dimension essentielle : les chakras sont des interfaces.

Ils constituent des zones de passage entre notre monde intérieur et l’environnement dans lequel nous évoluons.

Les éléments — terre, eau, feu, air, éther — ne sont pas de simples symboles abstraits : ils structurent le vivant et nous traversent en permanence.

Les animaux, quant à eux, incarnent ces éléments de manière instinctive, immédiate, non mentale.

Ils deviennent alors de puissants supports de visualisation, capables de nous aider à ressentir et intégrer les qualités propres à chaque centre énergétique.

Explorer les chakras à travers les animaux, c’est renouer avec une écologie intérieure, où l’alignement personnel passe aussi par une relation consciente à la nature.


1er chakra – Terre

L’ancrage, la stabilité, l’instinct de vie

Le premier chakra est lié à la terre, au corps, à la sécurité et à la survie.

Il fonde notre capacité à être présent, incarné, stable dans le monde.

Les animaux de la terre entretiennent une relation directe avec le sol, le territoire et les rythmes naturels.

  • L’ours évoque la force tranquille, la capacité à se retirer et à se régénérer

  • Le taureau ou le sanglier symbolisent la puissance enracinée et la détermination

  • Le serpent, en contact permanent avec le sol, représente l’énergie vitale et la mue

  • Les fourmis rappellent la persévérance et la construction patiente

Lien avec l’environnement

Marcher pieds nus, jardiner, randonner, sentir la densité du sol ou la lenteur des cycles naturels nourrit directement ce centre.

Un environnement trop abstrait ou déconnecté du corps fragilise l’ancrage.


2e chakra – Eau

La fluidité, les émotions, l’adaptation

Le deuxième chakra est associé à l’eau, aux émotions, au plaisir, à la relation et au mouvement.

L’eau enseigne l’adaptation, la souplesse et la capacité à traverser les expériences sans se figer.

  • Le dauphin incarne la joie, le jeu et l’intelligence émotionnelle

  • La tortue symbolise la lenteur consciente et la continuité

  • La grenouille évoque la métamorphose et les passages

  • La pieuvre représente une intelligence sensible, diffuse, corporelle

Lien avec l’environnement

Les milieux aquatiques, la pluie, les bains, la musique et les mouvements fluides soutiennent ce chakra.

Un environnement trop rigide ou contrôlé coupe l’accès au ressenti.


3e chakra – Feu

La puissance personnelle et la transformation

Le feu est l’élément de la volonté, de l’action juste et de la transformation.

Il éclaire, réchauffe et met en mouvement, à condition d’être maîtrisé.

  • Le lion incarne l’autorité naturelle et le rayonnement

  • Le tigre symbolise la puissance maîtrisée

  • Le faucon représente la vision claire et l’action précise

  • Le phénix évoque la renaissance après l’épreuve

Lien avec l’environnement

La chaleur, la lumière solaire et les défis stimulants nourrissent ce centre.

Un environnement oppressant ou dévalorisant éteint progressivement le feu intérieur.


4e chakra – Air

Le lien, la respiration, l’ouverture du cœur

Le chakra du cœur est un espace de circulation : entre soi et l’autre, entre donner et recevoir.

L’air symbolise la respiration, la relation et l’ouverture.

  • Le papillon évoque la transformation douce

  • La chouette incarne le discernement et la vision intérieure

  • La libellule symbolise la légèreté et l’adaptation

  • L’aigle représente la liberté et la hauteur de vue

Lien avec l’environnement

Les espaces ouverts, l’altitude, la respiration consciente et les paysages aériens favorisent l’ouverture du cœur.

Un environnement saturé ou fermé limite la circulation émotionnelle.


5e chakra – Éther

La vibration, l’expression, la transmission

L’éther est l’élément de l’espace et de la vibration.

Il correspond à la parole juste, à l’écoute et à la transmission d’une expérience intégrée.

  • Le perroquet symbolise l’expression et la répétition consciente

  • Le corbeau incarne le mystère et l’intelligence symbolique

  • Le dragon représente le souffle créateur et le lien entre ciel et terre


Lien avec l’environnement

Le silence, les sons naturels, les chants et les mantras soutiennent ce centre.

Un environnement bruyant ou incohérent brouille l’expression authentique.


Conclusion

Habiter le monde pour mieux s’aligner

Associer les chakras aux animaux ne consiste pas à ajouter une symbolique de plus.

C’est ramener le travail énergétique dans le vivant, dans le sensible, dans l’expérience directe.

L’environnement n’est jamais neutre.

Il soutient ou perturbe nos centres énergétiques en permanence.

S’aligner intérieurement, ce n’est pas seulement travailler sur soi.

C’est aussi choisir consciemment les lieux, les rythmes, les éléments et les qualités du vivant que l’on laisse nous traverser.

Une véritable écologie intérieure commence là.

mercredi 21 janvier 2026

Séance de flow du 21 janv 2026 - Prendre soin des genoux


Pour cette séance, je vous propose de prendre soin des genoux, une articulation essentielle, souvent sollicitée, parfois fragilisée, et pourtant trop souvent négligée.

La plupart d’entre nous a déjà connu, à un moment de sa vie, des douleurs plus ou moins gênantes au niveau des genoux. Et nous connaissons tous dans notre entourage des personnes qui en souffrent durablement.

Les genoux supportent une grande partie du poids du corps, permettent la locomotion, s’adaptent aux irrégularités du terrain et rendent possible le mouvement vers l’avant. Cette articulation est donc à la fois très sollicitée et particulièrement exposée, ce qui explique pourquoi elle est si fréquemment touchée.


Le genou : entre stabilité et mobilité

Le genou est maintenu par un système ligamentaire complexe qui garantit à la fois stabilité et souplesse. Cette stabilité dépend en grande partie des muscles qui entourent l’articulation et la protègent. Les quadriceps, les ischio-jambiers, les adducteurs et les mollets jouent un rôle fondamental. Il est essentiel que ces muscles soient à la fois forts, équilibrés et souples afin d’assurer une mobilité fluide et sécurisée.

On pense souvent que le genou fonctionne uniquement comme une charnière, permettant seulement la flexion et l’extension. En réalité, une rotation interne et externe est également possible, notamment lorsque le genou est fléchi. On retrouve cette mobilité dans des postures comme le pigeon ou le cygne. C’est précisément cette rotation fine qui, lorsqu’elle est mal contrôlée, peut devenir source d’inconfort ou de douleur.


Déséquilibres et reprogrammation par le yoga

Après une blessure ou un traumatisme, des déséquilibres neuromusculaires peuvent s’installer, comme si une nouvelle programmation du mouvement s’était mise en place. Même lorsque la blessure est cicatrisée, ces schémas compensatoires peuvent persister et entretenir des douleurs chroniques.

La pratique du yoga vise alors à reprogrammer progressivement le bon fonctionnement de l’ensemble des muscles impliqués dans la stabilisation du genou. Par une pratique consciente, lente et précise, on redonne au corps des repères clairs, ce qui permet peu à peu de réduire les tensions et, dans de nombreux cas, de faire disparaître les douleurs.


Hanches, axe et alignement

Une bonne stabilité et une mobilité suffisante des hanches sont essentielles pour protéger les genoux, en particulier lors des mouvements de rotation.

Dans le yoga, on revient ici aux fondamentaux : allonger la colonne vertébrale, engager les muscles profonds et créer un axe clair entre la cheville, le genou et la hanche.

Tirer les os des hanches vers le haut, stabiliser le bassin et répartir le poids de manière consciente sont des principes clés des poussées fondamentales des membres inférieurs. Pour que le genou reste sain, les hanches doivent être à la fois ouvertes et étirées. La posture du papillon est particulièrement intéressante dans cette optique et constitue une excellente posture de remise à niveau pour les genoux.


Postures et pratiques favorables aux genoux

De nombreuses postures de yoga contribuent naturellement au renforcement et à la protection des genoux. Les postures debout comme la déesse, la chaise, l’arbre, les guerriers ou le triangle renforcent la musculature tout en travaillant l’alignement. Les postures au sol, comme le pont ou le pigeon, favorisent quant à elles l’ouverture des hanches et la détente des tissus profonds.


Pour un travail plus spécifique, il est également bénéfique d’alterner la marche sur la pointe des pieds et sur les talons. Cette pratique simple renforce les chaînes musculaires ascendantes et améliore la stabilité globale des genoux.


Plusieurs groupes musculaires participent au contrôle des rotations du genou et au soulagement des douleurs associées. Les fléchisseurs de la hanche, les ischio-jambiers et les adducteurs, qu’ils soient internes ou externes, jouent ici un rôle majeur. Des mouvements conscients de rotation de la hanche, de la cheville et du tibia permettent également d’améliorer la coordination et la flexibilité de l’articulation du genou.


L’idéal est d’identifier le maillon faible de la chaîne — que ce soit le pied, la cheville, le genou ou la hanche — et d’y porter une attention particulière lors de l’exécution des postures.


Pratiquer avec lenteur et discernement


Si certaines postures provoquent une gêne au niveau des genoux, il est essentiel de pratiquer lentement et prudemment. Les transitions doivent se faire en douceur, avec une attention constante portée aux sensations et aux niveaux d’inconfort. La pratique invite à faire confiance à son intuition, à ajuster lorsque c’est nécessaire et à éviter toute douleur inutile.


Idéalement, cette exploration se prolonge en dehors des cours, dans une pratique personnelle où l’on peut avancer à son propre rythme, apprendre à sentir et à contrôler les muscles impliqués, et progresser très graduellement, des postures simples vers des postures plus exigeantes.


Symbolique du genou

Symboliquement, plier le genou revient à se plier à une situation. Se mettre à genoux peut évoquer la soumission, que ce soit dans la sphère familiale, professionnelle ou relationnelle. Tout dépend de la conscience que l’on y met. Il existe une différence fondamentale entre humiliation et humilité.

Lorsque la soumission est vécue dans la culpabilité, la peur ou la colère contre soi-même, elle peut se traduire par des tensions ou des dysfonctionnements au niveau du genou. À l’inverse, garder le genou droit symbolise la dignité, la verticalité et la confiance. Savoir plier le genou, c’est aussi accepter le compromis, faire un pas vers l’autre. Avoir « les genoux qui flanchent » évoque souvent un manque de confiance en soi.


Genoux et mouvement vers l’avenir

Le genou est situé à l’avant du corps et se trouve intimement lié à notre capacité à avancer dans la vie. Les douleurs ou blessures dans cette zone peuvent être associées à des peurs liées à l’avenir, à l’insécurité ou au doute.

Grâce à mes genoux, je peux sortir de l’immobilisme, partir à la découverte du monde et des autres, explorer de nouveaux chemins. L’enfant qui apprend à marcher manifeste déjà son intention de grandir, de s’émanciper et de gagner en autonomie.

En médecine chinoise, la première cause de douleurs au genou est souvent considérée comme émotionnelle. Les conflits de soumission, la difficulté à accepter une situation relationnelle, la colère contre soi-même ou la culpabilité de ne pas oser mettre fin à une situation pesante peuvent s’exprimer à travers cette articulation.


Conclusion


Les genoux sont des éléments clés de notre structure, à la croisée de la stabilité et du mouvement. Apprendre à les ressentir, à les écouter et à décoder leur langage fait pleinement partie du chemin du yoga.

La gestuelle des genoux reflète notre capacité à avancer dans la vie, à rester debout par nous-mêmes ou, au contraire, à devenir dépendants des décisions et du regard des autres.


🌿 Posture cible : la Déesse – 



La posture de la Déesse est particulièrement adaptée pour cette séance. Elle renforce profondément les cuisses et les muscles stabilisateurs du genou, tout en travaillant l’alignement cheville-genou-hanche. Elle favorise également l’ouverture des hanches, l’ancrage et la confiance, et se prête parfaitement à un flow conscient, avec des variations dynamiques et des transitions fluides.

mardi 20 janvier 2026

Stage de yoga à Paros - Printemps 2027 - du 23 au 29 mai 2027



Après plusieurs années de stages inoubliables à Antiparos, nombreux sont ceux qui m’ont exprimé le souhait de renouveler cette expérience en Grèce, tout en découvrant un nouveau lieu.

C’est ainsi qu’en 2025, nous avons posé nos tapis pour la première fois au centre Okreblue, sur l’île de Paros, non loin de Naoussa.


✨ Ce stage 2025 a été un grand succès, unanimement salué pour :

  • la qualité exceptionnelle de l’hébergement,

  • la cuisine saine, généreuse et raffinée,

  • la chaleur de l’accueil,

  • un environnement naturel privilégié, au bord de la mer,

  • et surtout le calme profond de la salle de yoga, propice à l’intériorisation.


Fort de cette expérience, je souhaite proposer une nouvelle édition au printemps 2027, une saison idéale pour vivre Paros autrement.







🌸 Pourquoi Paros au printemps (mai) ?

  • Une nature en plein éveil, verdoyante et fleurie

  • Une atmosphère paisible, avant l’arrivée de l’été touristique

  • Des températures douces et lumineuses, idéales pour la pratique du yoga

  • Une mer qui commence à devenir agréable dès la mi-mai, permettant déjà les baignades

  • Une énergie de renouveau parfaitement alignée avec le travail intérieur proposé


Le printemps offre ainsi un équilibre rare entre calme, vitalité et douceur, particulièrement propice à un stage de yoga immersif.





🧘‍♂️ Au programme

  • Respiration et méditation matinales, pour s’aligner intérieurement dès le réveil

  • Yoga hatha ou flow le matin, en lien avec le thème du jour

  • Yoga yin ou restauratif l’après-midi, pour intégrer en profondeur

  • Temps libres et activités selon l’élan du groupe :

    • randonnées douces,

    • excursions à vélo,

    • baignades,

    • ou découverte d’îles voisines (par exemple Naxos)


👉 Les pratiques seront adaptées au niveau, au rythme et aux besoins de chaque participant·e.


💰 Tarifs – Édition 2027


(Tout inclus sauf excursions)

  • Chambre triple : 1240 €

  • Chambre double : 1436 €

  • Chambre single : 2010 €


🔮 Programme thématique du stage


Voyage à travers les chakras


Pendant ce stage, les participant·es seront guidé·es à travers la méditation, la respiration et les postures dans un voyage de reconnexion aux sept centres énergétiques du corps.


Chaque journée sera consacrée à l’exploration d’un chakra, en lien avec ses dimensions physiques, émotionnelles, mentales et symboliques.

Ce cheminement progressif favorise l’harmonisation énergétique, la libération intérieure et une conscience plus alignée du corps et de l’esprit.



lundi 19 janvier 2026

Lecture méditative : de l'information à la connaissance



Ralentir pour laisser l’expérience enseigner

Nous vivons dans un monde saturé d’informations. Tout circule vite : les idées, les images, les réponses. Même dans le yoga, il est facile de passer d’un enseignement à un autre, d’une pratique à une autre, avec le sentiment d’avancer, sans toujours prendre le temps d’intégrer.

L’information est précieuse : elle éclaire, elle oriente, elle ouvre des portes. Mais elle reste souvent à la surface de l’expérience.

La connaissance, elle, demande du temps.

Elle ne s’acquiert pas par accumulation, mais par transformation intérieure. Elle naît lorsque l’expérience est vécue pleinement, puis laissée au repos, suffisamment longtemps pour révéler ce qu’elle contient. Comme une graine enfouie dans la terre, elle a besoin de silence, de patience et d’espace pour germer.

Dans la pratique du yoga ou de la méditation, on peut savoir comment respirer sans vraiment respirer, comprendre intellectuellement le lâcher-prise sans jamais le rencontrer, parler de présence tout en restant ailleurs.

La connaissance ne surgit pas quand on fait plus, mais quand on ralentit assez pour écouter ce qui se vit réellement : dans le corps, le souffle, les sensations, les émotions, parfois même dans les résistances.

Ralentir devient alors une posture intérieure.

Se poser permet à l’expérience de se déposer. Sans ce temps de pause, elle glisse à la surface de nous-mêmes. Avec lui, elle pénètre plus profondément.

Rester un peu plus longtemps dans une posture, respirer sans corriger, accepter de ne pas comprendre tout de suite, laisser le silence faire son œuvre… autant de gestes simples qui transforment l’information en connaissance vécue.


Dans cette lenteur choisie, quelque chose commence à s’affiner.

Le corps parle plus clairement. Le souffle trouve son propre rythme. Les sensations deviennent des messages plutôt que des obstacles. Et l’esprit, peu à peu, cesse de vouloir saisir pour apprendre à recevoir.

Tirer la leçon d’une expérience ne signifie pas l’analyser immédiatement.

Il s’agit plutôt de demeurer avec ce qui a été traversé, sans jugement et sans précipitation. Laisser au corps et au cœur le temps de digérer, comme on laisse infuser une tisane jusqu’à ce que sa saveur se révèle pleinement.

Certaines expériences sont agréables, d’autres inconfortables, parfois déroutantes. Mais toutes peuvent devenir enseignantes si nous cessons de les fuir, de les expliquer trop vite ou de les figer dans une histoire.

Lorsque nous acceptons de rester présents, même dans l’inconfort, quelque chose s’assouplit. Une compréhension silencieuse s’installe, plus juste que n’importe quelle explication.

Une expérience devient connaissance lorsqu’elle modifie, même subtilement, notre manière d’être.

Un souffle devient plus ample sans effort.

Une réaction se fait moins automatique.

Une écoute plus fine s’installe, envers soi-même et envers les autres.

Souvent, cette transformation se produit sans que nous puissions dire exactement quand ni comment. Elle n’est pas spectaculaire. Elle est discrète, mais profondément réelle.


On attribue à Bouddha cette phrase essentielle :

« L’ignorance est la cause de la souffrance. »

Cette ignorance n’est pas un manque d’informations, mais le fait de ne pas voir clairement ce que l’expérience nous montre, de ne pas l’habiter pleinement, de ne pas en extraire la sagesse vivante.

Le yoga n’est pas une accumulation de savoirs.

C’est un art de l’intégration, une lente alchimie où chaque pratique, chaque silence, chaque difficulté peut devenir un enseignement.

Ralentir, se poser, laisser infuser : voilà peut-être l’un des gestes les plus profonds du chemin.


Ce week-end, sans chercher à apprendre quelque chose de nouveau, nous pouvons simplement nous offrir cet espace de questionnement, dans la simplicité et la douceur :


Que cherche à m’enseigner mon expérience, si je lui laisse vraiment le temps ?

vendredi 16 janvier 2026

Lecture méditative du WE du 17/18 jan 2026 -Reconnaissance extérieure, reconnaissance intérieure



Il est naturel de chercher la reconnaissance.

Être vu, apprécié, validé donne le sentiment d’exister dans le regard de l’autre.

Mais lorsque cette recherche devient le moteur principal de nos actions, quelque chose se déplace subtilement en nous.

Peu à peu, nous consacrons une grande part de notre énergie à consolider une image :

celle du travail bien fait, des réussites visibles, des performances reconnues, des acquisitions valorisées.

Et plus nous cherchons à prouver, plus nous risquons de nous éloigner de ce qui, en nous, n’a rien à démontrer.






Le plexus solaire : le centre du pouvoir juste

Le plexus solaire est le centre du feu intérieur.

Il ne s’agit pas d’un feu qui brûle ou qui domine,

mais d’une chaleur stable, tranquille, qui soutient la confiance et l’action juste.

Lorsque ce centre est équilibré, il nous permet :

  • d’agir sans nous crisper,

  • d’affirmer notre place sans nous imposer,

  • de dire je suis sans avoir besoin d’écraser ou de convaincre.

C’est un pouvoir silencieux, enraciné dans la cohérence intérieure.


Quand l’énergie se disperse

Lorsque la reconnaissance extérieure devient prioritaire, le feu du plexus se fragmente.

L’énergie n’est plus au service de l’alignement,

mais de la comparaison, de l’attente, du regard porté sur soi.

Alors, même les réussites peuvent laisser un goût d’inachevé.

Il faut faire plus.

Encore.

Différemment.

Mieux que les autres.

La reconnaissance extérieure renforce surtout l’ego et ses dépendances.

Elle nourrit la peur de perdre sa place, son image, son statut.

Elle peut conduire à une forme de soumission subtile :

plaire pour être reconnu, s’ajuster pour ne pas être rejeté.

Ce n’est pas la liberté.

C’est une tension continue.


La reconnaissance intérieure : un retour à l’axe

La reconnaissance intérieure ne dépend d’aucun témoin.

Elle naît dans un espace intime, stable, profondément apaisant.

C’est la capacité à se dire, en silence :

« Je me reconnais dans ce que je fais, même si personne ne le voit. »

Elle nourrit une confiance douce mais solide :

  • en soi,

  • dans son chemin,

  • et aussi dans les autres, sans attente ni soumission.

Depuis cet espace, la relation devient plus libre.

L’action devient plus juste.

L’effort se transforme en présence.


Une lecture méditative pour le week-end

Prends un moment pour t’arrêter.

Assieds-toi confortablement.

Laisse le souffle descendre dans la région du plexus solaire.

Sans chercher de réponse immédiate, laisse émerger ces questions :

  • Où est-ce que je dépense mon énergie pour être reconnu ?

  • Qu’est-ce que je continue à faire pour prouver ?

  • Et que ferais-je si je n’avais plus rien à justifier ?

À chaque expiration, imagine que tu ramènes ton feu intérieur vers son centre.

Non pour te couper du monde,

mais pour agir depuis un espace plus clair, plus libre, plus aligné.


Retrouver son feu

Le véritable pouvoir intérieur ne cherche pas à convaincre.

Il ne force pas.

Il n’attend pas d’autorisation pour exister.


Il repose sur une confiance tranquille,

sur la capacité à dire oui ou non sans se trahir,

et à avancer sur son propre chemin,

que les applaudissements soient présents… ou non.


C’est ce feu paisible que le yoga nous invite à cultiver.

Un feu qui éclaire.

Un feu qui rassemble.

Un feu qui libère.


À lire lentement,

comme on nourrit une braise,

sans hâte,

en laissant la chaleur faire son œuvre.

jeudi 15 janvier 2026

Séance de Hatha du 19 janvier 2026 - La reconnaissance extérieure ou intérieure ?

Hatha yoga, confiance en soi et éveil du troisième chakra

Introduction – Une quête silencieuse mais puissante

Nous passons une grande partie de notre vie à chercher des signes de reconnaissance : un regard approbateur, une validation, un encouragement, parfois simplement le sentiment d’être vu et reconnu. Cette quête n’est pas un défaut ; elle est profondément humaine. Elle trouve souvent ses racines dans l’enfance, là où l’amour, l’attention ou la reconnaissance n’ont pas toujours été perçus comme suffisamment stables ou inconditionnels.

Mais lorsque cette recherche devient excessive, elle peut nous éloigner de notre centre. Peu à peu, nous apprenons à nous ajuster aux attentes extérieures, à lisser nos aspérités, à dire oui là où un non intérieur se fait pourtant sentir. Le prix à payer est souvent subtil mais réel : une perte de contact avec nos ressentis profonds et avec ce que nous souhaitons réellement être.

Le yoga, et en particulier le hatha yoga, offre un espace privilégié pour observer ce mécanisme et amorcer un retour vers une reconnaissance plus essentielle : celle que l’on se donne à soi-même.


Reconnaissance extérieure : adaptation ou trahison intérieure

Chercher la reconnaissance des autres n’est pas en soi un problème. Elle devient délicate lorsqu’elle nous pousse à nous suradapter :

  • vouloir plaire à tout prix

  • éviter le conflit par peur de perdre l’approbation

  • confondre gentillesse et effacement

  • mesurer sa valeur au regard porté par autrui

Dans ces moments-là, nous ne sommes plus en lien avec notre vérité intérieure, mais avec une image de nous-mêmes construite pour être acceptée. C’est une forme de survie émotionnelle, souvent héritée de l’enfance, mais qui n’a plus lieu d’être à l’âge adulte.

À l’inverse, la reconnaissance intérieure ne dépend pas du regard extérieur. Elle repose sur la capacité à s’écouter, à se respecter et à s’honorer, même lorsque cela ne plaît pas à tout le monde. Elle est le socle d’une confiance en soi authentique, calme et non agressive.


Le troisième chakra : le feu de l’estime de soi

Dans la tradition du yoga, cette thématique est directement reliée au troisième chakra, Manipura, situé au niveau du plexus solaire.

Manipura est le centre :

Lorsque ce chakra est déséquilibré vers le bas, on peut ressentir :

  • un besoin excessif de reconnaissance

  • une difficulté à dire non

  • une perte de direction personnelle

  • une dépendance au regard des autres

Lorsqu’il est équilibré, il permet :

  • de se sentir légitime sans arrogance

  • d’agir par choix et non par peur

  • d’être ouvert aux autres sans se renier

  • de rayonner sans chercher à briller

Le feu de Manipura ne brûle pas pour impressionner. Il éclaire de l’intérieur.


La posture cible : Nāvāsana (la posture du bateau)







Pour cette séance de hatha yoga, la posture cible choisie est Nāvāsana, la posture du bateau.

Pourquoi Nāvāsana ?

  • Elle sollicite intensément le centre du corps, siège du plexus solaire 

  • Elle confronte directement à la notion d’effort juste

  • Elle révèle le rapport que nous entretenons avec la difficulté

  • Elle invite à rester stable sans se crisper

Dans Nāvāsana, il n’est pas possible de tricher longtemps.

Soit l’on s’effondre, soit l’on durcit excessivement.

La posture demande un équilibre subtil entre engagement et détente, exactement comme la confiance en soi.

✨ Symboliquement, le bateau  nous enseigne ceci :

Je tiens par moi-même. Je n’ai rien à prouver. Je suis présent, stable, et engagé.


Conclusion – Se reconnaître pour mieux rencontrer l’autre

Lorsque la reconnaissance vient de l’intérieur, les relations changent naturellement.

On peut être gentil sans se soumettre.

On peut être ouvert sans se trahir.

On peut recevoir la reconnaissance extérieure… sans en dépendre.

Travailler le plexus solaire à travers le hatha yoga, c’est réapprendre à se tenir debout dans sa vérité, avec simplicité et intégrité.

C’est transformer le besoin d’être reconnu en capacité à se reconnaître soi-même.

🔥 Et c’est souvent à partir de cet espace que naît une confiance paisible, stable et profondément libre.

Pourquoi le yoga ne peut pas être une pratique standardisée


Et pourquoi connaître votre profil est essentiel pour un accompagnement individualisé


Récemment, l’une de nos yoginis m’a posé une question très pertinente :

« Peux-tu m’indiquer quelques postures clés que je pourrais pratiquer régulièrement ? »

Elle s’interrogeait même sur le caractère peut-être « saugrenu » de sa demande.

Ma réponse a été simple et claire : ce n’est absolument pas une question saugrenue.

Au contraire, elle touche à l’essence même du yoga.

Le yoga est une pratique profondément personnelle.

Il est donc très difficile – et souvent contre-productif – de définir une liste de postures qui conviendrait de manière uniforme à tout le monde. Pourquoi ?

Parce que nous ne sommes pas construits de la même façon, ni physiquement, ni émotionnellement, ni mentalement.

Or, notre pratique devrait tenir compte de ces différences fondamentales.

Ce n’est malheureusement pas toujours le cas dans de nombreux cours de yoga dispensés à travers le monde, où l’on propose une pratique unique pour des corps, des tempéraments et des histoires très différentes.


Le yoga comme art de l’équilibre

Le yoga vise avant tout à rétablir un équilibre intérieur.

Nos difficultés – qu’elles soient physiques (douleurs, maladies, tensions), émotionnelles (stress, anxiété, instabilité) ou existentielles (mal-être, perte de sens) – trouvent très souvent leur origine dans un déséquilibre, un excès ou une carence.

La pratique du yoga cherche donc à restaurer une forme d’harmonie en nous, en jouant sur des balancements subtils :

  • réduire ce qui est en excès,

  • renforcer ce qui est affaibli,

  • stabiliser ce qui est dispersé,

  • assouplir ce qui est figé.

C’est précisément cette logique que l’on retrouve dans l’approche ayurvédique.


L’éclairage de l’Ayurvéda

L’Ayurvéda – littéralement « science de la vie » – est une approche holistique du bien-être issue de la tradition indienne, dont les origines remontent au deuxième millénaire avant notre ère.

Elle est aujourd’hui encore largement utilisée en Inde et reconnue comme un pilier fondamental de la santé et de la prévention.

L’Ayurvéda ne se limite pas au classement des maladies ou aux préparations traditionnelles :

elle vise plus largement une meilleure connaissance de soi, en identifiant notre manière singulière de fonctionner sur les plans physique, émotionnel et mental.

Son socle repose sur la compréhension des trois doshas, considérés comme les grandes énergies du vivant.

Ces doshas sont eux-mêmes issus de la combinaison des cinq éléments : terre, eau, feu, air et espace (ou éther).


Les trois doshas

Vata

  • Combinaison : air + espace

  • Centres énergétiques dominants : cœur et gorge

  • Nature : énergie du mouvement, de la circulation, du changement

Vata gouverne la respiration, la mobilité, le système nerveux, la créativité… mais aussi l’agitation lorsqu’il est en excès.


Pitta

  • Combinaison : feu + eau (dans une moindre mesure)

  • Centres énergétiques dominants : plexus solaire et deuxième chakra

  • Nature : énergie de transformation

Pitta est lié à la digestion, à la clarté mentale, à la capacité d’agir et de décider. En excès, il peut générer tension, irritabilité ou surchauffe.


Kapha

  • Combinaison : terre + eau

  • Centres énergétiques dominants : chakra racine et deuxième chakra

  • Nature : énergie de cohésion et de stabilité

Kapha apporte force, endurance, structure et ancrage. Lorsqu’il domine trop, il peut conduire à la lourdeur, à la rigidité ou à l’inertie.


👉 La plupart d’entre nous possèdent deux doshas dominants et un troisième plus secondaire.


Adapter sa pratique de yoga à son profil

La clé n’est pas de renforcer encore ce qui est déjà dominant, mais bien de rééquilibrer.

Dans une pratique de yoga individualisée, l’objectif est donc :

  • de stimuler les doshas secondaires,

  • de modérer les doshas principaux lorsqu’ils sont en excès,

  • et d’installer une harmonie globale dans le corps et le système nerveux.

Exemple

Les profils à dominante Kapha ont souvent une structure solide, des muscles forts et une certaine stabilité articulaire.

Ils auront donc tout intérêt à intégrer des postures favorisant :

  • la mobilité,

  • l’ouverture de la poitrine et des épaules,

  • la stimulation du souffle,

  • le dynamisme et la légèreté.

À l’inverse, une personne très Vata bénéficiera davantage de postures lentes, d’ancrage, de stabilité et de régularité.


Vers une pratique réellement personnalisée

On  comprend maintenant pourquoi il est délicat – voire trompeur – de proposer une liste universelle de « postures idéales ».

La bonne posture n’existe pas en soi : elle dépend toujours de la personne qui la pratique, du moment de sa vie et de son état intérieur.

C’est précisément pour cette raison que, dans un accompagnement individuel, j’accorde une grande importance à la compréhension du profil global de l’élève.


Aller plus loin

Pour identifier son profil ayurvédique, il existe de nombreux tests en ligne.

À titre indicatif, j’apprécie particulièrement celui-ci :

👉 https://www.ayuin.fr/decouvrez-votre-dosha/

On  peut ensuite m’envoyer la proportion des doshas tels qu'ils ressortent du test.

Je me ferai un plaisir de  proposer des axes de pratique et des postures adaptées, afin que le yoga devienne un véritable outil d’équilibre, et non une simple répétition de formes.