samedi 26 septembre 2026

Séance de Yin Yoga — lundi 28 septembre, 19h30 - Ralentir et devenir observateur.

 

Le Sommeil de Vishnou — ralentir et devenir observateur


Ralentir. Sentir le temps passer. Regarder le corps, les émotions et les pensées aller et venir — sans les suivre.

Nous passons nos journées à courir dans le temps. Lundi soir, nous allons nous asseoir au bord du temps, et le regarder couler.

Cette séance sera une méditation par le corps. Au fil de plusieurs postures yin, tenues longtemps et dans le calme, nous observerons trois paysages qui changent sans cesse :

  • le corps — les sensations qui apparaissent, s'intensifient, puis se dissolvent ;
  • les émotions — l'impatience, l'ennui, la douceur, parfois une tristesse ou une joie qui passe ;
  • les pensées — qui arrivent, insistent, puis repartent, comme des nuages.

Et au milieu de tout cela, quelque chose ne bouge pas : celui ou celle qui observe. C'est lui que nous irons chercher.

Pour nous accompagner, une posture un peu particulière : Vishnou couché, ou Anantasana.



Vishnou couché : se poser sur le côté, et laisser le temps s'étirer.

L'histoire de la posture

Dans les récits de l'Inde ancienne, Vishnou est le dieu qui prend soin du monde et le maintient en équilibre.

On raconte qu'entre deux mondes, quand l'ancien s'est effacé et que le nouveau n'est pas encore né, il ne reste qu'un immense océan calme. Sur cet océan flotte un grand serpent enroulé sur lui-même, qui s'appelle Ananta — ce qui veut dire « l'infini », « sans fin ».

Vishnou est couché sur ce serpent comme sur un lit, allongé sur le côté, la tête posée dans sa main, parfaitement détendu. Il semble dormir… mais il ne dort pas vraiment. Il est dans un repos conscient : le corps au repos, l'esprit éveillé. Et dans ce calme, sans aucun effort, il rêve le monde qui va naître.

Ce que cette histoire nous dit

  • On peut être au repos et éveillé en même temps.
  • Vishnou se laisse porter par l'infini : il n'a rien à tenir.
  • Ralentir n'est pas perdre son temps : c'est dans le calme que quelque chose de neuf peut naître.

La posture : s'engager, puis relâcher

Vishnou couché vient du hatha yoga : c'est une posture active, qui demande de l'équilibre et de l'étirement. Nous allons la garder telle quelle, mais la vivre à la manière du yin. D'abord, on s'engage pleinement dans la posture. Ensuite, zone par zone, on relâche un peu de l'effort, jusqu'à ne garder que le strict nécessaire.

S'installer

  1. Allonge-toi sur le côté droit, le corps sur une seule ligne, des talons au sommet du crâne.
  2. Plie le coude droit et pose la tête dans la main droite.
  3. Plie le genou gauche et attrape le gros orteil gauche avec les deux premiers doigts de la main gauche — ou passe une sangle sous la plante du pied.
  4. Déplie la jambe gauche vers le ciel, aussi loin que c'est confortable. Le genou peut rester légèrement plié.
  5. Trouve ton équilibre. Respire.

Relâcher, zone par zone

À adapter : en cas de fragilité à la hanche, au dos ou à l'épaule, garde le genou plié, utilise une sangle, et pose la tête sur le bras allongé plutôt que dans la main. Tu peux aussi t'allonger le dos contre un mur pour ne plus avoir à chercher l'équilibre.

Les bienfaits

Pour le corps

  • Étire l'arrière et l'intérieur des jambes, souvent raides avec l'âge et la position assise.
  • Assouplit la hanche.
  • Allonge le flanc et la colonne sur le côté, une direction que l'on explore rarement.
  • Développe l'équilibre et la stabilité.

Pour l'esprit

  • La position couchée sur le côté est la position naturelle du repos : elle apaise le système nerveux.
  • Passer de l'effort au relâchement apprend à faire la différence entre tenir et être tenu.
  • La posture demande une attention fine et délicate : elle ramène naturellement dans l'instant présent.

Ce qu'il faut apprendre à lâcher

  • L'image de la posture. Pas besoin d'une jambe parfaitement tendue. La posture juste, c'est celle où tu peux rester en paix.
  • L'effort inutile. Garde seulement ce qui est nécessaire pour rester en place. Tout le reste peut partir.
  • Le désir d'aller plus loin. Ici, c'est le temps qui fait le travail, pas la force.
  • L'envie que ça finisse. Remarque-la. Ne lui obéis pas. Regarde-la, elle aussi, comme une pensée qui passe.
  • Le contrôle du souffle. Laisse la respiration aller et venir toute seule, comme une vague.

Être observateur

Tu es couché·e sur le côté, comme Vishnou sur l'océan.
Sous toi, le sol te porte. Tu n'as plus rien à retenir.

Laisse le temps s'étirer.
Ici, il n'y a nulle part où aller, rien à réussir.
Juste ce souffle, puis le suivant.

Dans la jambe, une sensation.
Ne la combats pas, ne la cherche pas. Regarde-la.
Elle est vivante. Elle change. Elle passe.

Peut-être qu'une émotion traverse le cœur.
Une impatience, une fatigue, une douceur inattendue.
Salue-la comme on salue quelqu'un qui passe sur le chemin.
Elle vient. Elle s'en va.

Et les pensées…
Elles arrivent comme des vagues sur l'océan.
Certaines sont petites, d'autres hautes et bruyantes.
Toutes retournent à l'océan.
L'océan, lui, ne se lève pas avec la vague. Il reste.

Tu es cet océan.
Tu es ce qui reste quand tout passe.
Le corps change, les émotions changent, les pensées changent —
et quelque chose en toi regarde, tranquille, sans juger.

Vishnou semble dormir, et pourtant il veille.
Il ne fait rien, et pourtant, de son calme, naît un monde.

Toi aussi, repose-toi dans ce calme.
Ne fais rien.
Observe.
Et laisse le temps passer à travers toi, comme la lumière à travers l'eau.

Pour terminer

Lundi soir, nous ralentirons ensemble. Nous regarderons notre corps, nos émotions et nos pensées passer comme des nuages. Garde avec toi, cette semaine, ce petit observateur tranquille. Dans une file d'attente, dans un embouteillage, dans une conversation difficile : un souffle, et tu peux redevenir l'océan plutôt que la vague.

vendredi 25 septembre 2026

Lecture méditative du WE des 26 et 27 septembre 2026 — Le chakra couronne

 

Le lotus aux mille pétales

Revenir au Tout



1. Le chemin parcouru

Depuis quelques semaines , nous avons fait ensemble un long voyage. Nous sommes partis du sol, de la racine, là où se logent nos peurs les plus anciennes et notre besoin de sécurité. Nous avons appris la fluidité du bassin, le feu de l'engagement, la tendresse du cœur qui pardonne, la voix qui dit juste. La semaine dernière, avec le troisième œil, nous avons découvert que l'intuition n'est pas seulement une faculté : c'est une présence qui voit, et qu'au fond, celui qui observe et ce qui est observé ne font qu'un.

Cette découverte est une porte entrouverte. Au-delà, il y a le dernier centre, le septième : Sahasrara, le lotus aux mille pétales, qui s'épanouit au sommet de la tête. C'est là que notre voyage trouve son couronnement… et, comme nous le verrons, là aussi qu'il recommence.

Pause. Ferme un instant les yeux. Sens ton corps posé, ton souffle qui va et vient. Ne cherche rien encore. Laisse simplement remonter en toi le souvenir de ces semaines de pratique.

2. Faire le point : une halte d'honnêteté

Avant de parler d'ouverture à l'univers, il faut une étape plus modeste, mais essentielle : regarder avec honnêteté où nous en sommes. On ne s'élance pas vers le sommet sans vérifier ses appuis. Une couronne posée sur des fondations fragiles ne tient pas longtemps.

Je te propose de parcourir tes six premiers centres, calmement, comme on fait le tour de sa maison avant un long voyage. Pour chacun, une ou deux questions. Pas pour te juger : pour voir.

La racine — Est-ce que je me sens en sécurité dans ma vie, ou est-ce que je vis encore dans la peur de manquer ?

Le bassin — Est-ce que je laisse la vie couler, ou est-ce que je me raidis dès que les choses changent ?

Le plexus — Est-ce que j'agis avec engagement… sans vouloir tout contrôler ?

Le cœur — Qu'est-ce que je n'ai pas encore pardonné, aux autres ou à moi-même ?

La gorge — Ma parole est-elle juste, fidèle à ce que je suis vraiment ?

Le troisième œil — Est-ce que j'écoute ma voix intérieure, ou seulement celle de la peur ?

Peut-être que certaines questions t'ont paru légères, et que d'autres ont touché un point sensible. C'est précieux. Car voici quelque chose d'important : aucun centre n'est jamais « terminé ». Nous ne sommes pas des élèves qui valident un niveau avant de passer au suivant. L'équilibre se cherche et se retrouve chaque jour, au fil des saisons de la vie.

Voir ce qui reste à mûrir en nous, sans se décourager, c'est déjà une forme d'ouverture. C'est déjà un peu de lumière qui entre par le sommet.

3. Le cycle : descendre, puis remonter

Le mot « cycle » n'est pas choisi au hasard. Dans la vision du yoga, la conscience descend d'abord dans la matière. Elle vient habiter un corps, traverser des désirs, des relations, des joies, des épreuves. Elle fait l'expérience de la densité, de la séparation, de la limite. Et puis, petit à petit, elle remonte vers quelque chose de plus subtil, de plus vaste.

Cette descente n'est pas une erreur, ni une chute dont il faudrait s'échapper au plus vite. C'est une expérience. Et la remontée n'est pas une fuite du monde : elle emporte avec elle tout ce qu'elle a appris en bas. Le lotus ne renie pas la boue dans laquelle il a pris racine ; c'est d'elle qu'il tire sa force pour fleurir.

Sri Aurobindo (1872-1950)

Né à Calcutta, formé en Angleterre à Cambridge, Aurobindo fut d'abord un homme d'action, engagé dans la lutte pour l'indépendance de l'Inde. Emprisonné en 1908, il vit en cellule une expérience intérieure bouleversante : il perçoit le divin partout, dans les murs, dans les arbres de la cour, dans les visages de ses codétenus. En 1910, il se retire à Pondichéry, où il consacre le reste de sa vie à la pratique et à l'écriture.

Au cœur de sa pensée, il y a justement ce double mouvement : l'esprit qui descend dans la matière, puis la conscience qui s'éveille et remonte. Mais Aurobindo refusait une spiritualité qui tournerait le dos au monde. Pour lui, le but n'est pas de s'évader vers le haut, mais de laisser la lumière d'en haut transformer la vie d'ici-bas : le corps, les relations, le quotidien. C'est ce qu'il appelait le yoga intégral.

Son grand ouvrage sur la pratique s'ouvre sur une phrase de trois mots : « Toute la vie est yoga. »

Voilà qui change notre regard sur le chakra couronne. Il n'est pas une sortie de secours au-dessus de la tête. Il est le lieu où le ciel et la terre se rejoignent en nous.

Pause. Pense à une épreuve que tu as traversée. Qu'est-ce qu'elle t'a appris que tu n'aurais pu apprendre autrement ? Accueille-la, un instant, comme une partie du chemin.

4. Le lotus aux mille pétales

Sahasrara n'est pas vraiment un centre comme les autres. Les textes le situent au sommet du crâne, ou même juste au-dessus. C'est moins un lieu qu'un espace qui s'ouvre. Ses mille pétales disent l'infini : ce qui ne se compte plus, ce qui ne se mesure plus.

On parle souvent, à son sujet, de « dissolution de l'ego ». L'expression peut faire peur, comme s'il fallait disparaître, cesser d'être quelqu'un. Ce n'est pas cela. Ce qui se dissout, ce n'est pas la personne : c'est la crispation. L'idée d'être séparé de tout. Le sentiment de devoir tout porter seul, tout décider seul, tout réussir seul.

Quand cette crispation se relâche, il reste quelqu'un, bien sûr. Mais quelqu'un de plus léger. Quelqu'un qui peut enfin s'ouvrir à une force et une direction plus grandes que lui, et s'y laisser guider.

5. Le grimpeur et la montagne



Imagine un alpiniste qui monte vers un sommet. Pendant longtemps, il pense à sa performance, à son effort, à sa victoire sur la montagne. Il est le héros de sa propre histoire. Et puis un jour, au détour d'un col, dans le silence de l'altitude, quelque chose bascule. Il ne se sent plus en face de la montagne. Il se sent dans la montagne, porté par elle, fait de la même roche, du même vent, de la même lumière.

« Le couronnement n'est pas d'atteindre le sommet, c'est de ne plus se croire séparé de la montagne. »

Nous sommes, finalement, un élément de l'univers. Vu sous cet angle, notre petit rôle individuel, quand nous le prenons pour le centre du monde, est bien illusoire.

Mais attention : illusoire ne veut pas dire insignifiant. Le grimpeur continue de marcher, de poser un pied devant l'autre, de choisir son chemin. Simplement, il ne marche plus contre la montagne : il marche avec elle. Notre rôle garde toute sa valeur dès lors qu'il cesse d'être une affirmation de soi pour devenir une participation. Nous ne sommes pas le tout. Mais nous en sommes une note, et la musique a besoin de chaque note.

Dans ma vie aujourd'hui, où est-ce que je marche encore contre la montagne ?
Et où est-ce que je sens, parfois, que je suis porté ?

6. Le couronnement d'une vie

On pourrait voir dans Sahasrara le couronnement d'une vie : une vie où l'on a peu à peu trouvé l'équilibre dans chacun de ses centres, et appris à s'harmoniser avec la vie universelle.

Mais ce couronnement ne ressemble pas à une médaille qu'on accroche au mur. Personne ne « possède » le septième chakra. On n'y arrive pas une fois pour toutes : on y goûte, par instants. Dans une méditation où le temps s'arrête. Devant un coucher de soleil. Dans le regard d'un enfant, ou d'un ami en fin de vie. Dans ces moments où, sans savoir pourquoi, on se sent profondément à sa place dans l'univers.

Et puis, le cycle continue. La couronne ne flotte pas au-dessus de nous, détachée : elle est reliée à la racine. Celui qui a goûté à l'ouverture redescend dans sa vie concrète, dans son corps, dans ses relations, plus présent, plus aimant. C'est la boucle du yoga : monter vers le ciel pour mieux habiter la terre. Et c'est pourquoi, la semaine prochaine, nous pourrons retrouver nos racines avec un regard neuf.

Pause. Souviens-toi d'un de ces instants où tu t'es senti à ta place, relié à plus grand que toi. Laisse ce souvenir habiter ton corps quelques respirations.

7. Invitations pour la semaine

🌱 Le voyage aller-retour
Assis ou allongé, porte ton attention successivement sur chacun des sept centres, de la base de la colonne jusqu'au sommet de la tête. Reste trois respirations sur chacun. Puis refais le chemin en sens inverse, de la couronne jusqu'à la racine. Sens les deux mouvements du cycle : la montée vers le subtil, la descente vers la terre.

🌱 Le silence au sommet
Pendant cinq minutes, pose doucement ton attention juste au-dessus de ta tête. Ne cherche rien, ne visualise rien. Laisse seulement l'espace s'ouvrir, comme un ciel.

🌱 Faire partie du paysage
Offre-toi un moment dehors, sous le ciel d'automne. Regarde les arbres, les nuages, la lumière qui change. Essaie de ne pas être spectateur du paysage, mais de t'y sentir inclus, comme un arbre parmi les arbres.

🌱 L'offrande
Au début de ta pratique, cette semaine, dédie-la à quelque chose de plus grand que toi : une personne, une cause, la vie elle-même. Et observe si cela change la qualité de ta présence.


Que la lumière du sommet descende jusque dans tes racines,
et que tes racines te portent jusqu'au ciel.

Namaste 🙏
Alberto — The Mountaineering Yogi

mardi 22 septembre 2026

Séance de flow du 24 septembre 2026 - Fluidifier le système lymphatique

 

Il existe, sous la peau, un fleuve que l'on ne voit jamais couler.

Contrairement au sang, il n'a pas de cœur pour le propulser. Il dépend entièrement de nous : de notre souffle, de notre mouvement, de notre attention. Quand nous bougeons peu, il stagne. Quand nous respirons profondément et que le corps s'anime, il retrouve son chemin.

C'est ce fleuve silencieux, le système lymphatique, que nous allons explorer et remettre en mouvement dans cette séance.

Le système lymphatique : un fleuve sans pompe

Le système lymphatique est un vaste réseau de vaisseaux et de ganglions qui parcourt tout le corps, en parallèle du système sanguin. Il transporte la lymphe : un liquide clair chargé de déchets cellulaires, d'excès de liquide tissulaire et de cellules immunitaires.

À chaque ganglion — dans le cou, les aisselles, l'aine — la lymphe est filtrée : les éléments indésirables y sont interceptés, les défenses immunitaires y sont activées.

Mais à la différence du sang, la lymphe n'a pas de cœur pour la faire circuler. Son seul moteur, c'est nous : la contraction des muscles, le mouvement du diaphragme lors de la respiration, la gravité. Sans mouvement, elle s'alourdit et stagne ; avec lui, elle circule et purifie.

🌱 Pourquoi c'est essentiel

— Élimine les déchets et les toxines accumulés dans les tissus

— Maintient l'équilibre des liquides du corps, évite la rétention d'eau

— Soutient les défenses immunitaires en filtrant ce qui ne doit pas circuler

— Allège le corps : moins de stagnation, plus de légèreté

D'où viennent les blocages

La vie sédentaire est la première responsable : de longues heures assises ou debout, immobiles, privent la lymphe de son moteur musculaire. À cela s'ajoutent une respiration superficielle — le stress nous fait respirer petit, or c'est justement le grand mouvement du diaphragme qui pompe la lymphe vers le cœur —, le manque d'hydratation, les vêtements ou chaussures trop serrés, la chaleur, et tout simplement l'âge, qui réduit naturellement le tonus musculaire.

Le corps a ses façons, souvent discrètes, de nous signaler que cette circulation ralentit.

👣 Les signes à reconnaître

Pieds, chevilles ou mains gonflés en fin de journée, surtout après une station assise ou debout prolongée.

Bagues qui serrent soudainement, marques de chaussettes ou de vêtements qui persistent longtemps sur la peau.

Jambes lourdes, sensation de gonflement ou de tension diffuse.

Visage bouffi ou paupières gonflées au réveil.

Ganglions sensibles au toucher, au niveau du cou, des aisselles ou de l'aine.

Fatigue diffuse, sensation d'un corps qui « stagne », plus lourd sans raison apparente.

Aucun de ces signes n'est alarmant en soi : ce sont des invitations du corps à bouger, respirer, et l'aider à retrouver sa fluidité.

Le rôle du flow : remettre le fleuve en mouvement

C'est précisément là que le yoga, et le flow en particulier, trouve toute sa pertinence. Par la succession continue des postures, chaque contraction musculaire suivie d'un relâchement agit comme une pompe naturelle, propulsant la lymphe le long de son réseau.

La respiration profonde et ample du flow — ce grand mouvement du diaphragme — amplifie ce pompage à chaque inspiration et expiration. Les torsions viennent presser puis relâcher l'abdomen et le bassin, là où se concentrent de nombreux ganglions. Les inversions, elles, utilisent la gravité pour faire redescendre — ou plutôt remonter — ce qui s'était accumulé dans le bas du corps. Et chaque mobilisation des poignets, des chevilles, des aisselles vient stimuler les zones où la lymphe circule le plus densément.

Le flow n'est donc pas seulement un enchaînement fluide de postures : il est, littéralement, une pratique qui fait circuler.


🕯️ Posture cible : Sarvāngāsana, la chandelle

La chandelle porte bien son nom : le corps s'élève, vertical, immobile comme une flamme droite. C'est l'inversion par excellence — tout le corps se renverse, et avec lui, tout ce qui stagnait dans les jambes.

En renversant la gravité, Sarvāngāsana offre à la lymphe et au sang veineux un retour direct vers le cœur, sans effort musculaire à fournir. C'est un drainage complet, silencieux, presque sans rien faire — sinon être là, droit, et respirer.



💬 Comme une flamme, la chandelle ne s'agite pas : elle s'élève, droite et calme.
Renverser le corps, c'est aussi renverser le regard — laisser remonter ce qui s'était déposé.

🧭 Alignement, pas à pas

  1. Allongé·e sur le dos, une couverture pliée sous les épaules et la nuque au sol, ramener les genoux vers la poitrine.
  2. Presser les bras et les mains dans le sol pour donner de l'élan et faire décoller le bassin, puis soutenir le bas du dos avec les mains, coudes ancrés au sol.
  3. Aligner progressivement les hanches, puis les jambes, à la verticale — le poids repose sur les épaules et les bras, jamais sur la nuque.
  4. Rapprocher la poitrine du menton sans forcer la nuque ; le regard reste doux, tourné vers l'intérieur.
  5. Rester quelques respirations amples, stable et sans crispation dans le visage ni la gorge.
  6. Pour sortir, redescendre les jambes lentement au-dessus de la tête, puis dérouler la colonne vertèbre après vertèbre, très progressivement.

🌿 Bienfaits physiques

  • Draine les liquides accumulés dans les jambes et favorise le retour veineux et lymphatique vers le cœur.
  • Stimule la thyroïde par la légère pression exercée au niveau de la gorge.
  • Renforce les épaules, la nuque et l'ensemble du tronc.
  • Apaise le système nerveux : les inversions ont un effet calmant reconnu.
  • Soulage la lourdeur des jambes après une longue journée debout ou assise.

💜 Dimension énergétique & symbolique

Sur le plan énergétique :

  • Elle stimule Vishuddha, le centre de la gorge, siège de l'expression et de l'écoute intérieure.
  • Elle inverse le sens naturel du flux : ce qui s'était déposé en bas remonte, se clarifie, se purifie.

Sur le plan intérieur :

  • Elle enseigne l'immobilité dans l'effort : rester une flamme droite, stable, même quand tout est renversé.
  • Elle invite à laisser circuler ce qui, en nous aussi, a parfois besoin d'être remis en mouvement.

🔄 Variations & accessibilité

  • Soutien sous les épaules : une ou deux couvertures pliées protègent la nuque et facilitent l'alignement.
  • Contre le mur : jambes appuyées contre un mur pour plus de stabilité et moins d'effort d'équilibre.
  • Version accessible — Viparita Karani : pour toute personne qui préfère éviter la mise en charge sur la nuque, les jambes simplement levées contre le mur offrent les mêmes bienfaits de drainage, sans inversion complète.
  • Sortie prudente : toujours redescendre lentement, sans à-coup, surtout en fin de séance.

⚠️ Précautions & contre-indications

À éviter, ou à remplacer par la version Viparita Karani (jambes au mur), en cas de :

  • Problèmes cervicaux, hernie discale, raideur marquée de la nuque.
  • Hypertension artérielle non contrôlée, glaucome ou problèmes de rétine.
  • Troubles thyroïdiens (la posture stimule directement la thyroïde).
  • Vertiges, migraines, ou toute gêne ressentie une fois en position.

Dans tous les cas : entrer et sortir lentement, ne jamais tourner la tête une fois en chandelle, et privilégier la version soutenue plutôt que la forme la plus verticale.

Une pratique de yoga pour relancer la circulation

Dans la séance à venir, le flow deviendra ce mouvement continu qui fait circuler — les torsions pour presser et relâcher, les enchaînements dynamiques pour activer le pompage musculaire, la respiration ample pour amplifier chaque geste. Et pour finir, la chandelle, comme un renversement final : tout ce qui s'était accumulé en bas du corps retrouve enfin le chemin du retour.

Vers une circulation plus consciente

Prendre soin de son système lymphatique, c'est apprendre à ne pas laisser le corps stagner : bouger régulièrement, respirer profondément, s'hydrater, et de temps à autre, inverser le sens des choses — littéralement, sur le tapis.

Comme une flamme qui reste droite malgré le renversement, nous apprenons à traverser le mouvement sans nous y perdre : à laisser circuler, à laisser se purifier, à laisser s'alléger ce qui, en nous, avait besoin de bouger.

🌊 En résumé

  • La lymphe est un fleuve sans pompe : elle dépend du mouvement, du souffle et de la gravité pour circuler.
  • Pieds gonflés, jambes lourdes, visage bouffi au réveil : autant de signes d'une circulation ralentie.
  • Le flow, par ses enchaînements et sa respiration ample, agit comme une véritable pompe lymphatique.
  • La chandelle inverse le corps et offre un drainage complet, vers le cœur.
  • Faire circuler la lymphe, c'est apprendre à ne rien retenir de ce qui doit passer.

Stage de yoga dans les Cévennes du 18 au 20 juin 2027

 

🌿 Stage de yoga dans les Cévennes

Du 18 au 20 juin 2027

Le souffle, de l’ancrage à l’affirmation

Trois jours pour se poser, respirer, pratiquer et retrouver une présence plus consciente au corps et à soi-même.


Je vous propose un stage de yoga et de méditation dans les Cévennes, au cœur d’un environnement naturel préservé, propice au ressourcement, à la pratique et au partage.

Le stage se déroulera au Hameau de l’Étoile, un lieu que je connais bien et où j’ai déjà participé et organisé plusieurs stages ces dernières années.

Situé à une trentaine de kilomètres au nord de Montpellier, ce petit hameau restauré offre un cadre idéal pour une immersion yogique : calme, nature, simplicité et confort.

Nous ménagerons un peu de temps pendant le stage pour des petites randonnées et découverte de la région (pic Saint-Loup, Gorge du Herault , St Guilhem le Désert ...) 

🧘 Deux professeurs pour un encadrement optimal

Ce stage sera coanimé avec Murielle, que certains d’entre vous connaissent déjà très bien.

Nous serons donc deux professeurs de yoga présents tout au long du week-end. Cela nous permettra d’offrir un accompagnement particulièrement attentif, davantage de corrections individualisées et des adaptations correspondant au niveau et aux possibilités de chacun.





🌬️ Le souffle, de l’ancrage à l’affirmation

Durant ces trois journées, nous explorerons le souffle comme lien entre le corps, l’énergie et la conscience.

🌱 Jour 1 – Le souffle comme facteur d’ancrage

Nous commencerons par revenir aux fondations : sentir le corps, retrouver nos appuis et habiter pleinement l’instant présent.

Le travail sera associé au premier chakra – Muladhara, à la stabilité et à l’enracinement.

💧 Jour 2 – Le souffle comme élément de fluidité

Nous explorerons comment la respiration peut accompagner le mouvement, délier le corps et permettre à l’énergie de circuler avec davantage de liberté.

Le souffle deviendra le lien entre stabilité et mobilité, entre effort et relâchement.

🔥 Jour 3 – Le souffle comme mode d’affirmation

La dernière journée nous conduira vers une pratique plus engagée : utiliser le souffle pour soutenir notre énergie, notre présence et notre capacité à nous affirmer, non pas dans la tension, mais dans une présence consciente et assumée.

🔹 À la découverte des Bandhas

Tout au long du stage, nous aborderons progressivement les contractions fondamentales – les Bandhas :

  • Mula Bandha – la contraction racine
  • Uddiyana Bandha – la contraction abdominale dite « volante »
  • Jalandhara Bandha – la contraction de la gorge

Nous chercherons à comprendre comment ces trois engagements peuvent s’intégrer naturellement à la respiration et à la pratique posturale.

🧘‍♀️ Les pratiques

Ce stage sera une invitation à explorer différentes dimensions du yoga en alternant temps dynamiques et pratiques plus introspectives.

  • Yoga Flow
  • Hatha Yoga
  • Yin Yoga et Yoga Nidra
  • Respiration et Prāṇāyāma
  • Méditation
  • Apprentissage et expérimentation des Bandhas

✨ Deux ateliers spécifiques

⚖️ Atelier Équilibre

Comprendre comment construire l’équilibre à partir des appuis, du regard, du souffle et du centre, avant d’explorer différentes postures d’équilibre adaptées au niveau de chacun.

↗️ Atelier des poussées fondamentales

Explorer les principales directions de poussée dans les postures : pousser dans le sol, s’éloigner de ses appuis, créer de l’espace dans les articulations et comprendre comment une poussée juste peut transformer une posture et lui donner à la fois stabilité et légèreté.

La présence de deux enseignants nous permettra de consacrer davantage de temps à ces ateliers et d’offrir un encadrement optimal, notamment dans l’observation des alignements, les adaptations et les corrections individuelles.






🏡 Hébergement & restauration

L’hébergement se fait sur place, au Hameau de l’Étoile, avec différentes options possibles : chambres, cabanes ou dortoirs, selon les disponibilités.

Le tarif est indicatif, de l’ordre de 100 € par personne et par jour en pension complète.

Les frais d’hébergement et de restauration sont à régler directement au Hameau de l’Étoile.

Le moment venu, je vous transmettrai un code d’inscription permettant de réserver votre hébergement et de choisir le type de logement souhaité, en fonction des disponibilités.

La pension complète comprend la nuitée, le petit déjeuner, les pauses café avec gâteaux maison et fruits, le déjeuner végétarien sous forme de buffet, le dîner flexitarien sous forme de buffet ainsi que l’accès aux boissons.

💶 Frais de stage

220 € pour les membres de l’association
250 € pour les non-membres

Ces frais comprennent l’enseignement du yoga, l’organisation du stage et la location de la salle de pratique.

Ils contribuent également au soutien des actions humanitaires menées en Éthiopie par l’association.

✅ STAGE CONFIRMÉ – INSCRIPTIONS OUVERTES

Le stage est confirmé.

L’inscription devient effective avec le versement d’un acompte de 125 € par personne sur le compte de l'association . Me confirmer l'inscription avec un mail à l'adresse suivante : yogalbertokozlik@gmail.com . Voici le compte :


Le solde sera demandé ultérieurement.

Après réception de l’acompte, je vous transmettrai les informations nécessaires pour la réservation de votre hébergement auprès du Hameau de l’Étoile.

Pour toute inscription ou demande d’information complémentaire, n’hésitez pas à me contacter.

🌿 Au plaisir de partager ensemble ces trois journées de pratique, de respiration et de présence au cœur des Cévennes. 🙏

dimanche 20 septembre 2026

Séance de Hatha Yoga — 21 septembre 2026 - Le bas du dos

 

Le bas du dos : libérer le siège de notre élan

Parmi toutes les personnes qui viennent au yoga, une grande majorité partage la même confidence : « j'ai mal au bas du dos ». C'est presque une banalité tant le mal est répandu. Mais une banalité ne devrait pas devenir une fatalité. Comprendre d'où vient cette douleur est déjà une première façon de s'en libérer.

Pourquoi tant de douleurs dans le bas du dos ?

Le bas du dos, la région lombaire, porte le poids du haut du corps et fait le lien entre le tronc et le bassin. Il est donc sollicité en permanence, et il souffre de nos modes de vie modernes :

  • La sédentarité. Un corps qui bouge peu voit ses muscles s'affaiblir, ses articulations se raidir et sa circulation ralentir. Le dos, privé de mouvement, perd son soutien naturel.
  • La position assise prolongée. Assis, le psoas (le grand muscle profond qui relie les vertèbres lombaires aux cuisses) reste en position raccourcie pendant des heures. Il finit par se contracter durablement et tire sur les vertèbres lombaires vers l'avant.
  • Une courbure lombaire trop prononcée. Ce psoas raccourci accentue la cambrure (hyperlordose). Les vertèbres se compressent, les muscles du bas du dos se crispent pour compenser.
  • Des muscles endormis. Fessiers affaiblis par la position assise, abdominaux peu sollicités : le bas du dos doit alors faire seul un travail qui devrait être partagé.
  • Les tensions du quotidien. Le stress, l'anxiété, la fatigue nerveuse se logent volontiers dans la région lombaire. Le corps serre là où l'esprit s'inquiète.
  • Les mauvaises habitudes de port et de posture : charges soulevées sans préparation, écrans, canapé, sommeil dans une mauvaise position…
  • Les traumatismes : chutes, accidents, efforts brusques, qui laissent parfois des séquelles ou des zones de vigilance durables.
À retenir
Le plus souvent, le mal de dos n'est pas la faute d'une « colonne fragile », mais le résultat d'un déséquilibre : un psoas raccourci, des fessiers et des abdominaux endormis, un dos qui compense. Le yoga propose de rééquilibrer cet ensemble, en douceur et avec régularité.

Quand le dos fait mal, c'est toute la vie qui se rétrécit

Une douleur lombaire ne se limite jamais au dos. Elle raidit nos mouvements, nous fait hésiter avant de nous baisser, de nous relever, de jouer avec nos petits-enfants, de partir en balade. Peu à peu, l'attention se replie sur la zone douloureuse. Il reste moins de place pour l'enthousiasme, pour la joie, pour la curiosité.

On ne vit plus pleinement : on gère. Or le bas du dos est aussi le siège de notre élan, de notre stabilité, de la confiance que nous accordons à nos propres appuis. Le libérer, c'est retrouver un peu de cette légèreté qui donne envie d'avancer.

La Sauterelle (Shalabhasana) : la posture cible




La Sauterelle est une posture allongée sur le ventre, où les jambes se soulèvent derrière soi comme les pattes arrière d'une sauterelle prête à bondir. Elle sollicite précisément la zone qui nous préoccupe : elle réveille et tonifie les muscles du bas du dos et des fessiers, et rappelle au corps comment se stabiliser par l'arrière.

Comment entrer dans la posture
  1. Allonge-toi sur le ventre, jambes tendues et rassemblées, dessus des pieds posés au sol.
  2. Pose le front (ou le menton) au sol, nuque longue et dans l'axe du dos.
  3. Glisse les mains sous les cuisses, paumes vers le sol, ou place les bras le long du corps.
  4. À l'inspiration, enfonce le bas-ventre dans le tapis, contracte les fessiers, allonge les jambes vers l'arrière et soulève-les du sol, sans chercher la hauteur.
  5. Maintiens 15 à 30 secondes en respirant calmement.
  6. À l'expiration, redescends doucement. Repose la joue au sol et laisse le dos se relâcher avant de recommencer.
Version douce : lève une jambe à la fois, puis l'autre. Idéal pour commencer ou pour un dos sensible.

Quelles parties du corps travaillent ?

Les muscles érecteurs du rachis, qui redressent la colonne vertébrale et soutiennent le bas du dos. Les fessiers et les ischio-jambiers, qui soulèvent les jambes. Le transverse de l'abdomen, qui stabilise le bassin. Les quadriceps, qui maintiennent les jambes tendues. Et, si tu ajoutes les bras, le haut du dos et les épaules.

Les bienfaits de la Sauterelle

  • Renforce le bas du dos et toute la chaîne musculaire postérieure, précieux pour prévenir les douleurs.
  • Réveille les fessiers, qui aident à soulager le bas du dos et à mieux répartir les efforts.
  • Assouplit l'avant du corps : en s'engageant vers l'arrière, la posture étire l'avant du bassin et sollicite le psoas, souvent raccourci par la position assise.
  • Améliore la posture : ouvre la poitrine, redresse le haut du dos, contrebalance la position courbée devant l'écran.
  • Masse les organes abdominaux et favorise la digestion.
  • Prépare aux flexions arrière plus profondes comme le Cobra ou l'Arc.
  • Dynamise : cette posture éveille l'énergie, elle redonne de la vitalité et du courage.

Ce qu'il faut ressentir, et ce qu'il faut éviter

Une chaleur ou un travail musculaire dans le bas du dos et les fessiers est normal : c'est le signe que les muscles s'activent. Une douleur vive, un pincement ou une sensation de compression dans les lombaires est un signal d'arrêt.

Précautions et contre-indications
  • Ne cherche pas la hauteur. Quelques centimètres suffisent. Monter trop haut comprime les lombaires au lieu de les renforcer.
  • Allonge avant de lever. Pense à étirer les jambes vers l'arrière et le sommet du crâne vers l'avant, plutôt que de « cambrer ». Serre les fessiers et rentre légèrement le bas-ventre pour protéger les lombaires, surtout si ta cambrure est déjà marquée.
  • Ne bloque pas ta respiration. Respire de façon fluide pendant toute la posture.
  • Garde la nuque longue, sans relever ni tourner la tête.
  • À éviter ou à adapter en cas de hernie discale récente, de lombalgie aiguë, de douleur aux poignets ou aux épaules, d'hypertension non contrôlée, de grossesse avancée.
  • Sors de la posture progressivement et détends le dos au sol avant de te relever.
  • En cas de doute ou de pathologie, demande l'avis de ton médecin avant de pratiquer.
Une invitation
Cette semaine, pose ton attention sur le bas de ton dos. Pas pour le juger, ni pour le réparer, mais simplement pour l'écouter. Que te dit-il quand tu te lèves de ta chaise ? Quand tu t'étires le matin ? Peut-être te demande-t-il simplement un peu plus de mouvement, un peu plus de douceur, un peu plus de présence.


samedi 19 septembre 2026

Lecture méditative du 19/20 septembre 2026 - Se laisser porter

 

Se laisser porter

L'intuition, ou la présence qui voit




Lecture méditative du week-end des 19 et 20 septembre 2026

Installe-toi. Laisse le corps trouver son assise, la colonne s'allonger doucement, les épaules se relâcher. Porte l'attention entre les sourcils, à cet endroit où rien ne se passe et où tout peut se passer. Ferme les yeux, ou pose le regard devant toi. Et respire.

Premier mouvement — Retour sur un chemin

En juin, nous avions parlé de l'intuition comme de la voix qui sait avant que tu comprennes. Nous l'avions comparée à la statue déjà présente dans le marbre, à la musique que Mozart entendait avant de l'écrire. Nous disions : l'intuition ne crie pas, elle chuchote, et il suffit de faire silence pour l'entendre.

Plusieurs semaines ont passé. Nous avons marché, ensemble, de la terre à l'eau, du feu au cœur, jusqu'à la voix. Et aujourd'hui, en revenant à ce même mot, je le regarde autrement. Je crois que ce que je décrivais alors n'était que la moitié du paysage. L'intuition n'est pas seulement une voix qu'on écoute. C'est, plus profondément, une manière d'être là.

Deuxième mouvement — Ajna, ou l'œil unique

Dans la tradition du yoga, l'intuition a une demeure : Ajna, le sixième centre, entre les sourcils. Le mot signifie à la fois « commandement » et « connaissance ». Non pas un ordre qui vient d'en haut, mais une connaissance qui s'impose d'elle-même, comme l'évidence.

On l'appelle souvent le troisième œil. Mais regarde plutôt ce que la tradition raconte : c'est à cet endroit que les trois grands canaux subtils, Idā, Piṅgalā et Suṣumṇā, se rejoignent. Les deux courants qui montaient chacun de leur côté, le lunaire et le solaire, le réceptif et l'actif, ne se combattent plus. Ils se fondent en un seul.

Pense à tout ce que nous vivons en double : deux yeux, deux oreilles, deux bras, deux jambes, un côté droit et un côté gauche, un « pour » et un « contre ». Le mental aime les paires. Il tranche, il compare, il oppose. Le troisième œil est un œil, au singulier. Il ne regarde pas les choses en les opposant, mais en les réconciliant.

Quand les deux yeux ne font plus qu'un, on ne regarde plus le monde : on le rejoint.

Troisième mouvement — Pratibhā, la connaissance qui n'a pas besoin de preuves

Les Yoga Sūtras de Patañjali connaissent bien cette faculté. Ils l'appellent pratibhā : une lumière spontanée de connaissance, qui surgit quand le mental s'est apaisé, sans avoir été fabriquée par lui. Ailleurs, le texte parle d' une sagesse « pleine de vérité », qui naît dans la clarté de la concentration profonde.

Regarde ce que cela change. Dans cette vision, l'intuition n'est pas un talent que certains auraient reçu. C'est ce qui reste quand ce qui encombrait s'est retiré. Elle n'est pas ajoutée à la conscience, elle est la conscience, débarrassée du bruit.

Pour laisser descendre

Y a-t-il, dans ma vie, une question que je poursuis à force de réflexion, alors que la réponse attend peut-être que je m'arrête ?

Quatrième mouvement — Se laisser porter

Le yoga a un nom pour cette confiance : Īśvara praṇidhāna, l'abandon à plus grand que soi. Et la Bhagavad Gītā l'exprime autrement : agir pleinement, sans se crisper sur le fruit de l'action. Faire sa part, puis laisser le flux faire la sienne.

C'est ici que l'intuition rejoint le moment présent. Le mental vit dans le passé, ce qui a déjà été, et dans l'avenir, ce qui pourrait être. Il ne sait pas où poser le pied quand il n'y a que maintenant. L'intuition, elle, ne connaît que maintenant. Elle est la réponse du moment au moment. Être dans le flux, ce n'est pas cesser de choisir. C'est choisir depuis un endroit où l'on n'est plus en lutte avec ce qui se présente.

Une voix inspirante — Ramana Maharshi

Adolescent, dans le sud de l'Inde, Ramana Maharshi (1879–1950) est saisi un jour par une peur soudaine de la mort. Au lieu de fuir, il s'allonge et regarde cette peur en face : « Qui est-ce qui meurt ? Qui suis-je ? » Cette question devient tout son enseignement : l'investigation de soi. Il ne demande pas d'ajouter quoi que ce soit. Il propose de remonter la pensée « je » jusqu'à sa source, pour découvrir qu'en dessous du mental bavard se trouve un silence qui n'a besoin de rien. Il vécut, jusqu'à la fin, au pied de la montagne sacrée d'Arunachala, et beaucoup venaient simplement s'asseoir près de lui.

Cinquième mouvement — Ce qui rend l'intuition juste

Une question honnête s'impose : comment distinguer l'intuition de la peur, ou du désir déguisé ? Car il nous arrive à tous de prendre une angoisse pour un pressentiment, ou un souhait pour une évidence.

Le chemin que nous avons parcouru répond en partie. On ne se laisse porter que si l'on est en sécurité, c'est la racine. Que si l'on est fluide, c'est le deuxième centre. Que si l'on est clair avec soi-même, c'est le troisième. Que si le cœur est ouvert, et que la voix est juste. Chaque centre traversé nettoie un peu la vitre. Ajna n'est pas un sommet isolé : c'est ce qui devient visible quand le reste s'est apaisé.

Un signe : l'intuition juste laisse dans le corps de l'espace, une légèreté, même quand elle demande du courage. La peur, elle, resserre, presse, et exige une réponse tout de suite.

Pour laisser descendre

Quand je pressens quelque chose, mon corps s'ouvre-t-il ou se resserre ? Et qu'est-ce que cela m'apprend sur ce que j'appelle « intuition » ?

Sixième mouvement — Le témoin, ou l'observateur qui est l'observé

Le yoga nomme ' le témoin ' : cette conscience tranquille qui regarde les pensées passer, sans s'y accrocher et sans les repousser. C'est aussi, si l'on veut, ce qui ouvre la porte du dernier centre, Sahasrāra, où le regard cesse d'être personnel et rejoint quelque chose de plus vaste que soi.

Une voix inspirante — Jiddu Krishnamurti

Jiddu Krishnamurti (1895–1986) fut désigné très jeune comme le futur instructeur du monde. En 1929, il dissout l'organisation créée autour de lui et déclare que la vérité est un pays sans chemin : aucune méthode, aucun maître, aucune organisation ne peut y conduire. Il a passé sa vie à inviter chacun à observer, sans juger et sans choisir, et il répétait que l'observateur n'est pas séparé de ce qu'il observe. Celui qui regarde la colère n'est pas quelqu'un d'autre que la colère. Quand cette division tombe, il ne reste plus que le regard. C'est la réconciliation des polarités, vécue de l'intérieur.

Voilà, au fond, ce que le troisième œil nous enseigne : voir sans se mettre en travers.

Septième mouvement — Pratiques pour la semaine

Trois invitations

1. Réconcilier les deux narines. Quelques minutes de Nāḍī Śodhana, la respiration alternée, pour équilibrer Idā et Piṅgalā. Termine en gardant les yeux fermés, l'attention posée entre les sourcils, sans rien chercher.

2. Un moment sans but. Une fois par jour, assis, dans le silence, pendant cinq minutes. Ne pas résoudre, ne pas méditer « bien ». Juste être là, et laisser passer ce qui passe.

3. Le test du corps. Face à un choix, pose-toi la question de la légèreté ou de la contraction. Ne décide pas tout de suite. Observe seulement, un jour, ce que le corps répond.

Dernière question

Si je cessais de vouloir choisir entre deux côtés, qu'est-ce que je verrais qui m'échappe depuis longtemps ?

Reviens maintenant au souffle, sans le diriger. Sens l'espace entre les sourcils, et laisse-le simplement être. Quand tu seras prêt, ouvre les yeux doucement, et laisse la journée te porter.

Belle pratique à toutes et à tous.

samedi 12 septembre 2026

Nouvelles du mois d'Aout 2026

 

Entre Alsace, projets et nouveaux horizons

Le mois d’août est souvent un mois un peu particulier. Beaucoup sont en voyage, en famille, en montagne ou simplement en pause. La chaleur a également invité cette année à ralentir le rythme.

Nos cours ont donc été un peu moins nombreux et notre activité plus calme, mais le lien n’a jamais été rompu. Et ce mois d’août nous a surtout offert un très beau temps fort : notre stage de yoga en Alsace, au Domaine Saint-Jacques, au pied du mont Sainte-Odile.

🧘‍♀️ L’Alsace : une très belle découverte

Nous étions nombreux à nous retrouver pour ce nouveau stage dans une région que nous connaissions encore peu dans le cadre de nos rencontres de yoga.

Le Domaine Saint-Jacques, qui nous avait été recommandé par nos amis alsaciens, fut une véritable découverte.

Difficile d’imaginer cadre plus inspirant pour pratiquer : nos tapis installés sur une terrasse ouverte sur le paysage et les Vosges, avec cette sensation d’espace qui accompagne si bien le travail intérieur.







Mais ce séjour fut aussi l’occasion de découvrir un lieu étonnant : le mont Sainte-Odile.

Dominant la plaine d’Alsace, ce haut lieu chargé d’histoire possède une atmosphère très particulière. Au-delà de sa dimension religieuse et historique, beaucoup d’entre nous ont ressenti quelque chose de difficile à définir : une présence, une force, une profondeur qui semblent habiter le lieu.




L’énigmatique Mur païen, qui entoure une partie du massif et dont l’histoire continue d’interroger, ajoute encore à cette impression. Quelles que soient les interprétations que l’on donne à son passé, il est facile de comprendre pourquoi, au fil des siècles, les hommes ont accordé une importance particulière à cette montagne.





Notre séjour nous a également permis de découvrir un peu mieux les racines alsaciennes de Jean-Luc et Anne, dont la famille est originaire de cette région. Une occasion de pénétrer davantage dans la vie locale, jusque dans ses traditions viticoles, et bien entendu de goûter quelques-uns de ses vins !





🔴🟠🟡 Trois chakras, trois réponses fondamentales à la vie

Le fil conducteur de notre pratique durant ce stage fut consacré aux trois premiers chakras, abordés notamment à travers nos mécanismes fondamentaux face à l’existence.

🔴 Le premier chakra – s’ancrer et s’immobiliser

Nous avons travaillé notre capacité à nous poser, à retrouver la stabilité et à nous enraciner. Avant d’agir, il faut parfois savoir simplement rester là, sentir le sol sous ses pieds et retrouver sa sécurité intérieure.

🟠 Le deuxième chakra – retrouver la fluidité

Avec le deuxième chakra est venue la question du mouvement, de l’adaptation et de la flexibilité. Certaines situations nous demandent de ne pas résister, de contourner l’obstacle ou parfois même de savoir nous éloigner de ce qui ne nous convient plus.

🟡 Le troisième chakra – trouver la force d’agir

Enfin, le troisième chakra nous a conduits vers l’action, l’engagement et l’affirmation de soi : cette capacité à défendre ce qui compte pour nous, à prendre notre place et à exprimer avec clarté ce qui vient profondément de nous-mêmes.

S’immobiliser – s’adapter – agir.

Trois réponses qui appartiennent à la vie elle-même et que le yoga nous permet d’observer avec davantage de conscience.

Ce stage nous a aussi donné le plaisir d’accueillir Manelle et Lili, deux nouvelles pratiquantes qui ont rejoint notre communauté. Bienvenue à toutes les deux !

☀️ Août : ralentir sans perdre le lien

En dehors de cette belle parenthèse alsacienne, le mois d’août fut naturellement plus calme.

Les vacances, les voyages, les randonnées et la chaleur ont quelque peu réduit le rythme de nos cours. Mais peut-être est-ce aussi cela, suivre les saisons : accepter les moments d’intensité et savoir accueillir les périodes où les choses ralentissent.

Le lien entre nous est resté présent et, avec septembre, nous avons déjà retrouvé progressivement le rythme de nos rencontres et de nos pratiques.

🏔️ L’hiver 2027 prend forme

Le mois d’août a également été consacré à préparer et à diffuser notre programme de stages d’hiver 2027.

Et les choses avancent très bien !

Plusieurs séjours sont désormais confirmés, notamment le Val Stura, le Refuge des Fées et le Simplon.

D’autres propositions doivent encore réunir suffisamment de participants pour pouvoir être définitivement confirmées, notamment notre séjour raquettes.

J’espère que les prochaines semaines nous permettront de compléter ce beau programme hivernal.

Tableau complet des stages : 

https://themountaineeringyogi.blogspot.com/2025/07/programmation-des-stages-le-20-juillet.html

🍂 Et déjà les stages d’automne…

Nos prochains stages d’automne ont eux aussi continué à se remplir.

Les rencontres prévues à Chavanod et en Bourgogne affichent désormais pratiquement complet.

Nous pouvons donc déjà commencer à regarder un peu plus loin et préparer progressivement le premier semestre 2027.

Plusieurs beaux rendez-vous se dessinent : Chavanod à nouveau, la Camargue, les Cévennes et, je l’espère, la Grèce avec un retour à Paros si nous réunissons suffisamment de participants.

Autant de lieux différents, mais toujours avec la même envie : pratiquer, découvrir, partager et créer ces moments de vie qui vont bien au-delà de la seule pratique du yoga.

🇪🇹 À Lalibela, nos projets continuent d’avancer

Pendant ce temps, à plusieurs milliers de kilomètres de nous, nos projets humanitaires en Éthiopie continuent eux aussi de progresser.

Deux projets importants mobilisent actuellement particulièrement notre énergie.

🌱 Le Farm Project

Notre projet agricole à Lalibela prend progressivement forme.

De nombreux arbres fruitiers ont maintenant été plantés : avocatiers, manguiers, goyaviers et autres plantations adaptées au terrain.

La saison des pluies est évidemment particulièrement favorable à leur enracinement et à leur croissance.

Il reste encore du travail pour aménager et protéger le terrain, mais, petit à petit, ce qui n’était au départ qu’un projet sur le papier devient quelque chose de bien réel.

🏥 Le futur centre de santé et d’aide humanitaire

Les travaux de terrassement du terrain destiné à accueillir notre futur centre de santé et d’aide humanitaire progressent également.

La priorité actuelle est de consolider correctement le terrain. En pleine saison des pluies, il est essentiel de protéger les flancs aménagés, d’éviter les glissements de terrain et de sécuriser également le passage situé à proximité.

Ce sont des travaux moins spectaculaires qu’un bâtiment qui sort de terre, mais ils constituent une étape indispensable pour pouvoir construire ensuite sur des bases solides.

Là encore, nous avançons étape après étape, en fonction de nos moyens et des réalités locales.

🙏 Et maintenant, septembre…

Ainsi s’achève un mois d’août à la fois plus calme et pourtant riche de belles réalisations.

Je retiendrai particulièrement les images de nos tapis face aux Vosges, la découverte du mont Sainte-Odile, les échanges autour de nos pratiques, les nouveaux visages qui rejoignent notre communauté, mais aussi ces arbres qui commencent à pousser à Lalibela et tous les projets qui prennent doucement forme.

Il y a un temps pour agir, un temps pour construire, un temps pour voyager… et aussi un temps pour simplement laisser les choses mûrir.

Merci à toutes et à tous pour votre présence, votre confiance et votre fidélité.

Et maintenant, retrouvons-nous pour une nouvelle rentrée pleine de projets, de pratiques et de découvertes.

À très bientôt sur les tapis… ou quelque part sur les chemins !


vendredi 11 septembre 2026

Lecture méditative du WE du 12/13 septembre 2026


 

[ Photo à ins

Installons-nous. Laissons le corps trouver son assise, la colonne s'étirer doucement vers le haut, les épaules se relâcher. Portons, aujourd'hui, une attention particulière à la gorge — souvent contractée sans même que nous le remarquions. Fermons les yeux, ou posons le regard doucement devant nous. Et respirons.

🌿 Prenons un instant, avant de continuer. Trois respirations, sans rien changer d'autre — juste pour arriver vraiment ici.

Nous avons parcouru, ensemble, un chemin depuis quelques semaines. La terre, pour apprendre une sécurité qui ne dépend de personne. L'eau, pour nous laisser traverser sans nous briser. Le feu, pour laisser notre intérieur et notre extérieur se rejoindre, sans nous excuser d'exister. Le cœur, enfin, pour apprendre à aimer sans compter. Aujourd'hui, tout ce chemin remonte vers un dernier lieu : la gorge. Vishuddha, le cinquième centre — celui de l'expression, de la voix, de la parole juste.

Voici quelque chose d'essentiel à comprendre avant d'aller plus loin : la gorge ne produit pas sa propre voix. Elle est un porte-voix. Ce qui s'y exprime, c'est ce qui vit encore, en dessous, dans les centres que nous avons déjà traversés — parfois apaisé, parfois pas encore. Écouter notre manière de nous exprimer, c'est donc une façon d'écouter où nous en sommes, vraiment, sur tout le chemin parcouru.

Les voix qui parlent à travers nous

Quand c'est le premier chakra qui parle, la voix peut être ferme, stable, posée — une sécurité tranquille. Mais elle peut aussi être une voix qui insiste, qui répète, qui s'accroche à une certitude parce qu'elle a peur, au fond, de ne pas être en sécurité si elle lâche prise sur ce qu'elle affirme.

Quand c'est le deuxième chakra qui parle, la voix est enthousiaste, enjouée, pleine de sensualité et de plaisir à dire. Mais elle peut aussi devenir une voix de culpabilisation — un discours qui, sans le dire ouvertement, cherche à faire porter à l'autre le poids de ce que nous n'avons pas encore digéré nous-mêmes.

Quand c'est le troisième chakra qui parle, la voix est celle de la conviction, de l'engagement, celle qui se bat pour une idée ou une image. Elle peut être passionnée — ou, à l'exact opposé, elle peut s'effacer complètement, se taire pour ne pas déranger, pour ne pas exister trop. Ces deux voix, si différentes en apparence, viennent souvent de la même racine : la peur de ne pas être assez, ou d'être trop.

Et puis il y a la voix du cœur. Douce, attentive, à l'écoute autant qu'elle parle, pleine d'amour. Elle n'a rien à défendre ni à prouver. Elle n'est pas la seule voix légitime — mais c'est elle qui rend toutes les autres audibles, sans qu'aucune ne prenne toute la place.

« Je n'ai pas à choisir entre me taire et me trahir : il existe une voix qui ne fait ni l'un ni l'autre. »

Je veux être clair sur un point : reconnaître sa dominante n'est pas se juger. Exprimer un besoin, une limite, un désaccord reste toujours légitime — ce n'est jamais cela qu'il s'agit de faire taire. Ce qui mérite d'être observé, c'est ce qui parle à travers ce besoin : est-ce le besoin lui-même, clair et entier, ou est-ce une peur, un manque, une vieille histoire qui profite de l'occasion pour se faire entendre une fois de plus ? Et parfois, la réponse la plus juste n'est pas une parole du tout. Parfois, le silence — un silence choisi, non un silence de peur — en dit et en fait bien plus qu'un mot de plus.

🌑 Le chemin
1.
Reconnaître la dominante. Cette semaine, remarquer simplement, sans se juger, quelle voix parle le plus souvent à travers nous — celle de la sécurité, de l'enthousiasme ou de la culpabilité, de la conviction ou de l'effacement, ou celle du cœur.
2.
Nourrir la gorge, avec le yoga et le souffle. Les torsions douces, les postures qui ouvrent l'espace du cou et des épaules, les respirations sonores (comme Ujjayi), réveillent Vishuddha et lui rappellent sa fonction : transmettre, pas défendre.
3.
Choisir le silence, une fois cette semaine, plutôt que la parole — dans une situation où nous aurions, d'habitude, immédiatement répondu. Observer ce que ce silence choisi change, en nous et dans l'échange.

Ce week-end, je vous invite à observer, avec curiosité et sans vous juger, la voix qui parle le plus souvent à travers vous quand vous vous exprimez. Pas pour la faire taire. Juste pour la reconnaître — et pour laisser, de temps en temps, une autre voix prendre la parole à sa place.

✨ Une voix inspirante
Thich Nhat Hanh a beaucoup enseigné sur ce qu'il appelait la « parole aimante »  — une parole qui prend le temps d'écouter avant de répondre, qui choisit ses mots pour rapprocher plutôt que pour avoir raison, et qui sait, aussi, quand se taire. Il rappelait qu'une parole juste ne se mesure pas à sa force de conviction, mais à ce qu'elle fait grandir chez celui qui l'entend.
💭 Questions à se poser
(à laisser descendre une à une — chacune va un peu plus profond que la précédente)
— Quand je m'exprime, quelle voix parle le plus souvent à travers moi — sécurité, enthousiasme ou culpabilité, conviction ou effacement, ou celle du cœur ?
— Y a-t-il une situation, en ce moment, où j'insiste, où je me justifie, où j'en dis un peu trop — et qu'est-ce qui, en moi, a besoin d'être rassuré derrière ces mots ?
— Y a-t-il, à l'inverse, une situation où je me tais par peur, plutôt que par choix ?
— Si je retirais tout besoin de convaincre, de plaire ou de me protéger, qu'aurais-je encore envie de dire ?
— Quand ai-je, pour la dernière fois, choisi le silence — et qu'ai-je gagné, ou perdu, à le choisir ?
Une voix qui ne cherche ni à convaincre, ni à plaire, ni à se taire par peur, n'a plus besoin de crier pour être entendue.

Belle pratique à toutes et à tous.