mardi 4 novembre 2025

Séance de yin du jeudi 6 novembre 2025 - Entre discipline et lâcher-prise

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 L’équilibre intérieur du yogi


Pour beaucoup d’entre nous, la pratique du yoga évoque le lâcher-prise, la détente, l’abandon au souffle et à l’instant présent.

Pour d’autres, elle représente au contraire la discipline, la rigueur, la persévérance dans l’effort.

Mais où se trouve la vérité ?


La vérité est que ces deux états d’esprit sont nécessaires.

Le yoga est à l’image de la vie : un jeu permanent de polarités — tension et relâchement, effort et repos, inspiration et expiration.

Toute évolution, qu’elle soit corporelle, émotionnelle ou spirituelle, se déroule selon ce rythme naturel : tension – transformation – détente.


Voyons cela plus en profondeur.


1. Le yoga de la discipline : canaliser son énergie et semer l’intention


La discipline yogique n’est pas une contrainte, mais une structure bienveillante qui soutient notre croissance intérieure.

Elle s’exprime à travers les observances morales (yama et niyama), la pratique régulière des postures, la respiration consciente, la concentration et la méditation.


Ces pratiques aident le yogi à ancrer sa détermination et à clarifier son intention (sankalpa).

Définir une intention, c’est semer une graine dans le jardin intérieur.

Chaque fois qu’elle est invoquée, elle oriente subtilement nos pensées, nos gestes et nos comportements.

Peu à peu, la transformation intérieure s’installe — silencieuse, mais profonde.


C’est ainsi que le yogi grandit : en cultivant la cohérence entre ce qu’il pense, ce qu’il ressent et ce qu’il fait.

Cette cohérence lui ouvre progressivement un espace de liberté intérieure.


Déposer une intention, c’est planter une graine de transformation.

Selon la nature de cette intention, on pourra la relier à un centre énergétique :

  • sécurité et enracinement → Muladhara (1er chakra),

  • confiance et affirmation de soi → Manipura (3e chakra),

  • amour et compassion → Anahata (4e chakra), etc.


En plaçant sa conscience dans ce centre, le yogi laisse s’ouvrir le champ des possibles, en accueillant le processus naturel de la transformation.


2. Le yoga du lâcher-prise : faire confiance à la vie


Mais la détermination seule ne suffit pas.

Trop de volonté engendre rigidité et résistance.

Après avoir planté la graine, il faut savoir laisser faire la terre, le temps et la vie.

Celui qui déterre sans cesse sa graine pour vérifier la germination finit par l’empêcher de pousser.


Le lâcher-prise, dans la pratique du Yin Yoga, consiste à s’abandonner à ce qui est, sans vouloir corriger ni accélérer le processus.

C’est une attitude de confiance dans ses ressources intérieures et de détachement du résultat.


Dans cet état d’esprit, on ressent la paix de celui qui sait que, quoi qu’il arrive, tout ira bien.

En cessant de vouloir tout maîtriser par le mental, on économise notre énergie et on retrouve la sérénité du vivant.


La vie universelle suit des cycles — naissance, croissance, décroissance, repos.

Résister à ce mouvement, c’est souffrir.

S’y abandonner, c’est danser avec le flux de la Vie.


3. Trouver le juste milieu : le rythme du Yin et du Yang


L’essence du yoga ne réside ni dans la posture parfaite ni dans la discipline rigide,

mais dans la conscience du cycle : effort → transformation → relâchement.


Chaque pratique, chaque souffle, chaque journée est une alternance subtile de contrôle et de lâcher-prise.

C’est dans ce va-et-vient que le corps s’assouplit, que l’énergie circule, que l’esprit s’éclaircit.


Le Yin Yoga, par sa nature lente et introspective, nous invite à explorer cette alchimie entre volonté et abandon.

Sur le tapis, nous apprenons à écouter la tension sans la fuir, à accueillir le relâchement sans tomber dans l’inertie.

Nous devenons ainsi le témoin du mouvement de la vie en nous.


🪶 

Posture cible : la Libellule (Dragonfly)



La Libellule est une posture emblématique de cet équilibre entre ancrage et abandon.

Assis, les jambes écartées, on s’incline lentement vers l’avant en laissant le poids du haut du corps se déposer dans la gravité.

  • Elle invite à honorer la structure (la base solide des jambes et du bassin), tout en abandonnant le haut du corpsà la terre.

  • Elle ouvre l’espace intérieur, en particulier le foie et les reins, là où résident souvent nos résistances et nos peurs du lâcher-prise.

  • Sur le plan énergétique, elle stimule les méridiens du foie, des reins et de la vessie, favorisant la circulation du Qi et la détox émotionnelle.

  • Sur le plan symbolique, la libellule représente la transformation consciente, la légèreté et la transparence après la mue.


Dans la posture, cherche le point d’équilibre entre maintien et abandon,
entre vigilance et détente.
Observe comment la tension se transforme d’elle-même en ouverture.


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Conclusion : la voie du juste milieu


Le progrès n’est jamais linéaire : il est cyclique, comme les saisons, comme la respiration, comme la vie.

Le yoga nous enseigne à reconnaître ces cycles et à les honorer.

C’est dans cette respiration entre discipline et lâcher-prise, entre intention et abandon,

que le corps, le cœur et la conscience s’ouvrent à la transformation véritable.