mardi 24 mars 2026

Séance de Hatha du 26 mars 2026 - Psoas, Diaphragme et nerf vague


Dans notre pratique du yoga, nous cherchons souvent à relâcher les tensions, à respirer plus librement, à retrouver une sensation d’espace intérieur. Mais derrière ces ressentis se cache une interaction subtile et essentielle entre trois éléments clés du corps : le nerf vague, le diaphragme et le psoas.

Comprendre leur lien, c’est ouvrir une porte vers une pratique plus consciente, plus profonde… et profondément régulatrice pour notre système nerveux.


Le nerf vague : la voie de la sécurité intérieure

Le nerf vague est l’un des piliers du système nerveux parasympathique. Il joue un rôle majeur dans la régulation du stress, du rythme cardiaque, de la digestion et du sentiment global de sécurité.

Lorsque le nerf vague est activé :

  • le cœur ralentit,

  • la respiration s’apaise,

  • la pression sanguine diminue,

  • le corps sort du mode “alerte” pour entrer dans un état de récupération.

Mais ce nerf n’agit pas seul. Il est profondément influencé par notre respiration… et donc par le diaphragme.


Le diaphragme : le pont entre respiration et système nerveux

Le diaphragme est le muscle principal de la respiration. À chaque inspiration, il s’abaisse ; à chaque expiration, il remonte.

Mais au-delà de ce mouvement mécanique, il est aussi un pont direct vers le système nerveux.

Une respiration :

  • lente,

  • profonde,

  • fluide,

stimule le nerf vague et favorise l’état parasympathique.

À l’inverse, un diaphragme tendu ou figé entraîne :

Et c’est ici que le psoas entre en jeu.


Le psoas : le muscle de la survie et des émotions

Le psoas est souvent appelé le “muscle de l’âme”. Il relie le bas du dos aux jambes et joue un rôle essentiel dans la posture et le mouvement.

Mais il est surtout intimement lié au système nerveux et à la réponse de stress.

En situation de tension ou d’insécurité :

  • le psoas se contracte,

  • le corps se prépare à fuir ou à lutter.

Un psoas chroniquement tendu peut entraîner :

  • des douleurs lombaires,

  • une respiration limitée,

  • une difficulté à se détendre profondément.

Et surtout, il agit directement sur le diaphragme.


Une interaction profonde : diaphragme, psoas et nerf vague

Le diaphragme et le psoas sont physiquement et fonctionnellement liés.

Lorsque le psoas est tendu :

→ il limite la mobilité du diaphragme

→ la respiration devient plus superficielle

→ le nerf vague est moins stimulé

→ le corps reste en état d’alerte

À l’inverse, lorsque nous relâchons le psoas :

→ le diaphragme retrouve de l’amplitude

→ la respiration s’approfondit

→ le nerf vague s’active

→ un sentiment de sécurité émerge

C’est un cercle vertueux.


Le yoga comme outil de régulation profonde

La pratique du yoga agit simultanément sur ces trois dimensions :

1. Par la respiration (pranayama)

  • respiration lente et consciente,

  • allongement de l’expiration,

  • observation du souffle,

→ stimule directement le nerf vague.

2. Par les postures

  • ouverture des hanches,

  • étirement doux du psoas,

  • relâchement du ventre,

→ libèrent les tensions profondes.

3. Par la présence

  • écoute des sensations,

  • absence de forçage,

  • micro-ajustements,

→ permettent au système nerveux de se sentir en sécurité.


Ressentir plutôt que faire

Dans cette approche, l’objectif n’est pas de “réussir” une posture, mais de ressentir :

  • la détente progressive du psoas,

  • le souffle qui descend plus profondément,

  • le mouvement du diaphragme qui s’élargit,

  • l’apaisement du rythme intérieur.

C’est dans cette qualité d’écoute que le corps se régule.


Posture cible : le croissant bas (Anjaneyasana)



Pour cette séance, nous prendrons comme posture cible le croissant bas.

Cette posture permet :

  • un étirement en douceur du psoas de la jambe arrière,

  • une ouverture de l’avant du corps,

  • une libération du diaphragme,

  • une respiration plus ample et consciente.

Points d’attention :

  • bassin en légère rétroversion pour protéger le bas du dos,

  • engagement doux, sans forcer l’étirement,

  • relâchement du ventre pour laisser respirer le diaphragme,

  • respiration lente et profonde.

Ressenti recherché :

  • une sensation d’espace dans le bas-ventre,

  • une respiration qui descend plus librement,

  • un relâchement global du corps,

  • un apaisement progressif du mental.


Vers un état de sécurité intérieure

Lorsque le diaphragme retrouve sa mobilité et que le psoas se relâche, le message envoyé au système nerveux est clair :

“Tu peux te détendre. Tu es en sécurité.”

C’est alors que le nerf vague peut pleinement jouer son rôle :

  • apaiser,

  • réguler,

  • restaurer.

Et c’est là, dans cet espace, que la pratique du yoga prend toute sa dimension :

non pas seulement comme mouvement… mais comme chemin vers l’équilibre intérieur.