vendredi 28 août 2026

Voyage en Ethiopie Episode 4/4 -

Voyage en Éthiopie · Épisode 4

Une idée présente depuis les débuts de notre association prend aujourd’hui une forme concrète à Lalibela.

Lorsque nous avons commencé à réfléchir à la création de notre ASBL, une idée s’est très vite imposée dans nos échanges avec nos correspondants locaux : ouvrir un lieu qui puisse venir en aide aux personnes les plus vulnérables de Lalibela. Nous imaginions déjà un centre à la fois humanitaire et consacré à la santé, capable de soutenir celles et ceux qui n’ont ni famille, ni revenu, ni parfois même de quoi se nourrir.

À cette époque, nous ne disposions toutefois ni des moyens financiers nécessaires pour construire un tel centre, ni de l’expérience suffisante pour mener immédiatement un projet de cette ampleur. Nous avons donc commencé plus modestement, d’une manière presque artisanale, en répondant aux urgences une à une.

Nous avons aidé directement des orphelins, des personnes sans abri et des familles plongées dans une très grande précarité. Lorsque cela était possible, nous avons recherché des familles d’accueil, notamment pour les enfants. Par la suite, d’autres initiatives ont vu le jour, parmi lesquelles le projet de ferme solidaire. Mais, en arrière-plan, l’idée d’un centre humanitaire et de santé ne nous a jamais quittés.

L’idée fondatrice

Réunir dans un même lieu l’aide médicale et l’aide humanitaire : soigner, nourrir et, à terme, offrir un abri temporaire aux personnes les plus démunies.

La santé, une préoccupation essentielle

En Éthiopie, lorsque quelqu’un prend de vos nouvelles, il demande très souvent d’abord : « Comment va ta santé ? » Et la question n’est pas une simple formule de politesse : elle est généralement suivie de questions précises et attentives. La santé occupe une place centrale dans les préoccupations quotidiennes, car la maladie peut très rapidement devenir un drame pour une personne qui ne possède aucune ressource.

Cette réalité nous était régulièrement rapportée par une jeune femme originaire d’une famille très pauvre dont nous avions financé les études de pharmacie. Réussir ses études représentait déjà pour elle quelque chose d’extraordinaire. Une fois diplômée, elle a fait le choix de revenir à Lalibela afin de mettre ses compétences au service de sa communauté.

Son souhait n’était pas seulement d’exercer un métier, mais de permettre aux plus pauvres d’accéder eux aussi aux médicaments et aux soins.

La naissance d’une pharmacie solidaire

Nous avons alors décidé de l’aider à ouvrir une pharmacie solidaire. Son rôle serait de proposer des médicaments à des prix modiques lorsque les personnes pouvaient contribuer, de fournir gratuitement certains médicaments ou du matériel de soins aux plus démunis, et de soutenir également les dispensaires locaux, eux-mêmes souvent dépendants d’organisations caritatives.

La mise en place fut longue et complexe. Il fallut trouver un local adapté, obtenir les autorisations administratives, ainsi que la licence nécessaire. Une pharmacienne venant de terminer ses études ne pouvait pas ouvrir seule un établissement : elle devait notamment travailler sous la responsabilité d’un tuteur. Le local devait aussi répondre à de nombreuses exigences en matière de surface, d’accès pour les personnes handicapées, d’électricité et d’eau.

Malgré ces obstacles, une première petite pharmacie a finalement pu ouvrir ses portes. Mois après mois, nous avons constitué un stock de médicaments et de matériel de soins.

La pharmacienne évalue elle-même la situation de chaque personne et décide de l’aide à apporter. Vivant sur place, elle connaît les familles et leurs réalités bien mieux que nous ne pourrions les connaître à distance.

Un projet fondé sur la confiance

Nous faisons confiance à notre responsable locale pour distinguer les personnes capables de payer leurs médicaments de celles qui ont besoin d’une aide partielle ou complète. Cette connaissance du terrain est indispensable à la justesse du projet.





La première pharmacie solidaire et ses débuts à Lalibela

Une fermeture brutale, puis un nouveau départ

Malheureusement, cette première pharmacie a dû fermer ses portes dans la précipitation. Dans le contexte politique et militaire de l’époque, certains militaires ont estimé que les propriétaires du local appartenaient à des familles liées à la rébellion. Le simple paiement du loyer pouvait dès lors être interprété comme une forme de soutien indirect.

En l’espace de deux jours, il a fallu évacuer la pharmacie, sauver les médicaments et les placer en lieu sûr. Il nous fallait ensuite trouver un autre local répondant à toutes les normes et recommencer les démarches d’autorisation.

Un second lieu, mieux sécurisé, a finalement été trouvé. Son loyer était cependant deux fois plus élevé. Après de nouvelles démarches, la pharmacie a pu reprendre son activité. Elle s’est progressivement développée au point d’approvisionner aujourd’hui sept dispensaires locaux, en plus de l’aide apportée directement à la population.

PREMIER LIEU :
Ouverture d’une petite pharmacie et constitution progressive du stock.

DÉPLACEMENT FORCÉ :
Évacuation rapide des médicaments et nouvelle recherche de local.

DEUXIÈME LIEU :
Reprise de l’activité et approvisionnement de sept dispensaires.




La seconde pharmacie, plus sûre mais beaucoup plus coûteuse

Construire pour assurer l’avenir

La pharmacie demeure aujourd’hui confrontée à une difficulté importante : les propriétaires du local cherchent régulièrement à augmenter le loyer. Ayant probablement compris que l’activité bénéficiait du soutien d’une association, ils semblent considérer que ces augmentations pourront toujours être absorbées. Cette dépendance fragilise le projet et rend son avenir incertain.

C’est ainsi qu’est revenue l’idée de construire sur un terrain destiné au projet et pour lequel nous avons obtenu l’accord des autorités. La future pharmacie disposerait alors de son propre bâtiment et pourrait être gérée localement, durablement et sans subir la pression continuelle d’un propriétaire.

Nous avons confié la conception du projet à un ingénieur, qui a établi les plans du bâtiment. Les autorisations de construire ont été obtenues et le terrassement est aujourd’hui en cours.



Le terrain retenu pour la future pharmacie et le centre humanitaire

La prochaine urgence : stabiliser le terrain

La zone terrassée ne pourra pas rester longtemps en l’état. Durant la saison des pluies, les risques d’éboulement sont réels. Il faudra donc stabiliser rapidement le terrain afin de protéger les travaux déjà réalisés et de permettre le démarrage progressif de la construction.

Une construction en plusieurs étapes

Notre priorité est claire : construire d’abord la pharmacie solidaire. Elle offrira un cadre stable à une activité qui a déjà démontré son utilité et permettra de poursuivre l’aide médicale dans de meilleures conditions.

Le terrain et les plans ont toutefois été pensés pour permettre un agrandissement progressif. Dans un deuxième temps, nous espérons y créer un véritable centre d’aide humanitaire : un lieu où l’on pourrait préparer et distribuer de la nourriture, accueillir temporairement des personnes sans abri et leur offrir une protection pendant les périodes les plus difficiles, notamment durant la saison des pluies.

Notre horizon

Première étape : une pharmacie solidaire stable et indépendante.

Deuxième étape : un espace de préparation et de distribution de repas.

À plus long terme : un accueil temporaire pour les personnes les plus vulnérables.

Peut-être aurons-nous un jour la possibilité d’employer une personne chargée de préparer quotidiennement des repas pour les plus démunis. Ce projet appartient encore à l’avenir et nous savons qu’il faudra avancer avec prudence, étape par étape, en fonction de nos moyens.

Ce qui n’était au départ qu’une idée généreuse, mais encore lointaine, commence aujourd’hui à prendre forme dans la terre même de Lalibela.

Le chemin a été semé d’obstacles, d’imprévus et de recommencements. Pourtant, la pharmacie fonctionne, les dispensaires sont approvisionnés, le terrain est identifié et les premiers travaux ont commencé.

La première étape sera la pharmacie. Le centre humanitaire viendra ensuite, lorsque nos moyens nous le permettront.

Lecture méditative du WE du 29/30 août 2026 : Le feu qui ne ment pas

Lecture méditative — Troisième centre

Le feu qui ne ment pas

Pour le week-end du 30 août 2026

Installons-nous. Laissons le corps trouver son assise, la colonne s'étirer doucement vers le haut, les épaules se relâcher. Fermons les yeux, ou posons le regard doucement devant nous. Et respirons.

Nous avons pris le temps, ces dernières semaines, de nous enraciner — comme un arbre qui plonge ses racines dans la terre, quoi qu'il arrive au-dessus. Puis nous avons appris à nous laisser traverser, à plier sans nous briser, à accueillir le mouvement de la vie comme on accueille l'eau : sans lutter contre elle. Aujourd'hui, quelque chose de nouveau s'allume. Après la terre, après l'eau, voici le feu.

Le troisième centre se trouve juste sous le sternum, au niveau du plexus solaire — cet endroit qui se noue quand nous avons peur de décevoir, qui se serre juste avant de dire une vérité difficile, ou qui s'éteint un peu quand nous renonçons, encore une fois, à être nous-mêmes. C'est le siège du feu intérieur, celui du soleil : la capacité d'agir, de nous engager, de rayonner ce que nous sommes réellement — sans nous excuser d'exister.

Observons un instant, avec honnêteté et sans nous juger, un phénomène très répandu : le décalage entre ce que nous ressentons à l'intérieur et ce que nous montrons à l'extérieur. Nous disons oui quand tout en nous dit non. Nous sourions quand nous sommes épuisés. Nous acceptons une tâche, une invitation, une responsabilité, alors qu'une petite voix, tout au fond, avait déjà répondu. Nous jouons un rôle — celui de la personne forte, de la personne disponible, de la personne qui n'a jamais besoin de rien — parce que ce rôle rassure, parce qu'il évite le conflit, parce qu'il a longtemps été la condition pour être aimés.

Et ce décalage a un prix. Chaque fois que notre comportement ne correspond pas à ce que nous pensons ou ressentons vraiment, une part de notre énergie part ailleurs — non pas vers ce qui compte pour nous, mais vers le maintien d'une image. Nous nous épuisons à soutenir une façade, à surveiller ce que nous laissons paraître, à gérer l'écart entre qui nous sommes et qui nous montrons. C'est un feu qui brûle, mais à vide : il ne nous réchauffe pas, il nous consume.

Le soleil, lui, ne se pose pas la question de savoir s'il a le droit de briller. Il brille, simplement, parce que c'est sa nature. Il ne module pas sa lumière pour être plus acceptable.

Le chemin

  1. Reconnaître l'écart. Remarquer, sans dramatiser, les moments où ce que nous faisons ne correspond pas à ce que nous ressentons ou pensons vraiment. Juste le voir : « Tiens, je viens de dire oui alors que je pensais non. »
  2. Nourrir le feu, avec le yoga et le souffle. Les postures qui engagent le centre du corps, les respirations qui réchauffent (comme les respirations rapides du ventre), redonnent de la force au plexus solaire. Elles nous rappellent que nous avons une énergie propre, disponible, qui n'a pas besoin d'être empruntée à l'approbation des autres.
  3. Agir en cohérence, un petit pas à la fois. Pas besoin de tout bouleverser. Juste, une fois cette semaine, laisser l'intérieur et l'extérieur se rejoindre un peu plus : dire une vérité simple, poser une limite, exprimer un besoin réel. Voir ce que cela fait de gaspiller un peu moins d'énergie à jouer un rôle.

Ce week-end

Je vous invite à observer, avec bienveillance, les moments où vous ajustez votre comportement pour correspondre à ce que vous croyez que l'on attend de vous. Pas besoin de tout changer d'un coup. Juste remarquer. Et, si l'occasion se présente, laisser transparaître un peu plus ce qui est vraiment là.

Questions à se poser

À laisser descendre une à une — chacune va un peu plus profond que la précédente.

Là, maintenant, qu'est-ce que je ressens vraiment, sous ce que je montre ?
Cette action que je m'apprête à faire — est-ce un engagement sincère, ou une adaptation pour éviter un inconfort ?
Qu'est-ce que cela me coûte, en énergie, de maintenir cette image que je crois devoir donner ?
De qui, ou de quoi, ai-je peur si je cessais de jouer ce rôle ?
Qui suis-je vraiment, quand plus personne ne regarde ?

Notre feu ne demande pas la permission de brûler.
Il demande seulement que nous cessions de le cacher.

BELLE PRATIQUE À TOUTES ET À TOUS



mardi 25 août 2026

Séance de Yin Yoga - 27 aout 2026 - les épaules

 

On dit d'une personne qu'elle « a les épaules » pour dire qu'elle peut porter. Mais personne ne dit qu'il faut aussi, de temps en temps, apprendre à reposer ce qu'on porte. C'est tout le sujet de cette séance.

Les épaules occupent une place à part dans le corps : ce sont elles qui accueillent, sans qu'on leur demande, le poids des responsabilités, des journées trop pleines, des tensions qu'on n'a pas eu le temps de déposer ailleurs. On ne s'en rend souvent compte qu'une fois qu'elles sont remontées vers les oreilles, figées, comme prêtes à parer un coup qui n'arrive jamais. Cette séance leur consacre l'attention qu'elles réclament depuis longtemps — sur le tapis, et dans le quotidien.

Ce que les épaules portent

Le langage ne s'y trompe pas : « porter le monde sur ses épaules », « avoir le dos large ». Le stress lié aux responsabilités s'y loge presque naturellement — c'est une zone où le corps traduit ce que l'esprit n'a pas encore posé. Apprendre à relâcher les épaules, c'est apprendre, littéralement, à se délester.

Deltoïde et trapèze : les muscles qui se souviennent

Deux muscles sont particulièrement concernés. Le deltoïde, qui coiffe l'épaule et permet au bras de se lever et de tourner dans toutes les directions ; et le trapèze, ce grand muscle en losange qui va du crâne jusqu'au milieu du dos et relie les épaules à la nuque. C'est le trapèze, surtout, qui se contracte en silence pendant une journée de tension — et qui remonte les épaules vers les oreilles sans qu'on le décide.

Un réflexe ancien

Remonter les épaules est un réflexe de protection, hérité du corps qui se prépare à encaisser. Le problème n'est pas le réflexe lui-même — il a son utilité — mais le fait qu'il s'installe et ne redescend plus. Le trapèze reste engagé bien après que la tension qui l'a déclenché a disparu.

Épaules et nuque, un même territoire

Impossible de parler des épaules sans parler de la nuque : les deux partagent la même musculature, la même circulation, souvent la même histoire. Une épaule contractée tire sur la nuque ; une nuque raide referme les épaules. Relâcher l'une, c'est déjà commencer à libérer l'autre.

Un seul geste, deux zones

C'est pour cela que le simple fait de laisser tomber les épaules — vraiment tomber, sans les forcer vers le bas — a un effet immédiat et perceptible jusque dans la nuque et la base du crâne. C'est un des gestes les plus simples et les plus efficaces qu'on puisse s'offrir plusieurs fois par jour.

Respirer pour relâcher

C'est la respiration qui fait le lien entre la prise de conscience et le relâchement réel. Une inspiration ample peut soulever légèrement les épaules ; c'est à l'expiration, longue et sans retenue, qu'elles ont la permission de redescendre. En yin, on ne cherche pas à étirer par la force — on laisse le poids du corps et le temps de la respiration faire le travail, souffle après souffle.

Relâcher, relâcher, relâcher

À chaque expiration dans une posture, une question suffit : qu'est-ce qui peut se relâcher encore un peu ? Pas d'un coup — par vagues successives. C'est cette répétition patiente qui distingue le relâchement réel d'un simple abandon de surface.

Et des épaules fortes ne sont pas des épaules raides. La véritable solidité d'une épaule tient autant à sa mobilité qu'à sa force : une épaule qui sait s'ouvrir, tourner, se déployer, est aussi une épaule qui sait se défendre le jour où elle en a besoin. C'est cet équilibre — force et souplesse — que la séance de jeudi cherche à cultiver.

 Posture cible — Les Ailes Brisées

Une posture profonde pour l'avant de l'épaule et l'omoplate, qui invite à un abandon presque total du contrôle.


Comment entrer dans la posture :

  1. Allonge-toi sur le ventre.
  2. Étends le bras droit sur le côté, à hauteur d'épaule, comme une aile.
  3. Plie le coude à 90°, l'aile repliée.
  4. Roule doucement tout le poids du buste sur ce bras, jusqu'à sentir un étirement profond à l'avant de l'épaule et le long de l'omoplate.
  5. La tête se tourne à l'opposé, ou se pose sur l'avant-bras gauche plié devant toi ; la jambe gauche peut plier pour stabiliser le bassin.
  6. Reste 3 à 5 minutes. Laisse le poids du corps faire le travail — pas la force. Change de côté.



jeudi 20 août 2026

Lecture méditative du WE du 22/23 aout 2026

 



La fluidité qui nous ancre

Installons-nous. Laissons le corps trouver son assise, la colonne s'étirer doucement vers le haut, les épaules se relâcher. Fermons les yeux, ou posons le regard doucement devant nous. Et respirons.

La semaine dernière, nous avons regardé ensemble ce vieux réflexe de sécurité qui s'active en nous à la moindre contrariété — cette façon que nous avons de mobiliser tout notre système nerveux face à un simple mail un peu sec, comme s'il s'agissait d'un tigre. Nous avions posé une question simple : ce danger est-il réel, ici et maintenant, ou est-ce une vieille histoire qui rejoue ?

Aujourd'hui, je vous propose d'aller un peu plus loin. Que se passe-t-il concrètement quand ce réflexe s'active ? Le plus souvent, une chose très simple : nous fuyons. Pas toujours en courant — parfois en nous occupant, en changeant de sujet, en nous justifiant, en nous repliant. Et pour comprendre ce mouvement, nous allons descendre aujourd'hui dans le deuxième chakra, Svadhisthana, siège de l'élément eau.

Prenons un instant. Sentons le bassin, les hanches, le bas-ventre. Sans rien changer, juste observer : cette zone est-elle contractée, ou détendue ? Fermée, ou ouverte ? Il n'y a rien à corriger — juste à sentir.

L'élément eau

Svadhisthana, le deuxième chakra, se situe dans le bas-ventre, juste sous le nombril. Son élément est l'eau. Et l'eau a une qualité que ni la terre ni le roc ne possèdent : elle ne résiste jamais frontalement à l'obstacle. Elle le contourne, l'épouse, trouve un chemin. Elle change de forme sans jamais perdre sa nature.

C'est aussi le chakra de l'émotion, du mouvement, du plaisir, de l'adaptabilité. Quand il est équilibré, nous savons nous ajuster à ce qui vient sans nous durcir ni nous dissoudre. Quand il est bloqué, deux excès sont possibles : soit une rigidité qui refuse tout changement, soit un débordement qui nous emporte — l'eau stagnante, ou l'eau en crue.

Or, il existe un lien méconnu, mais bien réel, entre cette fluidité intérieure et notre réponse instinctive au danger — cette fameuse fuite que nous évoquions à l'instant.

Peter Levine 

Docteur en biophysique médicale et en psychologie, Peter Levine a consacré plus de quarante ans à l'étude du stress et du traumatisme. Il est le fondateur de la Somatic Experiencing, une approche née d'une observation simple : dans la nature, face au danger, les animaux répondent par l'une de trois réactions instinctives — la fuite, l'attaque, ou le figement — puis, une fois le danger passé, ils relâchent naturellement cette énergie et reprennent leur cours.

Chez l'humain, cette énergie reste trop souvent bloquée : nous activons la réponse de fuite ou de lutte, mais nous ne la « terminons » jamais vraiment. Pour Levine, ce n'est pas l'événement lui-même qui nous marque, mais l'énergie de survie restée figée dans le corps, faute d'avoir pu se compléter et circuler à nouveau.

Ce que nous enseigne Levine rejoint exactement l'esprit du deuxième chakra : la santé n'est pas de ne jamais fuir. C'est de rester assez fluide pour que le mouvement — quel qu'il soit — puisse se terminer, et que la vie reprenne son cours. Le problème n'est pas la fuite. Le problème, c'est de rester figé.

Le corps qui fuit avant l'esprit

Bien avant que nous ayons pensé quoi que ce soit, le corps a déjà répondu. Une contraction dans les hanches. Une respiration qui se bloque. Un bassin qui se ferme, presque imperceptiblement. Ce n'est pas un hasard si tant de tensions chroniques se logent précisément dans cette région du corps — la zone du deuxième chakra.

Sur le tapis, cela se traduit très concrètement : des hanches raides, un bassin qui résiste à l'ouverture, une respiration courte qui ne descend jamais jusqu'au bas ventre. Et bien souvent, ce que le corps retient là, c'est exactement ce que l'esprit retient ailleurs — une peur de s'engager, une difficulté à lâcher le contrôle, une vieille habitude de se dérober plutôt que de rester.

Travailler la flexibilité corporelle du bassin n'est donc jamais qu'un exercice physique. C'est, très concrètement, une manière de dialoguer avec notre capacité à rester présents face à ce qui nous dérange — au lieu de fuir.

Reconnaître notre tendance à fuir

La fuite ne prend pas toujours la forme d'un départ. Elle est souvent bien plus subtile : une conversation qu'on évite, un sujet qu'on esquive d'une blague, un silence qu'on remplit vite pour ne pas le ressentir, une occupation permanente qui ne laisse aucune place à ce qui dérange. Parfois même, le contrôle excessif — vouloir tout maîtriser, tout planifier — est une fuite déguisée : fuir l'incertitude en s'accrochant à une illusion de sécurité.

Pour se reconnaître

Devant quoi est-ce que je me dérobe le plus souvent, en ce moment ? Une personne, une conversation, une décision, une émotion ?

Quelle forme prend ma fuite habituelle — le silence, l'agitation, la justification, l'humour, le contrôle ?

Et si je restais, ne serait-ce qu'un souffle de plus, avant de me détourner — que se passerait-il ?

Fuir ou affronter : le pouvoir discriminant

Attention, cependant : il ne s'agit pas de faire de la fuite une faute. Certains dangers sont réels, et la fuite est alors la réponse la plus sage — quitter une relation toxique, poser une limite, s'éloigner d'une situation qui nous abîme. La sagesse n'est pas de toujours affronter. Elle est de savoir distinguer.

La vraie question n'est donc pas « dois-je fuir ou affronter ? ». Elle est plus fine : ce danger que je ressens est-il réel, dans cet instant précis — ou s'agit-il d'une vieille peur, une histoire ancienne qui rejoue et qui me pousse à fuir des situations qui, en réalité, ne demandent qu'à être traversées ? C'est ce discernement, patiemment cultivé, qui nous rend libres — libres de fuir quand c'est juste, et libres de rester quand c'est juste aussi.

« Ce n'est pas la rigidité qui nous protège,
c'est la fluidité qui nous ancre. »

Nourrir la flexibilité mentale

Comment, concrètement, cultiver cette fluidité — celle du corps et celle de l'esprit ? Quelques pistes simples, à explorer ce week-end :

Invitation pratique

Sur le tapis : quelques postures d'ouverture du bassin ( pigeon, squat) pratiquées lentement, en respirant dans les zones de résistance, sans forcer.

Dans la respiration : avant de répondre à ce qui dérange, laisser passer un souffle complet, du ventre jusqu'à la gorge. Ce souffle est l'espace où le choix redevient possible.

Dans le quotidien : une fois par jour, remarquer une occasion de fuite (silence, agitation, justification) et choisir consciemment de rester quelques  secondes de plus, simplement pour observer ce qui se passe.

S'enraciner dans la fluidité

Regardons l'eau qui descend une cascade. Elle ne combat jamais le rocher. Elle ne s'arrête pas non plus, effrayée. Elle épouse chaque obstacle, trouve son chemin, et continue de couler — toujours elle-même, jamais figée, jamais brisée.

C'est peut-être cela, la vraie force : non pas la rigidité qui refuse de plier, mais la fluidité qui sait s'adapter sans se perdre. Un corps souple dans les hanches, un esprit souple face à l'inconnu, un cœur assez fluide pour rester présent même quand tout en nous voudrait fuir.

Ce week-end, je vous invite à observer, sans vous juger, les moments où vous sentez l'envie de vous dérober. Et à vous demander, simplement, doucement : est-ce le moment de fuir, ou le moment de rester ? Puis à faire confiance à cette eau intérieure qui, en vous, sait déjà trouver son chemin.

Nous sommes plus fluides que nous ne le croyons.

Belle pratique à toutes et à tous.


jeudi 13 août 2026

Lecture méditative du WE du 15/16 aout 2026


Enracinés au-delà de la peur

Sur nos conditionnements liés au ressenti d'insécurité


Installons-nous. Laissons le corps trouver son assise, la colonne s'étirer doucement vers le haut, les épaules se relâcher. Fermons les yeux, ou posons le regard doucement devant nous. Et respirons.

Aujourd'hui, je vous propose de regarder ensemble quelque chose qui traverse chacune de nos journées, souvent sans que nous le remarquions : notre besoin de sécurité.

Observons-le un instant. Une parole qui nous blesse, un silence qui s'éternise, un imprévu, un regard qu'on interprète mal, une contrariété au travail, un embouteillage, un message qui tarde à venir. Et déjà, quelque chose se met en mouvement en nous. Le cœur qui s'accélère. La mâchoire qui se serre. Une pensée qui tourne en boucle. Une irritation qui monte, ou au contraire un repli, une envie de fuir, de se justifier, de contrôler.

Ce ne sont pas des accidents. Ce sont des réactions apprises, des conditionnements anciens, souvent hérités bien avant nous. Presque toutes nos réactions physiques, émotionnelles et mentales visent, au fond, une seule chose : rétablir un sentiment de sécurité, dès que nous ressentons — même vaguement, même à tort — une menace, un danger, une insécurité.

Le corps ne fait pas la différence entre un tigre dans la savane et un mail un peu sec de notre supérieur. Il répond de la même manière : il mobilise. Adrénaline, cortisol, tension musculaire, souffle qui se raccourcit. Un système entier se met en marche pour nous protéger.

Et pourtant. La plupart du temps, il n'y a pas de tigre. Il n'y a qu'une pensée, une interprétation, une vieille peur qui refait surface. Ce stress-là, la majeure partie du temps, n'est pas nécessaire. Il ne nous sauve de rien. Il nous coûte, en revanche, beaucoup : il fatigue notre corps, épuise notre système nerveux, abîme peu à peu notre santé. Et il abîme aussi nos liens — car une personne qui se sent en insécurité intérieure a beaucoup de mal à écouter, à accueillir, à aimer simplement. Elle se défend, elle contrôle, elle s'éloigne.

Alors quel est le chemin ?

Les trois pas

  1. Prendre conscience. Simplement remarquer, quand une réaction s'installe : « Tiens, voilà mon vieux réflexe de sécurité qui s'active. » Pas de jugement. Juste voir.
  2. Répondre autrement — avec le yoga, avec la respiration. Quand le souffle s'allonge, quand nous ralentissons volontairement une expiration, nous envoyons directement à notre système nerveux un message de sécurité réelle, ici, maintenant. Le corps se souvient alors qu'il n'y a pas de tigre.
  3. Ralentir et observer. Laisser un espace entre ce que nous ressentons et ce que nous faisons. Cet espace, minuscule au début, est le lieu même de notre liberté.

Et puis, petit à petit, sans forcer, intégrer cette évidence simple : la plupart de ces réactions ne nous servent plus. Elles ont peut-être eu un sens un jour. Aujourd'hui, elles ne font que nous fatiguer, et fatiguer ceux que nous aimons.

Ce week-end, je vous invite à observer, avec douceur et sans vous juger, les moments où ce vieux réflexe s'active en vous. Pas besoin de le combattre. Juste le voir. Respirer. Et sentir, sous l'agitation, quelque chose qui ne bouge pas — comme un arbre, dont les feuilles s'agitent dans le vent, mais dont les racines restent profondément posées dans la terre.

Questions à se poser

  • — Qu'est-ce que je ressens dans mon corps, là, maintenant, quand l'insécurité s'installe ?
  • — Ce danger est-il réel, ici et maintenant — ou est-ce une vieille histoire qui rejoue ?
  • — Qu'est-ce que j'essaie vraiment de protéger en cet instant ?
  • — Que se passerait-il si je laissais passer un souffle de plus avant de réagir ?
  • — Cette réaction rapproche-t-elle ou éloigne-t-elle de la personne en face de moi ?

Nous sommes plus sécurisés que nous ne le croyons.

Belle pratique à toutes et à tous.

lundi 10 août 2026

Retour d'Ethiopie - Episode 3/4 - Le farm project

 


Retour d’Éthiopie — Épisode 3

Une journée au Farm Project de Lalibela

Au-delà de la ville, un terrain reprend vie au rythme des premières plantations.

Lors de mon récent séjour à Lalibela, j’ai consacré une journée entière à la visite du Farm Project. Le terrain se trouve à l’extérieur de la ville, dans une zone où les déplacements restent contrôlés en raison de la situation sécuritaire.

Avant de partir, il nous a donc fallu effectuer plusieurs démarches auprès de l’administration locale, puis obtenir la confirmation de la police. Une fois les autorisations réunies, nous avons pris la route à bord d’un petit tuk-tuk.

Une sortie inhabituelle de Lalibela
Au checkpoint situé à la sortie de la ville, un militaire fédéral armé est monté dans notre tuk-tuk pour nous accompagner durant une partie du trajet. Il nous a ensuite laissés poursuivre seuls la visite du terrain.

Au creux d’une belle vallée




J’ai découvert un terrain légèrement en pente, installé dans un très bel environnement et longeant une rivière en contrebas. J’y étais accompagné du responsable du projet. Ce jeune père de famille, revenu d’Addis-Abeba à Lalibela sans emploi, est à l’origine de cette initiative qui doit progressivement lui permettre de développer une activité agricole solidaire durable.

Le terrain est déjà clôturé et une petite maison y a été construite. Elle doit encore être achevée, mais elle permet au gardien de rester sur place et de veiller sur les lieux. Partout, on mesure aussi l’ampleur du travail préalable : le sol contient beaucoup de pierres, qu’il faut retirer une à une. Elles sont ensuite placées au pied de la clôture afin de la renforcer.



En descendant vers la rivière, j’ai également pu observer deux petites sources qui viennent l’alimenter. Leur débit reste modeste, mais cette présence d’eau est encourageante. Elle permettra peut-être, à l’avenir, d’étudier l’installation d’une pompe ou d’un autre système simple pour irriguer les plantations.



188 jeunes plants mis en terre

La saison des pluies étant arrivée, il était essentiel de ne pas manquer la période favorable aux plantations. Les premiers arbres ont donc été achetés et plantés :

  • 90 avocatiers
  • 25 manguiers
  • 35 goyaviers
  • 10 bananiers
  • 18 plants de buckthorn
  • 10 citronniers

Total : 188 plants, pour un montant de 452,90 €.



Ces plantations représentent une première étape très concrète. La visite d’un terrain voisin, où des avocatiers et des manguiers produisent déjà des fruits, nous a d’ailleurs montré que ces cultures sont bien adaptées à la vallée. Voir cette exploitation fonctionner à proximité donne une perspective encourageante au projet .

Un projet qui prendra forme progressivement

Pour le moment, la priorité est simple : prendre soin des jeunes arbres, poursuivre le dépierrage et achever la petite maison. Il faudra aussi renforcer la clôture, notamment en plantant des espèces végétales capables de former, avec le temps, une protection naturelle autour du terrain.

À plus long terme, lorsque le sol aura été suffisamment nettoyé, de l’herbe pourra y pousser. Il deviendra alors envisageable d’accueillir quelques animaux et d’ajouter progressivement l’élevage aux activités de la ferme.

Aujourd’hui, le Farm Project n’est plus seulement une idée : le terrain est clôturé, un gardien veille sur place et 188 jeunes plants poussent désormais dans la vallée. Les prochains mois permettront de suivre leur développement, de poursuivre l’aménagement du terrain et de préparer, étape après étape, l’avenir de cette petite exploitation.

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vendredi 7 août 2026

Séance de flow du 10 aout 2026 - Le souffle de l'océan

 

Je reviens régulièrement sur le thème du pranayama, la science du souffle, car la pratique respiratoire permet de développer la conscience du corps, des émotions et du mental. En contrôlant sa respiration, l'attention se concentre sur le moment présent et les distractions mentales diminuent, favorisant un état méditatif propice à l'apaisement des émotions.

Cette fois, je voudrais vous entretenir de la technique de respiration Ujjayi, que l'on surnomme « le souffle de l'océan » ou « la respiration victorieuse ». Cette technique est recommandée pendant l'exécution de nombreuses postures, et tout particulièrement dans la pratique du flow, de l'ashtanga ou du power yoga.

🌊 Comment pratiquer le souffle Ujjayi

Elle se pratique en resserrant légèrement l'arrière de la gorge, au niveau de la glotte, comme si l'on voulait prononcer un « haaa », tout en gardant la bouche fermée. Le but est de créer une légère restriction au passage de l'air : ainsi, à l'inspiration comme à l'expiration, on entend un son doux et régulier, semblable au vent ou aux vagues.

On respire uniquement par le nez, bouche fermée, en maintenant la gorge légèrement contractée pendant toute la pratique.

L'idéal est d'avoir déjà une certaine aisance avec la respiration diaphragmatique, de manière à remplir d'abord le bas des poumons — le ventre se gonfle —, puis le milieu et le haut, en dilatant la cage thoracique et la zone pectorale. À l'expiration, on active la sangle abdominale en rapprochant le nombril de la colonne vertébrale, pour soutenir l'expulsion de l'air dans un rythme fluide mais soutenu.

Sur le plan physique, la respiration Ujjayi nettoie la gorge et les bronches en évacuant l'excès de mucosités. Elle renforce le diaphragme ainsi que les muscles de la gorge, et contribue à votre endurance pendant les postures en soutenant les muscles par un apport d'énergie approprié.

Elle est également considérée comme un type de respiration qui augmente l'oxygénation et génère une chaleur corporelle interne. Elle permet ainsi de maintenir un certain rythme pendant la pratique en absorbant suffisamment d'oxygène.

Elle développe aussi la concentration, en nous gardant présents à nous-mêmes, ancrés dans notre pratique. Le son du souffle permet de concentrer l'attention pour qu'il reste doux, fluide, régulier et complet, donnant ainsi une dimension méditative à la pratique et apaisant le corps comme les émotions.

⚠️ Précautions et contre-indications

Comme toute technique respiratoire, l'Ujjayi se pratique sans jamais forcer sur la gorge. En cas d'hypertension non contrôlée, de troubles cardiaques, de vertiges, de migraines ou pendant la grossesse, il est préférable de garder une respiration plus douce . Si vous ressentez une gêne, un essoufflement ou une tension excessive dans la gorge, relâchez la contraction et revenez à une respiration naturelle.

Terminons en rappelant que pour le yogi, la respiration est le véhicule de son énergie vitale, le prana. En contrôlant son souffle, il harmonise ses centres énergétiques et optimise sa vitalité. Le souffle, accompagné de la concentration, est le vecteur de la prise de conscience de ces centres : c'est la clé pour accéder à un état de bien-être profond.




🧘 La posture cible : le Guerrier Humble

Pendant la séance, nous reviendrons sur la posture du Guerrier Humble, qui combine un bel engagement des hanches, de la poitrine et du psoas. Elle contribue à un renforcement global du corps en étirant l'abdomen, les poumons, les épaules, les bras, le cou et les adducteurs, tout en tonifiant les jambes et en renforçant les chevilles. C'est une posture typique du flow yoga.

En rapprochant les omoplates et en verrouillant les mains derrière le dos, elle engage bien le milieu du dos. Elle renforce également l'équilibre et la stabilité. Le pli vers l'avant permet quant à lui d'amener du sang frais au visage et à la tête, offrant une sensation de fraîcheur et de clarté mentale.

C'est une posture particulièrement propice pour explorer le souffle Ujjayi : l'effort qu'elle demande dans les jambes et les hanches invite naturellement à s'appuyer sur un souffle sonore, profond et régulier pour tenir la posture avec stabilité et présence.


jeudi 6 août 2026

Lecture méditative du WE du 8/9 aout 2026

 


Le moment présent

— une lecture méditative —

La semaine dernière, nous avons posé un regard sans jugement sur notre propre chemin — un premier pas vers la paix intérieure. Mais ce regard, pour se déployer pleinement, a besoin d'un lieu où se poser. Ce lieu, c'est l'instant présent. Car on ne peut suspendre le jugement qu'en cessant, ne serait-ce qu'un instant, de comparer ce qui est à ce qui fut, ou à ce qui devrait être.

Cette semaine, nous explorons donc ce qui rend ce regard possible : la capacité à s'arrêter, ici, maintenant, dans l'expérience elle-même.

Le temps s'écoule sans jamais nous demander la permission. Une respiration en suit une autre, un instant chasse le précédent, et nous voilà emportés — souvent sans même l'avoir remarqué. Nous sommes dans l'expérience, certes. Mais sommes-nous pleinement présents à elle ?

Que veut vraiment dire « s'arrêter » ? Non pas cesser de vivre, ni de bouger, ni d'agir — mais cesser, un instant, de se raconter une histoire. Quitter le passé qui commente, quitter le futur qui anticipe. Et se demander : que se passe-t-il, là, maintenant, si je cesse de courir après ce qui n'est plus, ou vers ce qui n'est pas encore ?

Ce n'est pas un renoncement au mouvement de la vie. C'est un changement de position à l'intérieur de ce mouvement — comme si l'on cessait d'être emporté par le courant pour devenir, l'espace d'un instant, celui ou celle qui le regarde couler.

Sākṣī — le témoin silencieux

Dans la philosophie du yoga, Sākṣī désigne cette part de nous capable d'observer l'expérience sans s'y perdre — ni la juger, ni s'y identifier totalement. Le témoin ne commente pas la vague, il ne la retient pas non plus : il la voit passer, présent à sa forme, à sa force, à son évanouissement.

C'est cette posture intérieure qui rend le moment présent accessible. Non pas en effaçant les pensées, les émotions, les sensations — mais en cessant de s'y confondre entièrement. Le témoin ne fuit pas l'expérience : il l'accueille depuis un point suffisamment stable pour ne pas être emporté par elle.

Thich Nhat Hanh

Le moine bouddhiste vietnamien Thich Nhat Hanh a consacré une grande partie de son enseignement à la pleine conscience du moment présent, en particulier à travers la pratique de la marche méditative. Pour lui, chaque pas pouvait devenir une arrivée — non pas un déplacement vers un ailleurs, mais une manière d'habiter pleinement l'endroit où l'on se trouve déjà.

Cette idée simple contient une invitation profonde : et si nous n'avions nulle part où arriver, sinon ici ?

« Entre ce qui fut et ce qui sera,
il y a ce qui est —
et c'est là que je respire. »

Quand le regard cesse de juger et que l'attention cesse de fuir vers hier ou demain, quelque chose change dans la manière dont l'expérience nous traverse. Elle ne glisse plus simplement sur nous : elle s'intègre. Un instant vécu pleinement, sans résistance ni projection, laisse une empreinte différente de celui traversé distraitement.

C'est peut-être cela, la véritable expérience : non pas ce qui nous arrive, mais ce à quoi nous sommes réellement présents pendant que cela nous arrive.

Une invitation pour la semaine

Choisissez, chaque jour, un instant ordinaire — une gorgée de thé, quelques pas dans la rue, l'attente à un feu rouge. Pendant cet instant, laissez le passé et le futur se taire. Observez simplement : ce que vous voyez, ce que vous sentez, ce que vous entendez. Rien à changer, rien à obtenir. Juste être le témoin de ce qui est, le temps d'une respiration.


Stage au domaine des Chabriers du 27 au 29 aout 2027

Stage résidentiel de yoga dans la Drôme

Lâcher prise…
et faire confiance

Du vendredi 27 août 2027 à 17 h
au dimanche 29 août 2027 à 17 h

Domaine des Chabriers · Drôme

Un lieu qui appelle à revenir

Le Domaine des Chabriers, dans la Drôme, fait partie de ces lieux rares où l'on se sent immédiatement bien.

Nous y avons vécu un stage magnifique à la Toussaint 2024. L'expérience fut si juste et si harmonieuse que plusieurs d'entre vous m'ont demandé d'y organiser un nouveau week-end. C'est donc avec une grande joie que je vous propose de nous y retrouver à la fin de l'été 2027.

🌿 Le thème

Lâcher prise ne signifie ni renoncer, ni fuir, ni s'effacer.

Le lâcher-prise demande une force subtile, une maturité intérieure et, surtout, une confiance profonde : confiance en son corps, en sa respiration, en la vie et dans les mouvements qu'elle propose.

Comment relâcher sans se disperser ? S'abandonner sans perdre son axe ? Faire confiance sans naïveté ? Nous explorerons ces questions à travers la pratique.

🧘 La pratique

Durant ces deux jours, nous alternerons :

  • Méditation et respiration matinales
  • Yoga flow pour engager et faire circuler l'énergie
  • Pratiques plus lentes et introspectives
  • Séances relaxantes en fin de journée
  • Temps d'échange et d'intégration

Une pratique progressive et accessible, exigeante dans la présence mais douce dans l'intention.

🌄 La nature comme alliée

Le stage s'inscrira dans un rythme naturel. Après le brunch, une randonnée est prévue le samedi après-midi, puis une autre le dimanche après-midi, avant la clôture.

Marcher en silence ou en partage, sentir le souffle s'élargir dans les paysages de la Drôme et observer comment le corps se détend lorsque l'esprit cesse de vouloir tout contrôler. La nature deviendra le miroir de notre pratique intérieure.

✨ Un cadre exceptionnel



  • Une salle lumineuse et ouverte sur la nature
  • Un magnifique parc arboré
  • Une piscine pour prolonger la détente
  • Une atmosphère de calme profond
  • Des repas préparés avec soin et amour par Céline

Le confort de l'hébergement et la qualité des repas avaient été unanimement appréciés lors du précédent stage. C'est un lieu qui soutient véritablement le travail intérieur.

💰 Tarifs et inscription

Le tarif comprend la pension complète, le yoga et l'organisation.

370 € pour les membres de l'association

400 € pour les non-membres

+ 80 € pour une chambre individuelle

+ 30 € pour toute inscription après le 1er janvier 2027

Acompte de 145 €  afin de confirmer définitivement la réservation du domaine.

🌱 Une invitation

Ce stage s'adresse à celles et ceux qui sentent qu'il est temps de relâcher certaines tensions, de sortir du contrôle excessif, de retrouver une confiance plus organique et d'unifier engagement et abandon.


Si cet appel résonne en vous, faites-le-moi savoir.

Je me réjouis de partager avec vous ce nouveau chapitre aux Chabriers.

mercredi 5 août 2026

Stage de jeûne , yoga et randonnées dans le Lubéron en juin et septembre 2027

 

✨ Il est des semaines qui laissent une empreinte durable…

Notre séjour dans le Lubéron en 2026 en faisait assurément partie. Pendant sept jours, nous avons partagé une expérience à la fois simple et profonde : ralentir, alléger le corps, apaiser le mental et retrouver une qualité de présence que le rythme de notre quotidien nous fait parfois oublier.
Le jeûne est souvent perçu comme une privation. Pourtant, lorsqu’il est vécu dans un cadre adapté et accompagné avec bienveillance, il devient avant tout un formidable espace de liberté. En offrant au système digestif un temps de repos, l’organisme peut mobiliser son énergie autrement : nettoyage cellulaire, meilleure flexibilité métabolique, diminution de certains processus inflammatoires, sensation de légèreté et, chez beaucoup, une étonnante clarté mentale.

🥾 Retrouver les ressources du corps

Nos randonnées quotidiennes nous ont rappelé que notre corps possède des ressources souvent insoupçonnées. Jour après jour, chacun a découvert qu’il était possible de marcher plusieurs heures, de respirer pleinement, d’observer la nature avec un regard neuf et de retrouver une énergie plus stable que nous l’imaginions.
Le yoga trouve naturellement sa place dans cette démarche. Le jeûne invite à écouter le corps avec davantage de finesse ; le yoga offre précisément cette écoute. Les postures entretiennent la mobilité, la respiration équilibre le système nerveux, tandis que la méditation accompagne le calme intérieur qui s’installe progressivement.

🧘 Une alliance particulièrement féconde

Le jeûne et le yoga se complètent admirablement. ✔ Le jeûne allège le corps et affine les sensations. ✔ Le yoga permet de vivre cette expérience avec davantage de conscience, de sérénité et d’ancrage. Ensemble, ils ouvrent un véritable chemin de régénération physique, mentale et intérieure.
Cette année encore, nous avons exploré différentes dimensions de l’être : le corps physique, les émotions, les pensées, les conditionnements, jusqu’à cette présence plus silencieuse qui demeure lorsque l’agitation s’apaise. Les échanges pendant les randonnées, les pratiques du matin et du soir, les sourires, les difficultés parfois, les découvertes souvent, constituent la véritable richesse de cette semaine.

🙏 Merci

Je tiens à remercier très chaleureusement Sandrine et Laurent pour leur accueil, leur disponibilité et toute l’organisation qu’ils mettent en œuvre afin que chacun puisse vivre cette semaine dans les meilleures conditions. Un immense merci également à tous les participants pour leur confiance, leur enthousiasme et la qualité de leur présence. Chaque groupe possède sa couleur particulière. Celui-ci restera pour moi un très beau souvenir.
⸻ 🌿 Rendez-vous en 2027 !

Les inscriptions sont ouvertes !

🌿 Première semaine du 12 au 18 juin 2027 🌿 Deuxième semaine du 29 août au 4 septembre 2027

⚠️ Ne tardez pas à réserver !

Les inscriptions pour les stages Jeûne, Yoga et Randonnée sont désormais ouvertes sur le site de Sandrine et Laurent. Au fil des années, ces deux semaines rencontrent un succès grandissant et se remplissent généralement très rapidement. Si vous souhaitez nous rejoindre, je vous conseille vivement de réserver votre place sans attendre, afin d’éviter toute déception. 👉 Inscriptions : https://www.jeux-jeune-rando.com/
J’aurai beaucoup de joie à vous retrouver pour poursuivre ensemble ce chemin de régénération, de présence et de transformation intérieure. À très bientôt… …sur un tapis de yoga, sur un sentier de randonnée… ou autour d’une nouvelle aventure humaine. 🌿🙏

dimanche 2 août 2026

Programme Printemps 2027


🌿 Programme Printemps 2027

Yoga • Randonnée • Nature • Ressourcement

Le printemps est sans doute l’une des plus belles saisons pour renouer avec l’énergie du mouvement, du renouveau et de la nature.

Après les séjours hivernaux consacrés à la montagne, à la neige et aux grands espaces alpins, je vous propose un printemps 2027 particulièrement riche en découvertes : des week-ends proches d’Annecy jusqu’aux paysages sauvages de Camargue, en passant par la douceur des Cyclades, l’expérience du jeûne dans le Luberon et la sérénité des Cévennes.

Chaque séjour associera, selon sa formule, yoga, randonnée, détente, convivialité et immersion dans des lieux soigneusement choisis pour leur beauté, leur calme et leur qualité d’accueil.

Que vous souhaitiez simplement vous offrir un week-end de ressourcement ou vivre une véritable parenthèse de plusieurs jours, vous trouverez certainement dans ce programme un séjour qui vous correspond.

À noter : chaque stage fait l’objet d’une fiche technique complète. Les liens sont ajoutés sous chaque présentation afin de vous permettre de consulter les programmes détaillés, les tarifs et les modalités d’inscription.

📅 Le programme en un coup d’œil

Dates Stage Lieu
3 au 4 avril 2027 Week-end Yoga & Randonnée Chavanod, près d’Annecy
6 au 9 mai 2027 Yoga & Nature en Camargue Saint-Laurent-d’Aigouze
23 au 30 mai 2027 Yoga & Randonnée à Paros Centre Okreblue, Grèce
12 au 18 juin 2027 Jeûne • Yoga • Randonnée Les Oraisonis, Luberon
18 au 20 juin 2027 Yoga & Nature Hameau de l’Étoile, Cévennes

🌸 Week-end Yoga & Randonnée à Chavanod

Du 3 au 4 avril 2027

Nous débuterons ce programme de printemps par un grand classique de nos rendez-vous : un week-end de yoga et de randonnée à Chavanod.

Situé à quelques minutes seulement d’Annecy, ce lieu offre un cadre particulièrement calme et reposant. Bien que proche de la ville, il permet de se retrouver très rapidement au cœur de la nature, loin de l’agitation.

Les environs se prêtent parfaitement à de belles promenades printanières. Le Fier coule en contrebas, à proximité des célèbres Gorges du Fier et du château de Montrottier. Nous pourrons ainsi alterner les séances de yoga, les moments de détente et les découvertes des sentiers environnants.

Ce week-end sera idéal pour retrouver le groupe après l’hiver, reprendre doucement les randonnées et accueillir ensemble les premières énergies du printemps.

J’ai d’ores et déjà procédé à la réservation du lieu. Il sera également possible de loger sur place pour un prix modeste, afin de profiter pleinement du séjour sans contrainte de déplacement.

Les personnes intéressées peuvent dès maintenant se manifester.

Intéressé(e)s : Jean-Luc et Francoise 


👉 Consulter la fiche technique complète

https://themountaineeringyogi.blogspot.com/2026/04/stage-chavanod-les-3-et-4-avril-2027.html




🦩 Yoga & Nature en Camargue

Du 6 au 9 mai 2027

Environ un mois plus tard, nous nous retrouverons en Camargue à l’occasion du long week-end de l’Ascension.

J’ai découvert ce lieu lors d’un précédent séjour et j’ai immédiatement été séduit par son atmosphère, ses grands espaces et la beauté de ses paysages. Je vous invite vraiment à venir découvrir cette région si particulière.

La Camargue, ce sont les marais, les étangs, les flamants roses, les chevaux, les grandes étendues sauvages et cette lumière incomparable qui donne aux paysages une dimension presque irréelle.

Nous serons également proches de la mer et de lieux emblématiques comme Aigues-Mortes et Les Saintes-Maries-de-la-Mer. Les séances de yoga alterneront avec les promenades, les découvertes et les temps de repos.

Le début du mois de mai est une période particulièrement agréable pour profiter de la Camargue, avant les fortes chaleurs de l’été et l’affluence touristique.

Plusieurs personnes se sont déjà déclarées intéressées. Les inscriptions seront prochainement ouvertes, mais vous pouvez dès maintenant vous faire connaître.

Inscrit(e)s : Poly 

Intéressé(e)s : Claire et Jacques , Anne Lo , Gisèle, Anne et Philippe , Frossou 

👉 Consulter la fiche technique complète

https://themountaineeringyogi.blogspot.com/2026/04/stage-en-camargue-du-6-au-9-mai-2027.html


🇬🇷 Yoga & Randonnée à Paros

Du 23 au 30 mai 2027

Comme chaque année depuis quelque temps, j’ai souhaité relancer l’idée d’un séjour à Paros, dans le magnifique centre Okreblue.

Ce lieu est véritablement l’un des plus beaux centres dans lesquels nous ayons eu l’occasion d’organiser un stage. Tout y contribue à la réussite du séjour : la qualité des repas, le confort de l’hébergement, les espaces consacrés au yoga, la beauté de la nature environnante et surtout le calme.

Le centre est situé à l’écart de l’activité touristique, dans un environnement préservé, à proximité de la mer. Il offre les conditions idéales pour ralentir, pratiquer, marcher et profiter pleinement de la douceur de vivre grecque.

La période choisie, à la fin du mois de mai, correspond à cette belle transition entre la douceur du printemps et l’arrivée progressive de la chaleur estivale. La nature sera encore fraîche, les températures agréables et l’eau de mer commencera à être suffisamment douce pour la baignade.

Ce séjour sera une véritable parenthèse consacrée au yoga, à la randonnée, à la détente et à la convivialité.

Le nombre minimum de participants n’est pas encore atteint. Les personnes intéressées sont donc invitées à se manifester afin que nous puissions confirmer ce beau projet.

Intéressé(e)s : Frossou, Anne Lo, Blandine 


👉 Consulter la fiche technique complète

https://themountaineeringyogi.blogspot.com/2026/01/stage-de-yoga-paros-printemps-2027-du.html

🌿 Jeûne • Yoga • Randonnée dans le Luberon

Du 12 au 18 juin 2027

Ce séjour est devenu, au fil des années, un rendez-vous incontournable de notre programmation.

Il s’adresse aussi bien aux personnes qui souhaitent expérimenter le jeûne pour la première fois qu’à celles qui ont déjà vécu cette expérience et souhaitent la renouveler.

Le stage se déroulera aux Oraisonis, dans le Lubéron, dans un environnement naturel parfaitement adapté au repos, à la marche et à l’intériorisation.

Nous bénéficions désormais d’une belle expérience dans l’organisation de ce séjour, encadré  sur place par Laurent et Sandrine.

Le yoga quotidien, les randonnées adaptées, les temps de repos et l’accompagnement du jeûne permettent de vivre une véritable semaine de régénération physique et mentale.

L’expérience montre d’ailleurs que de très nombreuses personnes souhaitent revenir après un premier séjour. Il est assez rare qu’une personne ayant découvert cette semaine de jeûne, yoga et randonnée ne ressente pas l’envie de renouveler l’expérience.

Les inscriptions sont ouvertes et ne tarder pas car les stages sont rapidement complets .  

👉 Consulter la fiche technique complète

https://themountaineeringyogi.blogspot.com/2026/06/une-semaine-de-jeune-de-yoga-et-de.html




🌳 Yoga & Nature au Hameau de l’Étoile

Du 18 au 20 juin 2027

Nous terminerons ce programme de printemps par un long week-end dans les Cévennes, au magnifique Hameau de l’Étoile.

Je conduirai ce stage avec Murielle,  dans un domaine particulièrement bien adapté à la pratique du yoga, au ressourcement et à la vie de groupe.

Le Hameau de l’Étoile est situé en pleine nature, à l’écart de tout bruit et de toute agitation. Ses grands espaces, ses salles de pratique et son environnement naturel permettent de véritablement couper avec le quotidien.

Nous alternerons les séances de yoga, les promenades, les moments de détente et les temps de convivialité. La grande piscine permettra également de profiter pleinement des beaux jours de juin.

La qualité de la nourriture et de l’accueil contribue aussi largement au plaisir du séjour. Nous avons déjà organisé un stage dans ce domaine et l’appréciation des participants avait été générale.

Ce stage est désormais confirmé. Nous attendons donc avec plaisir vos inscriptions.

Intéressé(e)s : Anne Lo, Florence , Pierre , Blandine 

👉 Consulter la fiche technique complète

https://themountaineeringyogi.blogspot.com/2026/02/stage-de-yoga-dans-les-cevennes-du-18.html

🌸 Un printemps pour se retrouver

Chaque séjour possède sa personnalité : la proximité et la simplicité d’un week-end à Chavanod, les grands espaces de Camargue, la douceur des Cyclades, l’expérience profonde du jeûne dans le Luberon ou encore la sérénité du Hameau de l’Étoile.

J’espère que chacun pourra trouver dans cette programmation le stage correspondant à ses envies, à ses disponibilités et à son besoin du moment.

Les inscriptions et les fiches détaillées seront ouvertes progressivement. Pour certains séjours, vous pouvez néanmoins déjà manifester votre intérêt afin de faciliter leur confirmation et leur organisation.

Au plaisir de partager avec vous ces beaux moments de pratique, de randonnée et de convivialité.

À très bientôt sur les chemins… et sur le tapis de yoga. 🙏