Des enfants qui retrouvent le sourire, des mamans qui reprennent espoir
Chaque voyage en Éthiopie est une succession de rencontres qui me marquent profondément. Derrière les rapports financiers, les virements bancaires et les projets de notre association, il y a des femmes, des enfants, des familles… des personnes qui luttent chaque jour pour vivre dignement.
Cette année encore, j’ai pu rendre visite à plusieurs des familles que nous soutenons grâce à votre générosité. J’aimerais vous partager quelques-unes de ces rencontres.
Une maman qui retrouve peu à peu le sourire
Notre histoire avec cette famille a commencé grâce à un instituteur qui avait attiré notre attention sur une petite fille particulièrement brillante à l’école.
En rencontrant sa maman, nous avons découvert une réalité bouleversante. Son mari l’avait abandonnée car elle avait eu un grave accident lui avait fait perdre en grande partie l’usage du côté gauche de son corps. Elle ne pouvait plus travailler.
Pour survivre, elle a dû vendre progressivement tout ce qu’elle possédait : les meubles, les ustensiles, tout ce qui avait encore un peu de valeur. Elle a finalement quitté son logement pour s’installer avec ses trois enfants dans une minuscule pièce où toute la famille dort aujourd’hui.
L’an dernier, lorsque je l’avais rencontrée, elle était en pleurs. Son désespoir était immense.
Cette année, j’ai retrouvé une femme qui souriait.
Bien sûr, sa situation reste extrêmement difficile. Rien n’est devenu facile. Mais notre aide mensuelle lui permet de retrouver un minimum de stabilité et surtout de redonner un peu d’espoir à ses enfants.
J’ai également pu offrir quelques vêtements et une paire de chaussures que des personnes avaient généreusement confiées à notre association avant mon départ. Voir la joie des enfants en découvrant ces petits cadeaux a été un moment d’une grande intensité.
Une famille de cinq enfants qui reprend vie
Je suis toujours très ému lorsque je retrouve cette maman.
Il y a quelques années, après l’assassinat de son mari pendant les conflits qui ont frappé la région, elle s’est retrouvée seule avec cinq enfants. Chassée de la ferme où vivait la famille, elle n’avait plus aucun moyen de subsistance et mendiait dans les rues de Lalibela avec ses enfants.
Aujourd’hui, le changement est remarquable.
Grâce au soutien régulier de notre association, elle a pu louer une toute petite maison où toute la famille vit désormais à l’abri. Les enfants ont grandi. Ils paraissent aujourd’hui en meilleure santé, plus sereins et pleins de vie.
Là aussi, j’ai pu distribuer des vêtements et des chaussures . Ce sont de petits gestes, mais ils apportent énormément de joie.
En les regardant aujourd’hui, je mesure le chemin parcouru. Ce sont des moments qui donnent tout son sens à notre engagement.
Jonathan : un enfant qui a retrouvé une famille
Jonathan est un petit garçon qui avait perdu tous ses repères. Abandonné par sa mère, séparé de sa sœur recueillie dans un autre village, il vivait une situation particulièrement douloureuse.
L’an dernier, nous avions réussi à lui trouver une famille d’accueil.
Cette année, j’ai retrouvé un enfant transformé.
Il sourit, il joue, il semble avoir retrouvé la sécurité affective dont chaque enfant a besoin pour grandir.
Sa maman d’accueil élève désormais Jonathan avec sa propre petite fille. Elle assume seule cette responsabilité avec beaucoup d’amour.
Après en avoir discuté ensemble, nous avons décidé que l’aide mensuelle destinée à Jonathan serait désormais directement remise à sa maman d’accueil, puisqu’elle assure désormais toutes les dépenses liées à son éducation et à son quotidien. Jonathan lui-même a accueilli cette décision avec beaucoup de maturité.
Cette visite restera longtemps gravée dans ma mémoire.
Nathaniel et ses grands-parents
Nathaniel a perdu son papa et sa maman dans un accident de voiture.
Depuis ce drame, ce sont ses grands-parents qui l’élèvent avec beaucoup d’amour malgré leur âge avancé.
Lorsque nous sommes arrivés, Nathaniel nous a accueillis avec un immense sourire.
Son instituteur nous a confirmé qu’il obtient d’excellents résultats scolaires. Ses grands-parents étaient très fiers de lui.
Nous lui avons offert quelques vêtements et un nouveau tee-shirt qu’il a immédiatement voulu porter.
En quittant cette famille, je lui ai simplement demandé de continuer à travailler sérieusement à l’école. Nous continuerons à être présents à ses côtés aussi longtemps que cela sera nécessaire.
Une jeune maman qui lutte contre la maladie
Notre dernière visite nous a conduits chez une toute jeune maman qui élève seule sa petite fille.
Elle souffre d’une maladie grave qui l’empêche de travailler. Son état est suivi par la pharmacienne qui collabore avec notre association.
En entrant dans sa maison, j’ai été frappé par son extrême pauvreté. Il n’y avait pratiquement rien. Même le nécessaire pour cuisiner faisait défaut.
Malgré cela, elle a tenu à nous offrir un peu d’injera et de shiro. Refuser aurait été lui enlever une part de sa dignité. J’ai donc partagé avec elle ce repas très simple, préparé avec tant de générosité.
Sa petite fille est venue spontanément se blottir dans mes bras avec un magnifique sourire. Ce sont des instants qui valent tous les discours.
Notre aide mensuelle de 20 euros ne résout évidemment pas tous leurs problèmes, mais elle permet d’apporter un peu de nourriture et surtout de rappeler à cette maman qu’elle n’est pas seule.
Nous espérons de tout cœur que sa santé lui permettra un jour de retrouver suffisamment de forces pour reprendre une activité.
En quittant chacune de ces familles, je me suis dit une nouvelle fois que notre association ne change pas le monde entier.
Mais elle change réellement le monde de quelques familles.
Et pour ces enfants, ces mamans et ces familles d’accueil, cela fait toute la différence.
À vous toutes et tous qui soutenez notre association, que ce soit par vos dons, votre adhésion, votre participation aux cours de yoga ou à nos stages, je voudrais adresser un immense merci.
Ces sourires sont aussi les vôtres.
Dans le prochain épisode, je vous emmènerai à la rencontre des personnes les plus démunies de Lalibela, celles qui vivent sans revenu, sans famille et sans autre soutien que celui que nous essayons de leur apporter.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
les conseils , avis et questions sont bienvenus et seront répondus dans les meilleurs délais