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Séance de Hatha du 8 janvier 2026 - le couple conscience et énergie
Dans la philosophie indienne, l’énergie vitale (Prāṇa) et la conscience (Chit) sont indissociables. Plus le niveau de conscience s’élève, plus l’énergie disponible augmente ; et inversement, une énergie harmonisée soutient l’expansion de la conscience. Il ne s’agit pas de deux réalités distinctes, mais de deux expressions d’un même principe vivant.
Cette vision est particulièrement explicite dans le tantrisme, où la conscience est associée à Shiva, principe immobile, témoin silencieux, et l’énergie à Shakti, la nature en mouvement, créatrice et dynamique. Le tantrisme ne cherche pas à opposer ces deux forces, mais à les faire œuvrer ensemble.
Affiner la conscience permet d’harmoniser la circulation de l’énergie ; équilibrer l’énergie permet d’élever la conscience. Ce dialogue constant crée un cercle vertueux de transformation intérieure, souvent symbolisé par la montée de l’énergie à travers les différents chakras.
La pleine conscience, fondement du travail énergétique
Il en découle un principe fondamental : la pierre angulaire du travail énergétique est le développement de la pleine conscience.
Cette pleine conscience ne se limite pas à une attention mentale ou intellectuelle. Elle se manifeste par notre capacité à être présents, à percevoir finement et à observer sans jugement, jusqu’à accéder à un état d’union du corps, des émotions, des pensées et de la dimension plus profonde de l’être.
Le yoga nous invite ainsi à expérimenter un principe central : là où se focalise la conscience, l’énergie se déplace également.
La pratique devient alors un espace d’expérimentation, un laboratoire intérieur où chaque posture, chaque respiration, chaque sensation nous renseigne sur notre manière d’habiter le corps et la vie.
Le corps : affiner la perception et l’écoute
Au niveau du corps, la conscience se porte d’abord sur les sensations : résistances, inconforts, zones de relâchement, qualité de la respiration, fluidité ou rigidité des mouvements, justesse des alignements.
Progressivement, nous apprenons à nous éveiller à l’intégralité de notre corporéité : la tête et le front, les épaules et la nuque, le thorax et le dos, l’abdomen et le bassin, ainsi que l’organisation globale de la colonne vertébrale.
Cette exploration conduit à une prise de conscience profonde du corps, non comme un simple support mécanique, mais comme un espace vivant, porteur de mémoire.
Pour affiner cette écoute, le yoga utilise le balayage corporel (body scan), pratiqué aussi bien allongé, assis que debout. Chez les débutants, des micro-mouvements peuvent aider à rendre certaines zones perceptibles.
Nous apprenons ainsi à reconnaître les signaux que le corps nous envoie, car toute notre histoire personnelle y est inscrite. Les tensions chroniques sont souvent des cristallisations d’expériences passées. Elles demandent à être accueillies avec bienveillance, en particulier lorsqu’elles sont liées à des vécus non intégrés ou traumatiques.
Les émotions : vecteurs de circulation de l’énergie
Les émotions jouent un rôle central dans la dynamique énergétique. Certaines tendent à diminuer notre vitalité — honte, culpabilité, chagrin, colère — tandis que d’autres la renforcent — courage, acceptation, amour, paix.
Le mot émotion vient du latin emovere, « mettre en mouvement ». Les émotions sont donc des vecteurs de circulation de l’énergie. Lorsqu’elles ne sont ni reconnues ni libérées, elles peuvent devenir de véritables zones de stagnation, perturbant le flux énergétique dans le corps.
Ainsi, selon nos états émotionnels et la localisation de nos blocages, l’énergie circule plus ou moins librement. Une question essentielle se pose alors : d’où vient la nourriture que nous donnons à nos émotions négatives ?
Très souvent, c’est l’enfant intérieur qui appelle à l’aide, parce que sa souffrance n’a pas été reconnue, accueillie ou intégrée. Une pratique de yoga consciente peut devenir un espace sécurisant pour cette rencontre intérieure.
Les pensées, les croyances et la puissance de l’intention
Les pensées proviennent en grande partie des émotions : une seule émotion peut générer des milliers de pensées. Elles sont également nourries par nos croyances limitantes, qui influencent directement notre manière de pratiquer.
Ces croyances se manifestent concrètement dans le corps. Si l’on se croit capable d’entrer dans une posture, l’énergie se mobilise plus librement que si l’on est envahi par le doute. De la même manière, si l’on est convaincu que le yoga peut conduire à plus de paix intérieure et de clarté, l’engagement énergétique devient plus fluide.
C’est ici qu’intervient la puissance de l’intention. Elle oriente l’énergie et donne une direction claire à la pratique.
Formulée avec sincérité et présence, elle devient une clé de transformation, nous aidant à dépasser progressivement nos limitations physiques, émotionnelles et mentales.
La posture du Cobra (Bhujangasana)
Une posture d’éveil plutôt que de performance
La posture du Cobra est souvent présentée comme une simple extension arrière. Pourtant, lorsqu’elle est abordée avec conscience, elle devient une posture d’éveil, profondément reliée à la dynamique entre énergie et conscience.
Le cobra symbolise l’énergie vitale qui s’éveille et s’élève le long de la colonne vertébrale. Le corps s’ancre dans la terre tandis que le buste se redresse avec fluidité, comme porté de l’intérieur. La posture du Cobra illustre le dialogue entre stabilité et mouvement, entre le témoin intérieur et l’élan vital.
Ici, il ne s’agit pas de chercher l’amplitude maximale, mais de sentir comment l’énergie circule lorsque l’attention est juste. La posture devient un terrain d’exploration : ajuster l’effort, observer les résistances, écouter le souffle, et laisser l’ouverture se produire sans forcer.
Les bienfaits de la posture du Cobra
Sur le plan corporel
Renforce les muscles du dos et soutient la santé de la colonne vertébrale
Ouvre la cage thoracique et améliore la respiration
Stimule les organes abdominaux et favorise la digestion
Peut soulager certaines tensions lombaires lorsqu’elle est pratiquée avec justesse
Sur le plan énergétique
Favorise la circulation du prāṇa le long de l’axe central
Stimule les chakras inférieurs et le chakra du cœur
Soutient un éveil progressif de l’énergie sans brusquer le système nerveux
Sur le plan émotionnel et mental
Aide à sortir des états de fermeture et de repli
Renforce la confiance, le courage et la présence à soi
Met en lumière les croyances limitantes liées à l’ouverture et à l’élan vital
Précautions et attitude juste dans la posture
La posture du Cobra demande écoute et discernement.
L’ouverture doit se répartir sur l’ensemble de la colonne et non se concentrer uniquement dans les lombaires. Le bassin reste lourd et enraciné, le pubis en contact avec le sol. Les épaules s’éloignent des oreilles, la nuque reste longue, sans compression.
Les bras accompagnent la posture mais ne portent pas tout le poids : l’élévation vient d’abord du dos et de l’élan intérieur. La posture peut être pratiquée très basse, tout en restant pleinement efficace sur le plan énergétique et conscient.
Toute sensation de pincement ou de douleur est un signal d’ajustement. Les personnes souffrant de douleurs lombaires aiguës, de hernie discale ou d’états inflammatoires doivent pratiquer avec prudence, voire s’abstenir, et privilégier des variantes douces.
Conclusion : se redresser depuis l’intérieur
La posture du Cobra nous rappelle que l’élévation ne vient pas de la force, mais de la justesse de l’attention et de l’intention. Lorsque la conscience s’affine, l’énergie suit naturellement.
Le cobra ne force pas son éveil : il se redresse lorsque les conditions sont réunies.
La pratique du yoga devient alors un chemin de régulation, d’unification et de transformation, où corps, souffle, émotions et conscience avancent ensemble.