mardi 27 janvier 2026

Séance de Hatha du 29 jan 2026 . Le deuxième chakra et le poisson


Après avoir exploré le premier chakra et son lien avec la terre, l’ancrage et les animaux associés à la survie, je te propose de poursuivre ce voyage intérieur avec le deuxième chakra, Svādhiṣṭhāna.

Si le premier chakra nous apprend à tenir debout et à prendre appui, le second nous invite à nous laisser traverser, à ressentir, à entrer en relation avec le mouvement de la vie.

Svādhiṣṭhāna est traditionnellement associé à l’élément eau. Il gouverne le monde des émotions, du plaisir, de la créativité et du lien à l’autre. Ici, il ne s’agit plus seulement de sécurité, mais de sensibilité, de capacité à ressentir ce qui nous traverse sans nous y perdre.

Situé dans le bas-ventre, ce chakra est en lien avec la circulation émotionnelle, la sensualité, la créativité, mais aussi avec notre manière de vivre le désir, l’attachement, la séparation ou le manque.

Lorsque l’énergie de Svādhiṣṭhāna circule librement, nous nous sentons vivants, inspirés, ouverts au plaisir et à la relation. À l’inverse, lorsqu’elle se déséquilibre, les émotions peuvent se figer ou déborder : inhibition, culpabilité, dépendance affective, peur de ressentir… ou au contraire émotions envahissantes et incontrôlées.

Dans ce paysage intérieur façonné par l’eau, le poisson apparaît comme un animal particulièrement symbolique du deuxième chakra.

Le poisson vit entièrement immergé dans son élément. Il ne lutte pas contre l’eau, il s’y déplace avec souplesse, suivant les courants tout en sachant ajuster sa direction. Il incarne une manière d’être au monde faite de fluidité, d’adaptation et de sensibilité.

Observer le poisson, c’est déjà interroger notre propre relation aux émotions : est-ce que je nage avec ce que je ressens, ou est-ce que je résiste au courant ? Est-ce que je me laisse traverser, ou est-ce que je me crispe par peur de perdre le contrôle ?

Le poisson ne juge pas l’émotion, il ne l’analyse pas. Il la ressent et la traverse. Il nous enseigne que la fluidité n’est pas synonyme de passivité, mais de présence ajustée.


Le deuxième chakra est également associé à plusieurs archétypes intérieurs. On y retrouve l’enfant sensible et spontané, l’amant ou l’amante capables de goûter le plaisir et la connexion, le créateur qui transforme l’émotion en expression. Mais on y rencontre aussi l’archétype du craintif, qui se ferme pour ne pas souffrir.

Le poisson nous invite à un archétype plus subtil : celui de la sensibilité fluide, capable de ressentir sans se noyer, de rester en lien sans se dissoudre.


Travailler avec l’animal n’est pas une croyance, mais un outil de conscience. Il agit comme un miroir symbolique. En lien avec le poisson, il devient possible de s’observer autrement : ai-je tendance à retenir mes émotions, à les contrôler, à les rationaliser ? Ou bien est-ce que je me laisse emporter sans repères ? Le poisson nous rappelle qu’il existe un juste milieu entre la rigidité et la perte de soi.


Dans la pratique du yoga, la posture du Poisson, Matsyāsana, devient une porte d’entrée précieuse vers l’exploration de Svādhiṣṭhāna. Cette posture ouvre la poitrine et la gorge, stimule la respiration et crée une sensation de flottement, comme un abandon conscient. En Yin yoga ou en Hatha doux, elle invite à relâcher les tensions profondes et à écouter ce qui se manifeste à un niveau plus émotionnel que postural.

Dans la posture, une question simple peut accompagner la pratique :

Que se passe-t-il en moi lorsque je cesse de me tenir, lorsque je lâche l’effort ?

Au-delà du tapis, travailler le deuxième chakra implique aussi une attention dans le quotidien. Apprendre à nommer ses émotions sans les juger, remettre du mouvement là où tout se rigidifie, créer, écrire, danser, respirer, s’autoriser le plaisir sans culpabilité. Comme le poisson, il s’agit moins de maîtriser l’eau que d’apprendre à y évoluer.


Svādhiṣṭhāna nous transmet une leçon essentielle : la sensibilité n’est pas une faiblesse, mais une intelligence du vivant. Le poisson ne cherche pas à sortir de l’eau. Peut-être est-ce là l’invitation du deuxième chakra : ne plus fuir nos émotions, ne plus nous y perdre, mais apprendre à nager en conscience dans notre propre monde intérieur.

La posture cible : le Poisson (Matsyāsana)





La posture du Poisson, Matsyāsana, est intimement liée à l’élément eau et au deuxième chakra. Elle invite à une ouverture douce du corps, mais surtout à un lâcher-prise intérieur, à l’image du poisson qui flotte et se laisse porter par son environnement.


Sur le plan physique, Matsyāsana étire l’avant du corps, ouvre la poitrine et libère la respiration. Elle favorise l’expansion du thorax, stimule la mobilité de la colonne vertébrale et invite à une respiration plus ample et plus fluide. Cette ouverture peut également soulager certaines tensions accumulées dans le haut du dos et les épaules, zones souvent liées à la rétention émotionnelle.


Sur un plan plus subtil, la posture agit comme un espace d’écoute émotionnelle. En relâchant l’effort et le contrôle, elle permet d’observer ce qui émerge lorsque l’on cesse de se tenir, lorsque l’on accepte d’être soutenu par le sol. Elle peut ainsi réveiller des sensations de vulnérabilité, mais aussi de confiance et d’abandon, en résonance directe avec le travail du deuxième chakra.


Matsyāsana invite à ressentir sans chercher à analyser. Comme le poisson dans l’eau, il s’agit moins de faire que de se laisser traverser par la respiration et les sensations.


Conseils et précautions dans la posture

La posture du Poisson demande avant tout de la douceur. Il ne s’agit pas de créer une grande cambrure, mais une ouverture juste, adaptée à chaque corps.

Il est conseillé de :

  • soutenir la tête et le haut du dos à l’aide d’un bolster, d’un coussin ou de briques, notamment en Yin yoga

  • garder la nuque longue et éviter toute compression excessive des cervicales

  • laisser le poids du corps se déposer progressivement, sans forcer

  • privilégier une respiration lente et fluide, en particulier dans le bas-ventre

Les personnes souffrant de douleurs cervicales, de lombalgies importantes ou de problèmes au niveau des vertèbres devront adapter la posture, voire la pratiquer de manière très soutenue ou la remplacer par une ouverture plus douce. En cas de doute, il est préférable de rester dans une version simple et confortable.

L’intention dans Matsyāsana n’est pas la performance, mais la qualité de présence.

Rester attentif à ses sensations permet de transformer la posture en un véritable moment de régulation émotionnelle.

Une question intérieure peut accompagner la posture :

Que se passe-t-il lorsque je me permets de relâcher le contrôle ?

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