jeudi 15 janvier 2026

Pourquoi le yoga ne peut pas être une pratique standardisée


Et pourquoi connaître votre profil est essentiel pour un accompagnement individualisé


Récemment, l’une de nos yoginis m’a posé une question très pertinente :

« Peux-tu m’indiquer quelques postures clés que je pourrais pratiquer régulièrement ? »

Elle s’interrogeait même sur le caractère peut-être « saugrenu » de sa demande.

Ma réponse a été simple et claire : ce n’est absolument pas une question saugrenue.

Au contraire, elle touche à l’essence même du yoga.

Le yoga est une pratique profondément personnelle.

Il est donc très difficile – et souvent contre-productif – de définir une liste de postures qui conviendrait de manière uniforme à tout le monde. Pourquoi ?

Parce que nous ne sommes pas construits de la même façon, ni physiquement, ni émotionnellement, ni mentalement.

Or, notre pratique devrait tenir compte de ces différences fondamentales.

Ce n’est malheureusement pas toujours le cas dans de nombreux cours de yoga dispensés à travers le monde, où l’on propose une pratique unique pour des corps, des tempéraments et des histoires très différentes.


Le yoga comme art de l’équilibre

Le yoga vise avant tout à rétablir un équilibre intérieur.

Nos difficultés – qu’elles soient physiques (douleurs, maladies, tensions), émotionnelles (stress, anxiété, instabilité) ou existentielles (mal-être, perte de sens) – trouvent très souvent leur origine dans un déséquilibre, un excès ou une carence.

La pratique du yoga cherche donc à restaurer une forme d’harmonie en nous, en jouant sur des balancements subtils :

  • réduire ce qui est en excès,

  • renforcer ce qui est affaibli,

  • stabiliser ce qui est dispersé,

  • assouplir ce qui est figé.

C’est précisément cette logique que l’on retrouve dans l’approche ayurvédique.


L’éclairage de l’Ayurvéda

L’Ayurvéda – littéralement « science de la vie » – est une approche holistique du bien-être issue de la tradition indienne, dont les origines remontent au deuxième millénaire avant notre ère.

Elle est aujourd’hui encore largement utilisée en Inde et reconnue comme un pilier fondamental de la santé et de la prévention.

L’Ayurvéda ne se limite pas au classement des maladies ou aux préparations traditionnelles :

elle vise plus largement une meilleure connaissance de soi, en identifiant notre manière singulière de fonctionner sur les plans physique, émotionnel et mental.

Son socle repose sur la compréhension des trois doshas, considérés comme les grandes énergies du vivant.

Ces doshas sont eux-mêmes issus de la combinaison des cinq éléments : terre, eau, feu, air et espace (ou éther).


Les trois doshas

Vata

  • Combinaison : air + espace

  • Centres énergétiques dominants : cœur et gorge

  • Nature : énergie du mouvement, de la circulation, du changement

Vata gouverne la respiration, la mobilité, le système nerveux, la créativité… mais aussi l’agitation lorsqu’il est en excès.


Pitta

  • Combinaison : feu + eau (dans une moindre mesure)

  • Centres énergétiques dominants : plexus solaire et deuxième chakra

  • Nature : énergie de transformation

Pitta est lié à la digestion, à la clarté mentale, à la capacité d’agir et de décider. En excès, il peut générer tension, irritabilité ou surchauffe.


Kapha

  • Combinaison : terre + eau

  • Centres énergétiques dominants : chakra racine et deuxième chakra

  • Nature : énergie de cohésion et de stabilité

Kapha apporte force, endurance, structure et ancrage. Lorsqu’il domine trop, il peut conduire à la lourdeur, à la rigidité ou à l’inertie.


👉 La plupart d’entre nous possèdent deux doshas dominants et un troisième plus secondaire.


Adapter sa pratique de yoga à son profil

La clé n’est pas de renforcer encore ce qui est déjà dominant, mais bien de rééquilibrer.

Dans une pratique de yoga individualisée, l’objectif est donc :

  • de stimuler les doshas secondaires,

  • de modérer les doshas principaux lorsqu’ils sont en excès,

  • et d’installer une harmonie globale dans le corps et le système nerveux.

Exemple

Les profils à dominante Kapha ont souvent une structure solide, des muscles forts et une certaine stabilité articulaire.

Ils auront donc tout intérêt à intégrer des postures favorisant :

  • la mobilité,

  • l’ouverture de la poitrine et des épaules,

  • la stimulation du souffle,

  • le dynamisme et la légèreté.

À l’inverse, une personne très Vata bénéficiera davantage de postures lentes, d’ancrage, de stabilité et de régularité.


Vers une pratique réellement personnalisée

On  comprend maintenant pourquoi il est délicat – voire trompeur – de proposer une liste universelle de « postures idéales ».

La bonne posture n’existe pas en soi : elle dépend toujours de la personne qui la pratique, du moment de sa vie et de son état intérieur.

C’est précisément pour cette raison que, dans un accompagnement individuel, j’accorde une grande importance à la compréhension du profil global de l’élève.


Aller plus loin

Pour identifier son profil ayurvédique, il existe de nombreux tests en ligne.

À titre indicatif, j’apprécie particulièrement celui-ci :

👉 https://www.ayuin.fr/decouvrez-votre-dosha/

On  peut ensuite m’envoyer la proportion de tes doshas.

Je me ferai un plaisir de  proposer des axes de pratique et des postures adaptées, afin que le yoga devienne un véritable outil d’équilibre, et non une simple répétition de formes.

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