Le chemin du yoga commence toujours par un retour vers soi.
Non pas par repli,
mais par honnêteté.
Il nous invite à écouter le corps tel qu’il est aujourd’hui,
à reconnaître les émotions qui le traversent,
à observer le mental avec ses conditionnements, ses habitudes,
ses élans comme ses résistances.
Peu à peu, le yogi apprend à ne plus se battre contre ce qu’il est.
Il apprend à accueillir son corps, même dans ses limites,
à regarder ses soi-disant défauts comme des formes particulières de son incarnation,
à accepter son histoire intérieure sans la nier ni la glorifier.
Le travail intérieur : une traversée intime
Ce travail est intime.
Personne ne peut le faire à notre place.
C’est un polissage lent, patient, parfois inconfortable —
comme celui d’un diamant que l’on nettoie facette après facette,
non pour le rendre parfait,
mais pour le rendre transparent à sa propre lumière.
Prendre soin de soi, dans le yoga,
n’est ni un luxe ni un repli égoïste.
C’est reconnaître que sans racine stable,
aucun arbre ne peut porter de fruits.
Le miroir de l’autre et le sens du service
Mais le yoga ne s’arrête pas là.
« Car un diamant qui ne capte la lumière que pour lui-même
finit par perdre son éclat. »
Vient alors l’autre versant du chemin :
le lien, la relation, le service.
Dans la famille, dans le travail,
dans les engagements que nous choisissons,
dans les communautés auxquelles nous appartenons —
et ici, dans cette communauté de yogis
qui partage une même sensibilité,
un même goût pour l’exploration intérieure
et le respect du vivant.
Les autres ne sont pas seulement ceux à qui l’on donne.
Ils sont aussi des miroirs.
Ils révèlent parfois, avec douceur ou friction,
ce qui en nous n’est pas encore pacifié,
ce qui demande encore écoute et maturation.
Ainsi, le travail sur soi et le service aux autres
ne s’opposent pas :
ils se complètent, se nourrissent, se répondent.
Le tao l’exprime avec une grande simplicité :
« Celui qui se connaît lui-même est éclairé.
Celui qui connaît les autres est instruit. »
— Lao Tseu
Se connaître pour s’ajuster.
Rencontrer l’autre pour affiner ce regard.
Non dans une logique d’effort ou de perfection,
mais dans un mouvement vivant,
où l’intime et le relationnel se tissent mutuellement.
L’équilibre vivant
Servir ne signifie pas se sacrifier.
Servir, dans le sens du yoga,
c’est laisser ce que nous avons compris, intégré, pacifié,
circuler au-delà de nous.
Mais l’équilibre est subtil.
Lorsque toute l’énergie est tournée vers soi,
le regard peut devenir circulaire,
et le chemin se refermer sur lui-même.
Lorsque toute l’énergie est donnée aux autres,
aux projets, aux causes,
le corps se vide, le souffle se raccourcit,
et l’on se coupe peu à peu de sa propre source.
Peut-être que la réponse n’est pas un équilibre figé,
mais un ajustement permanent.
Une respiration entre deux pôles
Écouter quand le chemin demande de revenir à soi.
S’ouvrir quand il appelle à se relier.
Comme une respiration :
inspirer pour se nourrir,
expirer pour offrir.
Je te propose, dans le silence qui suit,
de laisser cette question résonner en toi,
sans chercher à y répondre mentalement.
Simplement ressentir :
où en suis-je aujourd’hui
entre le soin de moi
et le don de moi ?
Et laisser l’expérience —
le corps, le souffle, la vie —
enseigner à son rythme.
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